Peut-on ma・riser la prolif・ation des armes l・・es et de petit calibre ?


Herbert Calhoun


Sp・ialiste des affaires ・rang・es et directeur adjoint
Bureau des affaires politico-militaires
D・artement d'・at des ・ats-Unis


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photo of Herbert L. Calhoun
« Depuis la fin de la Guerre froide, on s'int・esse aux armes l・・es et de petit calibre principalement en raison de l'accroissement radical du nombre, de la dur・ et de l'effet destructeur des conflits internes, dont beaucoup ont entra・?des missions co・euses de maintien de la paix des Nations unies », dit Herbert Calhoun, sp・ialiste des affaires ・rang・es et directeur adjoint du Bureau des affaires politico-militaires du d・artement d'・at des ・ats-Unis. « La nouvelle donne en mati・e de s・urit?internationale, caract・is・ non plus par quelques grandes conflagrations ・isodiques entre ・ats, mais par des guerres intestines fr・uentes de moindre envergure, est survenue ?une ・oque o?les normes internationales, les r・imes de contr・e de l'exportation et les trait・ relatifs ?la ma・rise et ?l'・imination des armes de destruction massive r・lisent des progr・ substantiels. »

La majorit?des d・arches de ma・rise des armements entreprises depuis la Deuxi・e Guerre mondiale ont port?sur l'arme nucl・ire et autres armes de destruction massive ou sur les armes classiques lourdes. Depuis que, en janvier 1998, le secr・aire g・・al des Nations unies a publi?un suppl・ent ?l'Agenda pour la paix consacr??ce sujet, on accorde de plus en plus d'attention aux armes avec lesquelles sont commises actuellement des atrocit・ en Afrique, dans les Balkans et dans d'autres r・ions du monde : les armes l・・es et de petit calibre telles que les mines terrestres, les fusils d'assaut (de type AK-47) et les fusils mitrailleurs. Le pr・ent article passe en revue les efforts r・emment d・loy・ pour analyser cette question et pour ・aborer et ・ablir des contr・es internationaux appropri・ et efficaces en la mati・e. Il n'aborde pas la question de la ma・rise des mines terrestres antipersonnel, qui a ・olu?sur une voie distincte.

D・inition des armes l・・es et de petit calibre

Dans l'ensemble, les armes l・・es et de petit calibre r・nissent une grande vari・?d'instruments meurtriers, allant des armes de poing jusqu'aux syst・es portatifs de d・ense antia・ienne. Bien qu'il n'existe pas de d・inition universellement accept・, il est g・・alement consid・?que les armes de petit calibre comprennent les armes portatives destin・s ?l'usage individuel par les forces arm・s en tant qu'armes meurtri・es. Dans cette cat・orie figurent les pistolets semi-automatiques, les fusils et les carabines, les pistolets-mitrailleurs, les fusils d'assaut et les fusils-mitrailleurs. En sont exclus les fusils de chasse, les armes de poing civiles et les armes consid・・s comme des objets de collection, pi・es de mus・ et autres armes conserv・s dans des buts historiques.

Les armes dites l・・es sont g・・alement plus lourdes et plus encombrantes que les armes de petit calibre et destin・s ?・re employ・s par une petite ・uipe ou un groupe de fantassins. Elles comprennent certaines armes portatives et leurs munitions, les canons l・ers et les roquettes, et les missiles t・・uid・ utilisables contre les v・icules blind・, les a・onefs et les fortifications. Dans cette cat・orie figurent ・alement les mitrailleuses lourdes, les lance-grenades portatifs, amovibles ou mont・, les syst・es de d・ense antia・ienne portatifs (tels que les fusils et lance-roquettes antia・iens), les fusils antichars et sans recul, les syst・es de lance-roquettes antichars et les mortiers de calibre inf・ieur ?100 mm. Les armes l・・es se classent imm・iatement apr・ les sept cat・ories d'armes lourdes au Registre des armes classiques des Nations unies et appartiennent donc ?une cat・orie interm・iaire situ・ entre les « armes de petit calibre » et les « armements majeurs ».

Compar・s aux grands syst・es d'armement, les armes l・・es et de petit calibre sont produites ?plus grande ・helle et sont plus largement r・andues et relativement faciles ?dissimuler. De plus, leur utilisation n'exige qu'un entretien, un appui logistique et une formation limit・.

