La main-d'・uvre du secteur des transports au XXIe si・le


Kelley Coyner

Administratrice du
Service de la recherche et des programmes sp・iaux
Minist・e des transports des ・ats-Unis


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Former une main-d'・uvre qualifi・ et comp・ente, capable de comprendre et de satisfaire les besoins d'un secteur des transports en ・olution rapide, repr・ente un enjeu de taille pour les responsables des transports dans le monde, estime Mme Kelley Coyner, administratrice du service de la recherche et des programmes sp・iaux au minist・e des transports des ・ats-Unis. Mme Coyner analyse les difficult・ auxquelles les responsables des transports doivent faire face, mais aussi les possibilit・ qui leur sont offertes, et montre comment ils peuvent contribuer, en coop・ation avec les milieux de l'enseignement, ?former la main-d'・uvre du XXIe si・le.

La demande de main-d'・uvre qualifi・ et comp・ente sur le plan technique est plus forte que jamais dans les transports. Dans des r・ions o?l'・onomie est surtout rurale et agraire, la main-d'・uvre qualifi・, par exemple les ing・ieurs, fait terriblement d・aut. Dans les r・ions urbaines tr・ peupl・s, en plein essor ・onomique gr・e aux techniques de pointe, les travailleurs capables de construire, d'exploiter et d'entretenir les infrastructures sont rares.

Qu'ils soient charg・ de planifier, de mettre en ・uvre ou de contr・er des syst・es, les employ・ du transport doivent avoir des comp・ences tr・ vari・s. Tout d'abord, les connaissances technologiques, concernant par exemple la gestion informatis・ de la circulation et le recours aux carburants de substitution aux fins de la protection de l'environnement, comptent de plus en plus. Deuxi・ement, certains aspects de la politique des transports peuvent exiger la connaissance de sujets divers, comme la gestion ・uitable et optimale de la circulation routi・e, l'impact environnemental des carburants et des moteurs, les besoins ・erg・iques, et les liens entre les transports et le reste de la vie sociale, par exemple les structures urbaines et le d・eloppement ・onomique. Troisi・ement, il y a d'autres connaissances qui ne rentrent pas dans l'apprentissage classique, comme par exemple celle de la gestion strat・ique, de l'exploitation de programmes, des ressources humaines ou des responsabilit・ budg・aires. Finalement, certains employ・ doivent approfondir leurs connaissances et se mettre ?jour sur les techniques li・s ?la s・urit? ?la s・et?et ?l'entretien des transports.

Deux types de parcours orientaient les ・udes classiques en mati・e de transports. Le premier type de parcours, g・・alement des ・udes sup・ieures, pr・arait les professionnels ?entrer dans l'administration des transports. Le second parcours ・ait destin?aux techniciens d'exploitation des r・eaux qui devaient suivre une formation professionnelle ou technique compl・entaire pour se mettre ?niveau.

Plusieurs facteurs interviennent d・ormais dans les initiatives visant ?relever ces enjeux. Tout d'abord, la r・olution actuelle de la technologie (lanc・ par l'am・ioration des communications) a eu un impact ・orme sur la main-d'・uvre employ・ dans les transports. Cette r・olution affecte la capacit?concurrentielle du pays ainsi que l'efficacit?et la productivit?de la main-d'・uvre. Certains pays d'Asie, l'Inde et la Malaisie par exemple, se d・eloppent rapidement gr・e ?leur infrastructure informatique et ?leurs capacit・ d'apprentissage sans passer par les phases d'industrialisation typiques du d・eloppement traditionnel.

Deuxi・ement, la mondialisation se traduit par le fait que les probl・es aussi bien que les solutions ・entuelles ne se limitent plus aux fronti・es g・graphiques et politiques. En outre, les planificateurs et les d・ideurs d'organisations internationales comme les Nations unies trouvent qu'il est difficile de d・ager des priorit・ dans des domaines tels que la croissance ・onomique, l'impact environnemental et le r・lement des conflits territoriaux. ?titre d'exemple, les imp・atifs en mati・e de lutte contre la pollution qui sont cens・ r・ler les probl・es dans un pays donn?peuvent exiger qu'un pays limitrophe prenne des mesures nuisibles ?son ・onomie. De tels conflits r・ionaux remplacent d・ormais l'opposition syst・atique entre ・onomies planifi・s et ・onomies de march?qui a caract・is?la majeure partie des cinquante derni・es ann・s.

