LA COLLECTIVIT?ET LA SALLE DE CLASSE
Pour les Am・icains qui s'int・essent ?l'・ucation, aucun terme ne suscite de r・ction plus vive ni n'・oque d'image plus charg・ de signification que celui de ?nbsp;d・entralisation administrative ?
Il n'y a pas si longtemps, l'・ifice qui se dressait au centre de chaque collectivit?de la nation ・ait la ?nbsp;petite ・ole rouge ? le petit b・iment tout ?la fois symbole et objet de l'attachement ?un enseignement public universel. Dans nombre de r・ions rurales, l'・ifice comptait une seule salle de classe et un seul ma・re d'・ole pour les ・・es de tous ・es ; jusqu'en 1916, pr・ d'un tiers des six cent vingt mille ・oles de la nation ne comportaient qu'une salle de classe, et m・e s'il ne subsiste que moins d'un millier de telles ・oles aujourd'hui, elles n'en constituent pas moins un t・oignage vivant d'un pass?plus bucolique.
La vocation de l'・ole en tant que p・e d'attraction de la collectivit?n'a, par contre, pas chang? La conqu・e de l'Ouest parachev・, l'・ole est rest・ un centre de la vie sociale, un point de rencontre et un lieu de convergence des int・・s et des activit・ en tout genre de la collectivit? et pas uniquement en rapport avec l'・ucation. Aujourd'hui, dans presque toutes les communaut・ am・icaines, on utilise les ・ablissements scolaires en dehors des heures de cours pour des activit・ vari・s : r・nions, cours de travaux manuels pour adultes, clubs du troisi・e ・e, r・nions de louveteaux, cours de gymnastique, services religieux et bien d'autres choses encore.
La notion de d・entralisation administrative exerce une emprise irr・istible sur la plupart des Am・icains. Dans le domaine de l'・ucation, comme dans les autres aspects de la vie aux ・ats-Unis, le terme dit bien ce qu'il veut dire : le contr・e officiel s'exerce au niveau des collectivit・ locales et non ?celui du gouvernement central. L'・ucation n'est nullement un cas unique.
La Constitution Des ・ats-Unis a cr蜑 un syst・e f・・al de gouvernement constitu?de trois grands niveaux superpos・ - le niveau national, le niveau des ・ats et le niveau local. Le grand principe derri・e ce r・eau complexe dont les comp・ences se recoupent parfois est que le contr・e de toutes les fonctions gouvernementales devrait se trouver le plus pr・ possible du simple citoyen et que chaque niveau administratif devrait accomplir ce qu'il est le plus apte ? faire.
Par exemple, le gouvernement f・・al est charg?de la d・ense nationale, de la masse mon・aire, des relations internationales et d'autres activit・ de port・ v・itablement nationale. Les gouvernements des cinquante ・ats s'occupent des questions pour lesquelles ils sont le mieux ・uip・ : les ponts et chauss・s, les tribunaux et les prisons d'・at, les ・ablissements de premier cycle universitaire et les universit・ d'・at et autres instances similaires. ?son tour, l'administration locale (comt・, communes) s'occupe des services et des activit・ de nature et de port・ uniquement locales, tels que les tribunaux locaux, le service des contributions, les services de police et de voirie. Historiquement, aux ・ats-Unis, c'est l'administration locale qui a la direction des ・ablissements scolaires.
Cette tradition prend ses racines dans deux aspects de la vie coloniale am・icaine - l'un est une pratique de longue date et l'autre rel・e d'une tournure d'esprit.
La pratique, qui consistait ?donner ?tous une instruction sommaire, ・ait le produit du pi・isme religieux du Nouveau Monde. Au centre de cette exp・ience religieuse particuli・e se trouvait la conviction que l'homme pouvait communier directement avec Dieu sans avoir besoin de l'interm・iaire de pr・res. Les pasteurs protestants, pour employer une terminologie moderne, ?nbsp;animaient ? l'exp・ience religieuse, sans en ・re ?l'origine.
Ainsi donc, dans les traditions protestantes, il ・ait essentiel que tous les communiants soient capables de lire les Saintes Ecritures. Le mot r・・?devait ・re accessible ?l'ensemble des fid・es. Ainsi, la premi・e ・ole publique aux ・ats-Unis fut-elle ・ig・ par l'・at du Massachusetts en 1645, autoris・ en vertu d'un statut promulgu?par l'assembl・ l・islative coloniale. L'・ucation n'・ait pas un luxe, c'・ait l'un des fondements de l'exp・ience protestante.
La tournure d'esprit, qu'il est capital de conna・re pour comprendre le r・e de l'・ucation, est une certaine disposition ? coop・er et collaborer. Elle est le produit du double attachement ?la libert?et ?l'・alit? Les hommes ?la fois libres et ・aux se respectent entre eux et travaillent ensemble librement, en ・aux. Dans les premi・es colonies, et plus tard lors de la conqu・e de l'Ouest, cette notion fut mise ?l'・reuve, et il s'av・a ・ident qu'elle marchait. Les Am・icains au niveau local coop・aient dans la plupart de leurs activit・ ; construire des toitures, confectionner des courtepointes, tenir des assembl・s g・・ales des habitants de la municipalit? participer ?des clubs et ?des associations volontaires, tout cela ・ait le fruit d'une coop・ation et d'une collaboration d・ocratiques.