Raisons du r・ent regain d'int・・ pour les armes l・・es et de petit calibre

Depuis la fin de la Guerre froide, on s'int・esse de plus en plus aux armes l・・es et de petit calibre principalement en raison de l'accroissement radical du nombre, de la dur・ et de l'effet destructeur des conflits internes, dont beaucoup ont entra・?des missions co・euses de maintien de la paix des Nations unies. La nouvelle donne en mati・e de s・urit?internationale, caract・is・ non plus par quelques grandes conflagrations ・isodiques entre ・ats, mais par des guerres intestines fr・uentes de moindre envergure, est survenue ?une ・oque o?les normes internationales, les r・imes de contr・e de l'exportation et les trait・ relatifs ?la ma・rise et ?l'・imination des armes de destruction massive r・lisent des progr・ substantiels. Parall・ement, la prolif・ation et l'utilisation criminelle des armes l・・es et de petit calibre font peser des menaces croissantes sur la s・urit?nationale et r・ionale.

Ces armes ont aliment?de multiples conflits internes et locaux dans le monde entier, tuant, blessant et d・la・nt des millions de personnes, principalement des femmes et des enfants, depuis l'Albanie jusqu'?la R・ublique d・ocratique du Congo. Ce sont elles les vraies armes de destruction massive d'aujourd'hui. Patrick Brogan note dans World Conflicts (The Scarecrow Press, 1998) que les 85 guerres qui ont eu lieu depuis 1945 ont fait de 20 ?30 millions de morts. L'Institute for International Studies (ISS) de l'Afrique du Sud signale que rien qu'en Afrique, au cours des 50 derni・es ann・s, 5 994 000 personnes ont trouv?la mort, tu・s pour la plupart par des armes l・・es et de petit calibre. Le Comit?des ・ats-Unis pour les r・ugi・ a calcul?qu'en 1997, il y a eu plus de 14 millions de r・ugi・ et plus de 19 millions de personnes d・lac・s, chiffre qui rivalise avec les d・lacements massifs de populations apr・ la Deuxi・e Guerre mondiale. En bref, la r・lementation des armes l・・es et de petit calibre, par comparaison aux armes de destruction massive, reste un domaine relativement peu d・elopp?

Les estimations du nombre d'armes l・・es et de petit calibre en circulation varient de 100 ?500 millions, dont 50 ?80 millions sont des fusils d'assaut AK-47. De plus en plus de pays sont autosuffisants en mati・e de fabrication d'armes de petit calibre et de munitions, qu'il s'agisse d'une production v・itablement autochtone ou sous licence. Selon certains rapports, on peut se procurer un AK-47 dans les rues de certains pays en d・eloppement pour une somme aussi modique que 10 dollars des ・ats-Unis ou en ・hange d'un poulet ou d'une ch・re ; dans d'autres pays, ces m・es AK-47 se louent ?l'heure dans le seul but de perp・rer des actes criminels. Les transferts internationaux constituent ・alement une source majeure d'approvisionnement en armes l・・es et de petit calibre, qui transitent par une s・ie de fili・es, licites et illicites.

Les effets n・atifs de la prolif・ation et du trafic des armes l・・es et de petit calibre sont divers et de vaste port・. Leur effet le plus important est l'aggravation des menaces pesant sur la s・urit?internationale et r・ionale, mais il en r・ulte aussi indirectement une augmentation consid・able des co・s du maintien de la paix en raison de l'accroissement du nombre et de l'intensit?des conflits nationaux. Les armes l・・es et de petit calibre sont ・alement utilis・s de plus en plus par les terroristes, accroissent les risques encourus par les troupes de maintien de la paix et le personnel de secours humanitaires des Nations unies, et font obstacle ?la mise en ・uvre des accords de paix. La n・essit?urgente de mettre un terme ?leur prolif・ation et ?leur usage, soulign・ par deux secr・aires g・・aux des Nations unies, pr・ente une s・ie de d・is que doit relever la communaut?internationale dans les domaines des interventions humanitaires, de l'application des lois, du d・eloppement et de la s・urit?