Les facteurs d・ographiques jouent aussi. Les barri・es ・ig・s par les gouvernements et les ・onomies r・ionales sont en train de tomber et les travailleurs sont maintenant libres de se d・lacer, abandonnant souvent des postes difficiles ?pourvoir. De tels d・lacements entra・ent des flux migratoires de l'Afrique vers l'Europe, de l'Asie du Sud-Est au Proche-Orient, de l'Am・ique centrale et du Sud vers l'Am・ique du Nord, et ils ne sont pas toujours limit・ ?la main-d'・uvre non qualifi・. Vu la vitalit?de l'・onomie mondiale actuelle, il n'est pas facile de trouver et de garder des employ・ dans les transports, quelles que soient leurs qualifications.

L'engagement du pays et les ressources disponibles constituent un dernier facteur. Comment, par exemple, un sp・ialiste des transports dans une zone urbaine envahie par la pollution, les voitures et la congestion peut-il mesurer l'impact de ces facteurs sur la sant? sur le bien-・re des populations et sur l'am・agement du territoire ? Ce point est tr・ important surtout dans les ・onomies de transition qui doivent choisir entre des initiatives rivales exigeant toutes l'utilisation de ressources limit・s. Dans le monde, les villes les plus peupl・s et qui s'・endent le plus rapidement abritent peut-・re le plus grand nombre d'habitants mais elles peuvent par ailleurs disposer d'investissements en infrastructure insuffisants et mal adapt・ aux besoins pr・ents et futurs. L'interaction des diverses forces ・onomiques, politiques, sociales et culturelles joue sur les d・isions prises en mati・e de mouvements de biens et de services, de ressources, de communications, d'environnement et de qualit?de la vie, non seulement maintenant mais ?l'avenir.

Comment relever les enjeux pos・ par le probl・e de la main-d'・uvre ?

Plusieurs solutions sont possibles pour concilier les int・・s de l'enseignement, du grand public, des entreprises et du secteur des transports.

Cr・r et appuyer un meilleur cadre de formation. Les ・ucateurs comprennent d・ormais que pour r・ondre aux besoins grandissants de la main-d'・uvre, ils doivent s'y prendre plus t・ en stimulant l'apprentissage des enfants ?l'・ole. Des programmes plus complets en math・atiques, en sciences et en technologie, par exemple, pourraient inclure des modules concentr・ sur les math・atiques appliqu・s aux transports et des projets de science et de technologie sur le th・e des transports. Ceci ouvrirait de nouveaux horizons ?ceux qui n'ont pas envisag?de faire carri・e dans les transports ou ne comprennent pas les liens qui existent entre les transports et les politiques adopt・s en mati・e de s・et?et de s・urit? d'innovation, de technologie, etc.

Une autre solution consisterait ?ouvrir les emplois et les carri・es aux femmes et aux minorit・ qui pourraient occuper des postes de cadres et de responsables mais aussi de techniciens. Nous devons ・alement promouvoir l'id・ que l'・ucation ne s'arr・e pas avec la fin des ・udes mais qu'elle dure pendant toute la dur・ de notre vie et de notre carri・e. Cela s'applique ?tous les professionnels de tous niveaux qui veulent parfaire leurs connaissances, soit par des cours, soit d'une mani・e plus informelle.

Pour que ces solutions aboutissent, les programmes d'・udes concentr・ sur les transports devraient ・re restructur・ et ・endus. Les professionnels du transport du XXIe si・le doivent comprendre comment leur travail affecte l'environnement. Les ?nbsp;co・s ?peuvent se traduire par un impact n・atif sur l'air, le sol et l'eau, ou encore par un usage accru de ressources ・erg・iques. Parall・ement, la formation de ces professionnels doit leur permettre de comprendre en quoi leurs d・isions ont des retomb・s sur les collectivit・. En raison des d・ouvertes technologiques, il importe aussi maintenant d'・udier les liens qui existent entre les divers moyens de transport. Enfin, de tels programmes d'・ude pourraient aussi inclure des sujets moins courants comme l'・hique.