Culture et contr・e des armes l・・es et de petit calibre

La souverainet?de l'・at comprend par d・inition le droit de monopoliser l'exercice l・itime de la force. En vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies, les ・ats jouissent ・alement du droit de faire usage de la force en cas de l・itime d・ense, ou pour d・endre leur souverainet? L'usage des armes l・・es et de petit calibre pour maintenir l'ordre int・ieur et pour d・endre les fronti・es nationales repr・ente la manifestation la plus visible et la plus durable de ces droits fondamentaux et restera donc toujours ・roitement li?aux questions relatives ?l'ind・endance et ?la souverainet? Les ・ats ont ・alement, corollaire logique, le droit de fabriquer ou d'acqu・ir de mani・e licite les armes n・essaires ?l'exercice de leur droit de l・itime d・ense.

Traditionnellement, ce sont les lois nationales plut・ qu'internationales qui d・inissent les conditions de la d・ention et de l'usage des armes l・・es et de petit calibre par les forces de s・urit?et les particuliers. En cons・uence, les tentatives internationales visant ?contr・er ces armes doivent tenir compte des droits fondamentaux des ・ats en la mati・e. Des normes culturelles, des valeurs sociales et des traditions historiques sous-tendent la r・lementation nationale relative aux armes. C'est ainsi que l'apprentissage de l'utilisation des armes ?des fins de l・itime d・ense, dans des buts sportifs, ou dans le cadre de la formation militaire est de pratique courante dans de nombreux pays. Les arm・s, les forces de police et les milices de la plupart des nations, et dans certains pays tels que les ・ats-Unis les particuliers, sont autoris・ ?porter des armes de petit calibre et ?en faire usage conform・ent aux lois nationales. Certaines constitutions prescrivent le droit de poss・er et de porter des armes, comme c'est le cas aux ・ats-Unis. Les propositions visant le contr・e des armes l・・es et de petit calibre doivent donc tenir compte des diff・entes attitudes nationales et du fait que les ・ats se d・endent jalousement contre toute ing・ence ext・ieure dans leur politique int・ieure.

Les causes de l'ins・urit?/B>

Si les armes l・・es et de petit calibre jouent un r・e significatif en ce qu'elles contribuent ?exacerber les conflits qui infligent des co・s humains et socio-・onomiques ・ormes, ces conflits eux-m・es trouvent g・・alement leur source dans des diff・ences et des disparit・ politiques, ・onomiques, ethniques et religieuses. Celles-ci sont souvent aggrav・s par des carences li・s ?la gestion des affaires publiques, notamment des politiques restrictives ou r・ressives, et par le manque d'institutions d・ocratiques et de respect des lois et des droits de l'homme, ou par des faiblesses ?ces diff・ents niveaux. L'ins・urit?end・ique et la faiblesse des dispositifs nationaux et internationaux de r・lementation et d'application de la loi, conjugu・s au fait que ces armes sont peu co・euses, largement disponibles, ais・ent dissimul・s et transportables au travers de fronti・es poreuses, et n・essitent un entretien r・uit et une formation minime, viennent encore aggraver les probl・es de leur prolif・ation, de leur trafic, de leur d・ention illicite et de leur utilisation ?des fins criminelles.

L'offre et la demande

La solution des probl・es pos・ par les armes l・・es et de petit calibre exige la mise en ・uvre de mesures strat・iques du c・?tant de l'offre que de la demande. L'afflux incontr・?d'armes dans les pays aux gouvernements pr・aires et en proie ?troubles int・ieurs contribue ?l'instabilit? Le probl・e de « l'offre exc・entaire », avec ses multiples cons・uences impr・ues, doit ?l'・idence ・re pris en compte. Il est exact, d'autre part, que l'emploi des armes n'est souvent qu'un sympt・e de maux sociaux plus profonds, sources de l'ins・urit?qui alimente le commerce des d'armes. L'・imination des instruments de l'ins・urit?sans en traiter les causes ne peut qu'induire une nouvelle demande d'armes de remplacement. Des interventions au niveau des sources du probl・e, telles que le sous-d・eloppement, s'imposent pour que les mesures de ma・rise des armes soient efficaces. L'approche la plus judicieuse de la probl・atique des armes l・・es doit porter sur l'offre autant que sur la demande et s'int・rer dans des programmes con・s pour r・uire le sous-d・eloppement et rem・ier aux autres causes fondamentales de l'ins・urit?

Transferts licites ou illicites ?

Les transferts licites et illicites sont souvent si ・roitement entrem・・ qu'il est difficile de les distinguer clairement les uns des autres. Beaucoup d'armes produites et export・s dans le respect des lois en vigueur finissent par alimenter les fili・es ill・ales. Il est impossible de d・erminer avec certitude quels sont les pourcentages de transferts licites et illicites d'armes l・・es et de petit calibre et o? quand et comment les armes faisant d'abord l'objet d'op・ations licites deviennent ill・ales.

La crise somalienne en est un bon exemple. Les armes qui ont contribu?au passage d'une situation de crise ?un ・at quasi anarchique sont les fusils d'assaut AK-47 ramen・ en Somalie apr・ la guerre de l'Ogaden par quelques 200 000 enfants soldats en d・oute. Le gouvernement de la Somalie a achet?ces armes en toute l・alit??des fins l・itimes de s・urit? Nombre d'armes achet・s l・alement pour des raisons de s・urit?dans un conflit sont r・tilis・s ?des fins illicites dans un autre conflit. Elles sont souvent remises en circulation par des gouvernements ou des groupes ethniques sympathisants aux arm・s et aux forces rebelles d'un pays ou d'un autre. Certaines des armes r・up・・s dans le cadre du programme de rachat d'armes au Salvador ont ・?utilis・s au Vi・ Nam, en Ouganda et en Angola. L'une des questions les plus d・icates sur laquelle butent les analystes et les chercheurs est celle de savoir comment la r・lementation internationale peut tenir compte de cette ambigu・?qui fait que ce qui est licite ?un moment peut ne plus l'・re ?un autre.

R・onse de la communaut?internationale

Les Nations unies se situent toujours ?l'avant-garde des efforts visant ?r・uire la prolif・ation des armes l・・es et de petit calibre. Se fondant sur ses initiatives ant・ieures qui appelaient ?la lutte contre le commerce illicite et l'utilisation criminelle des armes l・・es et de petit calibre, l'Assembl・ g・・ale des Nations unies a adopt?ces derni・es ann・s plusieurs r・olutions qui invitent les ・ats membres ?intervenir ?cette fin ?tous les niveaux.

  • La r・olution 46/36 H du 6 d・embre 1991 demande aux ・ats de r・uire le commerce illicite des armes en assurant un meilleur contr・e des stocks et des transferts, et en encourageant les travaux ?tous les niveaux pour harmoniser les lois et les proc・ures. Cette r・olution contient, ?titre indicatif, une liste de mesures ?mettre en ・uvre aux niveaux national, r・ional et international.

  • La r・olution 50/70 B du 12 d・embre 1995 prie le secr・aire g・・al d'・ablir un groupe d'experts gouvernementaux charg?de pr・arer un rapport sur la nature et les causes des probl・es li・ aux armes l・・es. Le groupe compos?d'experts de 16 pays s'est r・ni pour la premi・e fois le 24 juin 1996 et de nouveau en juillet 1997. En octobre 1997, il a publi?un rapport analysant la nature et les causes des probl・es li・ aux armes l・・es et ・ettant ?l'intention des ・ats un certain nombre de recommandations ?mettre volontairement en ・uvre pour y rem・ier.

  • La r・olution 52/38 J de 1997 ・ablit un second groupe d'experts compos?de 23 membres, qui s'est r・ni en 1998 pour examiner la mise en ・uvre des recommandations ・ises dans le premier rapport, sugg・er des mesures suppl・entaires et ・udier la possibilit?d'organiser une conf・ence internationale sur le commerce illicite des armes de petit calibre sous tous ses aspects.

  • La r・olution 51/45 N du 10 d・embre 1996 et 52/38 G du 9 d・embre 1997 sont les premi・es r・olutions portant sur la question du d・armement apr・ les conflits. Elles soulignent l'importance et les avantages de certaines mesures de d・armement concr・es pendant et apr・ les conflits, notamment la collecte, le contr・e et l'・imination des armes l・・es et de petit calibre, la d・obilisation et la r・nsertion des anciens combattants, et les fa・ns de limiter la production et les transferts illicites.