・ablissement de partenariats ?long terme et de coop・ation ?court terme entre les int・ess・ dans les transports et les autres secteurs, sur le plan international comme r・ional. Vu la rapidit?du changement, il n'est pas r・liste d'attendre qu'un secteur donn?de la soci・?(qu'il s'agisse du milieu universitaire, du secteur public, du priv?ou des organismes ?but non lucratif) assume au XXIe si・le la r・orme de la formation aux m・iers du transport. Ce qu'il faut, ce sont des partenariats sur le long terme et des collaborations ?court terme, des relations de coop・ation entre responsables des transports au sein des organes du gouvernement mais aussi entre ces divers organes, et une collaboration entre pouvoirs publics et secteur priv? Ces initiatives peuvent ・re lanc・s ?l'・helle nationale, r・ionale, ou internationale avec la participation des collectivit・ locales.

・ablissement de passerelles entre les m・hodes d'apprentissage classiques et celles qui s'appuient sur les nouvelles technologies. L'apprentissage passe non seulement par l'enseignement mais aussi par la recherche et le transfert de technologie. Les m・hodes traditionnelles d'apprentissage (les livres) sont maintenant compl・・s et rehauss・s par des applications technologiques, la diffusion par satellite, les adaptations audiovisuelles et les enregistrements num・iques. Ces diff・ents supports offrent des possibilit・ qui transcendent l'apprentissage traditionnel de la g・graphie, des finances et de la p・agogie.

Ces supports sont particuli・ement importants pour ceux qui vivent dans des r・ions recul・s, qui n'ont pas directement acc・ ?la formation et ?la recherche, qui disposent de ressources limit・s, qui ont des besoins tr・ cibl・ (jeunes voulant s'informer sur les m・iers des transports ou employ・ voulant se recycler). C'est particuli・ement important pour ceux qui planifient les mesures publiques ou administrent les programmes dans des ・onomies de transition o?les financements et la main-d'・uvre ne correspondent pas aux besoins actuels et encore moins aux besoins futurs.

Les ・apes suivantes

Dans une ・onomie mondiale hautement comp・itive, l'enjeu du secteur des transports consiste ?attirer les ・udiants les plus brillants et ?retenir les meilleurs employ・ car ils trouvent des solutions novatrices aux probl・es des transports et repensent le syst・e pour le faire ・oluer.

Pour y parvenir, plusieurs initiatives doivent ・re prises :

  • Les ・ucateurs de tous les pays doivent continuellement adapter ?l'・olution de la demande les cours qu'ils dispensent et les travaux de recherche (sur les outils comme les applications) offerts par leurs ・ablissements. Ils doivent continuellement s'engager ?・argir les horizons de leurs ?nbsp;・udiants ?de tous ・es.

  • Les nombreuses cat・ories de personnes touch・s par les transports doivent partager avec celles qui sont actives dans ce secteur les ressources n・essaires, par exemple bourses, subventions, postes de recherche, stages, logiciels et mat・iel informatique.

  • Les ・ucateurs doivent construire de nouveaux partenariats qui puissent combler les br・hes entre secteurs public, priv?et ・ucatif dans leurs pays respectifs.

  • Les ・ucateurs doivent communiquer leur r・ssite aux autres ・ucateurs, aux d・ideurs et au grand public afin de faire conna・re les avantages que les transports pr・entent pour l'・onomie, les collectivit・ et les particuliers. Ces initiatives renforcent l'image des compagnies de transport et soutiennent des initiatives futures.

Les nouveaux horizons qui s'ouvrent dans le domaine de la formation aux m・iers du transport sont prometteurs. Sur le plan individuel, ils permettent l'・anouissement des ・udiants de tous niveaux et encouragent le recyclage permanent. ?l'・helle nationale, ils renforcent les programmes d'・udes concentr・ sur les transports et favorisent la coop・ation entre divers secteurs. Sur le plan social et international, ces avantages peuvent d・oucher sur des transports plus s・s et plus performants r・ondant aux besoins d'un XXIe si・le plus comp・itif et mondialis?

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