  • La r・olution 54/54 V du 15 d・embre 1999 demande la convocation d'une conf・ence internationale sur le commerce illicite des armes l・・es et de petit calibre sous tous ses aspects pendant l'・?2001, en pr・isant qu'elle devrait avoir pour r・ultat principal un programme d'action mondial. La conf・ence doit avoir lieu du 9 au 20 juillet 2001. Le premier Comit?pr・aratoire s'est r・ni du 28 f・rier au 3 mars 2000, du 8 au 19 janvier 2001, et du 20 au 30 mars 2001. Il a arr・?ses principales proc・ures et a effectu?une deuxi・e lecture de son avant-projet de Programme d'action. La Conf・ence suscite d・?de grands espoirs, mais un certain nombre de points ・ineux restent ?r・oudre dans le texte du futur Programme d'action.

Outre l'Assembl・ g・・ale, d'autres organes des Nations unies s'int・essent aux armes l・・es et de petit calibre. Dans une d・laration de septembre 1999, le Conseil de s・urit?des Nations unies a reconnu la gravit?croissante du probl・e et l'int・・ pour la question se manifeste au niveau le plus ・ev?de l'Organisation. Comme il a ・?not?dans l'introduction, en janvier 1995, le secr・aire g・・al a sonn?l'alarme et appel??l'action dans le domaine des armes l・・es et de petit calibre. Dans un suppl・ent ?son « Agenda pour la paix », il a not?que des progr・ consid・ables avaient ・?accomplis sur le plan des armes de destruction massive et a encourag?la communaut?internationale ?tourner son attention vers le microd・armement, c'est-?dire « un d・armement bien concret, s'inscrivant dans le contexte des conflits dont s'occupe l'ONU et dans celui des armes, pour la plupart de faible calibre, qui provoquent les centaines de milliers de morts ». L'appel du secr・aire g・・al a donn?lieu ?de multiples initiatives d'horizons divers, qui se poursuivent ?l'heure actuelle.

C'est ainsi qu'en novembre 1997, les ・ats-Unis, le gouvernement du Mexique et ceux de 26 autres pays de l'h・isph・e occidental ont sign?une convention n・oci・ par le truchement de l'Organisation des ・ats am・icains (OEA) contre la fabrication et le commerce illicites des armes ?feu, des munitions et des mat・iaux explosifs. La Convention exige des ・ats qu'ils renforcent les contr・es aux fronti・es, marquent les armes ?feu et ・hangent des informations sur les fabricants, les distributeurs, les importateurs et les exportateurs d'armes.

En mai 1998, les 15 membres de l'Union europ・nne (UE) ont pris des engagements politiques en faveur d'un Code de conduite r・issant les transferts d'armes. Le Code ・ablit huit crit・es applicables aux exportations d'armes de l'UE et impose des restrictions aux transferts destin・ aux violateurs des droits de l'homme, aux r・imes r・ressifs et aux exportations ?destination de r・ions o?s・issent des conflits prolong・. En d・embre 1998, pour combattre l'accumulation d・tabilisatrice des armes l・・es, les pays de l'UE ont ・alement adopt?un Plan d'action conjoint sur les armes l・・es. Ce Plan d'action ayant force obligatoire vise ?enrayer la prolif・ation des armes l・・es par des r・uctions des stocks, la tenue de registres r・ionaux, des ・hanges d'informations, le renforcement des contr・es nationaux, l'am・ioration de l'・ucation et de la sensibilisation, et incite les factions bellig・antes ?rendre et ?d・ruire leurs armes.

En juillet 1998, 21 pays se sont r・nis ?Oslo (Norv・e) ?l'invitation du gouvernement norv・ien, pour la premi・e conf・ence internationale ?l'・helon gouvernemental sur les armes l・・es. Les participants ont convenu qu'en raison de la complexit?des probl・es li・ ?ces armes, il fallait entreprendre des actions diverses et appliquer tout un ensemble de m・hodes parall・es pour les r・oudre. Le consensus d'Oslo a ・?r・um?dans un document final qui invite les pays du monde ?appuyer 11 initiatives internationales. En d・embre 1999, la Norv・e a parrain?une deuxi・e conf・ence ?Oslo, ?laquelle 18 pays de r・ions diverses ont particip?et qui avait pour objectifs de faire le point des travaux en cours et d'engager des d・ats approfondis sur les ventes d'armes. Les documents issus de cette conf・ence identifient les domaines devant faire l'objet d'・udes suppl・entaires et exposent un certain nombre de mesures envisageables pour traiter des probl・es des ventes d'armes.

Lors du Sommet des pays non align・ tenu en ao・ et en septembre 1998 ?Durban (Afrique du Sud), les chefs d'・at ont exprim?les pr・ccupations que leur inspirent les transferts et les flux illicites d'armes l・・es et leur prolif・ation, lesquels constituent une grave menace pour leur s・urit?r・ionale et nationale. Ils ont encourag?les participants ?prendre des mesures administratives et l・islatives pour apporter des solutions efficaces au probl・e des armes l・・es et ont invit?les fabricants et les pays qui poss・ent les plus grands arsenaux ?r・uire de mani・e significative la production et le commerce des armes classiques.

Dans le sillage de la premi・e conf・ence d'Oslo, le gouvernement de la Belgique a parrain?en octobre 1998 la toute premi・e conf・ence sur le « D・armement durable pour le d・eloppement durable ». Environ 90 pays ainsi qu'un grand nombre d'organisations non gouvernementales (ONG) ・aient repr・ent・ ?Bruxelles. La conf・ence de Bruxelles a rejet?l'id・ selon laquelle le d・armement et le d・eloppement peuvent ・re envisag・ ind・endamment l'un de l'autre et a invit?les pays ?adopter une approche int・r・. Elle a ・is un « Appel ?l'action » exposant en d・ail les activit・ que la communaut?internationale devrait envisager en vue de r・oudre le probl・e des armes l・・es et du d・eloppement.

En octobre 1998, les 16 ・ats membres de la Communaut?・onomique des ・ats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), avec ?leur t・e le pr・ident de la R・ublique du Mali, Alpha Omar Konar? ont d・lar?un moratoire de trois ans, renouvelable, sur la fabrication, l'importation et l'exportation des armes l・・es en Afrique de l'Ouest. Ceci repr・entait l'aboutissement de pr・ de 5 ans d'efforts intensifs de la part du gouvernement du Mali, des Nations unies et d'autres gouvernements, ?la fois dans la r・ion et au-del? visant ?・ablir le tout premier moratoire sur les armes classiques. Un m・anisme organisationnel a ・?・abli pour mettre en ・uvre et administrer le moratoire, tandis qu'un certain nombre de pays examinent les meilleures mani・es de contribuer au succ・ de celui-ci. Le moratoire de la CEDEAO devra ・re renouvel?le 31 octobre 2001.

Au-del?des actions des gouvernements, les ONG ont ・alement jou?un r・e important sur le plan de la sensibilisation de la communaut?internationale, des recherches universitaires et de la cr・tion de bases de donn・s utiles. Elles ont aussi contribu??galvaniser l'action des gouvernements en faveur de la lutte contre les armes l・・es et de petit calibre. Les ONG ont ・alement organis?de grandes conf・ences et particip??la majorit?des sommets parrain・ par les gouvernements. Leurs encouragements constants visant ?l'am・ioration de la coop・ation entre le secteur public, la soci・?civile et le secteur associatif assurent la r・lisation de progr・ r・uliers et cumulatifs dans le domaine du contr・e des armes l・・es.

R・ction des ・ats-Unis

Dans son discours ?la 50e Assembl・ g・・ale de l'ONU, en octobre 1995, le pr・ident Clinton a reconnu le besoin d'accorder une attention accrue ?la prolif・ation des armes l・・es et aux probl・es connexes du trafic des stup・iants, de la contrebande et de la recrudescence du terrorisme. L'attitude des ・ats-Unis a consist??agir de mani・e ・uilibr・ du c・?de la demande, c'est-?dire des causes sous-jacentes, et du c・?de l'offre, notamment du commerce illicite. De fa・n ?r・uire les flux illicites et ?mieux ma・riser les transferts licites, les ・ats-Unis utilisent toute la gamme de leurs instruments politiques ?tous les niveaux. Leurs efforts du c・?de la demande comprennent les initiatives de l'Agence des ・ats-Unis pour le d・eloppement international (USAID) concernant la promotion de l'・ablissement d'institutions et de pratiques d・ocratiques, l'insistance constante sur le respect des droits de l'homme, l'adoption d'une r・onse int・r・ aux crises transnationales complexes, la mise en ・uvre d'un certain nombre de mesures de d・armement et de d・eloppement au lendemain des conflits, et l'aide en faveur de l'・ablissement et du maintien de capacit・ de r・lementation et d'application des lois dans les soci・・ menac・s et d・hir・s par les guerres.

Du c・?de l'offre, les ・ats-Unis s'attachent ?g・・aliser les « meilleures pratiques » au niveau mondial. Ils encouragent ?cette fin l'adoption mondiale de mod・es de r・lements sur les transferts d'armes commerciaux, l'imposition de contr・es en mati・e de vente et de r・xp・ition des armes, la mise en ・uvre efficace du Protocole de Vienne sur les armes ?feu (2 mars 2001) ・abli sur le mod・e de la Convention de l'OEA, l'octroi d'une aide pour assurer la s・urit?des stocks d'armes et la destruction des armes ?feu, et la conclusion rapide d'un accord international limitant la distribution des syst・es de d・ense antia・ienne portatifs. ?la fin 1998, les ・ats-Unis ont lanc?une s・ie d'importantes initiatives ciblant principalement le lien entre les flux d'armes et les conflits en Afrique.

En raison de la volont?qu'ils manifestent par leurs actions, les ・ats-Unis sont reconnus comme l'un des chefs de file des efforts de ma・rise des armes l・・es et de petit calibre. En tant que pays fournisseur, ils ont assum?leurs responsabilit・ pour appliquer les normes les plus strictes en mati・e de transparence, de contr・e des exportations, de limitation des transferts d'armes et de r・lementation des activit・ de courtage. Les ・ats-Unis ont ・abli des partenariats avec les ・ats ayant adopt?des positions analogues sur toute une gamme de questions ayant trait aux armes l・・es et de petit calibre, notamment la destruction des armes, la coordination de l'aide aux ・ats concern・, l'appui des initiatives r・ionales et l'application renforc・ des embargos du Conseil de s・urit?des Nations unies.

Lors de la R・nion minist・ielle sp・iale du Conseil de s・urit?des Nations unies, tenue en septembre 1999, les ・ats-Unis ont pris un certain nombre de mesures concr・es ces deux derni・es ann・s. Parmi ces mesures figurent :

  • l'engagement de d・larer ouvertement et en temps voulu tous les transferts d'armes vers les r・ions ou zones de conflit en Afrique ;

  • l'appui international en faveur d'un moratoire volontaire sur la vente des armes qui risquent d'alimenter les conflits interconnect・ ;

  • des r・nions d'instances gouvernementales et d'organisations non gouvernementales et internationales pour ・hanger des informations sur les transferts r・ionaux d'armes ;

  • l'octroi d'une aide accrue en Afrique pour renforcer les capacit・ de surveillance et d'interdiction des flux d'armes et d'application des sanctions ;

  • l'adoption de lois nationales pour criminaliser les violations des embargos sur les armes et autres r・imes de sanctions ; et

  • l'appui en faveur d'une mise en ・uvre efficace du Protocole sur les armes ?feu et de l'accord multilat・al limitant les exportations de syst・es de d・ense portatifs.

Ces mesures sont venues compl・er et renforcer un certain nombre d'initiatives ant・ieures des ・ats-Unis visant ?mettre un terme ?la violence en Afrique. En 1994, par exemple, le gouvernement des ・ats-Unis a adopt?la Loi sur le r・lement des conflits en Afrique, qui exige des organismes du gouvernement f・・al qu'ils rendent compte tous les ans au Congr・ de leurs efforts de renforcement des capacit・ de r・lement des conflits en Afrique. Lors de la r・nion minist・ielle ・ats-Unis-Afrique de mars 1999 dite « Partenariat pour le XXIe si・le », les ・ats-Unis ont r・ffirm?leur appui en faveur de l'Initiative de r・ction aux crises africaines (ACRI), ?laquelle ils ont consacr?8 millions de dollars depuis 1993.

Les ・ats-Unis ont en outre men?un certain nombre d'actions destin・s ?mettre fin ou ?emp・her la r・urrence du g・ocide au Rwanda, notamment : des r・nions avec les chefs d'・at lors du Sommet d'Entebbe en mars 1998 ; le parrainage d'une r・olution des Nations unies qui r・ctive la Commission des Nations unies sur les flux d'armes pour identifier et stopper le trafic des armes vers les anciennes forces arm・s et milices du Rwanda ; et l'appui aux conclusions du Rapport que le secr・aire g・・al des Nations unies a fait en avril 1999 au Conseil de s・urit?sur les causes du conflit et la promotion d'une paix et d'un d・eloppement durables en Afrique. Au d・ut de l'an 2000, les ・ats-Unis ont commenc??collaborer avec l'Institut africain des Nations unies pour la pr・ention des crimes et le traitement des d・inquants (UNAFRI) pour passer en revue les r・lements, les lois et les capacit・ des pays africains, ces travaux ・ant toujours en cours. Par ailleurs, les ・ats-Unis continuent d'accorder des appuis politiques, techniques et mat・iels accrus aux efforts du Mali et de ses voisins pour mettre en ・uvre le moratoire sur les importations, les exportations et la fabrication des armes l・・es en Afrique de l'Ouest.

Les ・ats-Unis ont ・alement particip??de multiples r・nions, conf・ences et ateliers internationaux, et notamment aux travaux du Groupe d'experts gouvernementaux des Nations unies sur les armes de petit calibre, dont les rapports de 1997 et de 1999 ont abouti ?des recommandations que les ・ats-Unis ont appuy・s. Les ・ats-Unis participent aussi aux d・ats de la Commission du d・armement des Nations unies.

Outre les r・nions parrain・s par les Nations unies, les ・ats-Unis ont envoy?des d・・ations de haut niveau aux conf・ences d'Oslo et de Bruxelles et ont jou?un r・e pr・ond・ant dans les n・ociations des documents issus de chacune de ces conf・ences. Les ・ats-Unis accordent leur appui et s'associent aux consultations du Partenariat pour la paix, du Pacte de Stabilit?pour l'Europe du Sud-Est, du Conseil de partenariat euro-atlantique et de l'Organisation pour la s・urit?et la coop・ation en Europe sur la question des armes l・・es.

Les ・ats-Unis m・ent des consultations avec la Norv・e, le Canada, l'Afrique du Sud et d'autres pays cl・ et entretiennent un dialogue de haut niveau avec la Belgique afin de contribuer ?la formulation des ordres du jour internationaux sur les armes l・・es et d'・hanger des id・s sur les futurs plans de d・armement et de d・eloppement.

Les ・ats-Unis figurent parmi les 33 membres de l'arrangement de Wassenaar ; ils sont membres du Groupe des six sur les armes et du Sous-groupe du G8 de Lyon sur les armes ?feu. Ils participent au Forum de la Communaut?de d・eloppement de l'Afrique australe (SADC), ont ・is une d・laration conjointe avec la SADC sur les armes l・・es et de petit calibre et ont ・abli un Groupe de travail conjoint charg?d'examiner les questions concernant ces armes.

Les ・ats-Unis ont particip?activement au processus qui m・era ?la Conf・ence des Nations unies sur le commerce illicite des armes l・・es et de petit calibre sous tous ses aspects, qui doit avoir lieu au si・e de l'ONU du 9 au 20 juillet 2001. L'objectif de la Conf・ence est de convenir d'un programme d'action ayant force obligatoire et contenant des mesures propres ?att・uer les effets du trafic des armes l・・es et de petit calibre. Les ・ats-Unis resteront un participant cl?des efforts internationaux visant ?r・oudre les probl・es des armes l・・es et de petit calibre. Ils sont ・alement l'un des principaux bailleurs de fonds de soutien ?la destruction des armes exc・entaires et aux programmes de formation et autres dont l'objectif est d'aider les pays affect・ ?r・uire les accumulations excessives et d・tabilisatrices d'armes l・・es et de petit calibre. Ils continueront ・alement d'・uvrer dans le cadre de la Conf・ence des Nations unies de 2001 ?l'adoption d'un programme d'action consensuel qui instaurera un r・ime mondial efficace pour lutter contre le commerce illicite des armes l・・es et de petit calibre.

La communaut?internationale a manifest?une ・ergie et une volont?politique consid・ables dans les efforts qu'elle d・loie pour r・oudre le probl・e des armes l・・es et de petit calibre. Selon toute vraisemblance, eu ・ard ?la gravit?et ?la complexit?des questions en jeu, la solution compl・e et durable du probl・e se situe dans un avenir encore lointain. La simple att・uation des effets n・atifs les plus imm・iats et les plus d・astateurs n・essitera des approches cr・tives, souples, polyvalentes et interdisciplinaires. La communaut?internationale a pris un bon d・art et la Conf・ence des Nations unies de 2001 aura le m・ite insigne de cr・r les fondations solides sur lesquelles un r・ime mondial efficace pourra s'appuyer.

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