Le grand observateur fran・is Alexis de Tocqueville fut impressionn?par-dessus tout, aux ・ats-Unis, par cette ?nbsp;passion de l'association ? Ce n'・ait pas l'homme ?cheval qui for・it son admiration, mais les gens travaillant c・e ?c・e au sein des associations de secours mutuel, des clubs, des comit・, des assembl・s g・・ales des habitants et, surtout, au sein de l'administration autonome.
Ce double engagement - vis-?vis de l'enseignement universel et de la pratique de la collaboration et de la coop・ation - ouvrit la voie ?la th・rie et ?la r・lit?de la d・entralisation administrative. Jusqu'?ce jour, celle-ci est fond・ sur la conviction qu'un peuple d'hommes libres et ・aux est le meilleur juge de son int・・ personnel et qu'il poss・e la facult?de coop・er et de collaborer, volontairement, pour sa sauvegarde.
les auteurs de la Constitution des ・ats-Unis incarnaient cette vision multiple de l'education, qu'ils jugeaient indispensable ? la vie de la nouvelle nation.
Thomas Jefferson imaginait un peuple d'hommes libres et ・aux qui se gouverneraient eux-m・es et renonceraient au privil・e h・・itaire de l'Ancien Monde. Une ?nbsp;aristocratie naturelle ?du talent allait na・re et les r・lisations n'auraient plus pour limites que l'・ergie et la discipline de l'individu. M・e si elles ne disparaissaient pas, les classes sociales perdraient leur caract・e h・・itaire. Les individus r・ssiraient ou ・houeraient sur la base de leur seul m・ite. Leur application au travail et leur esprit d'entreprise personnels d・ermineraient leur destin・.
Pour voir le jour, une telle vision exigeait l'enseignement universel. Les artisans de la Constitution ・aient convaincus qu'un peuple libre ne pouvait d・endre sa libert?et ・argir ses horizons que s'il ・ait instruit. Seule l'instruction permet aux individus de r・liser leur potentiel.
Toutefois, si Jefferson et les autres r・acteurs de la Constitution des ・ats-Unis croyaient en l'importance de l'・ucation, ils pensaient ・alement qu'il s'agissait d'une responsabilit?locale qui ne pouvait ・re correctement exerc・ et men・ que par les collectivit・. L'instruction ne devait pas ・re transmise par une autorit? centralis・ ; elle devait ・re acquise par le peuple lui-m・e.
La Constitution garde intentionnellement le silence sur la question de l'・ucation. Cette omission, dans ce document, est tout aussi capitale que ne le serait une r・・ence explicite, car le Dixi・e Amendement, connu sous le nom de ?nbsp;Clause des pouvoirs r・erv・ ? r・ervait aux ・ats tous les pouvoirs qui ne relevaient pas express・ent du gouvernement f・・al. Il en d・oule que ce sont les cinquante ・ats - et non le gouvernement f・・al - qui sont responsables de l'・ucation.
En revanche, la constitution de chacun des cinquante ・ats fait explicitement r・・ence ?l'・ucation et pr・ise les responsabilit・ financi・es, organisationnelles et p・agogiques de ces derniers. En ce qui concerne la loi, les circonscriptions scolaires sont donc des cr・tions des ・ats et les pouvoirs qu'ils exercent sont les leurs parce que les ・ats les ont d・ib・・ent d・・u・ ?l'autorit? locale. Et ce qui a ・?d・・u?par l'autorit?de l'・at peut ・alement ・re repris par l'・at.
Alors que les ・ats peuvent obliger les circonscriptions scolaires ?appliquer leurs directives d'orientation, le gouvernement f・・al n'entretient pas une telle relation avec les ・ats ni avec les circonscriptions scolaires, tout du moins en ce qui concerne les programmes, la p・agogie et les manuels scolaires - pas plus que le niveau requis des enseignants ou des ・・es. Le gouvernement f・・al n'a comp・ence pour agir que l?o?sont soulev・s des questions f・・ales - comme dans le cas des droits civiques des citoyens. Ainsi, si les droits d'une minorit?raciale sont ignor・ au niveau local, Washington doit intervenir.
C'est ce qui s'est produit dans les ann・s 50 et 60, au c・ur du mouvement pour la d・ense des droits civiques, lorsque la Cour supr・e des ・ats-Unis a statu?que les ・ablissements scolaires ?nbsp;distincts, mais ・aux ?pour les minorit・ ・aient anticonstitutionnels. Le gouvernement am・icain a alors amorc?un long processus d'int・ration.
Le r・e du gouvernement f・・al se trouva ・alement ・argi dans les ann・s soixante, lorsque le pr・ident Lyndon Johnson, dans sa vision d'une ?nbsp;Grande Soci・?nbsp;? jugea que la subvention de certains aspects de la vie scolaire des ・・es des milieux d・avoris・ - tels que l'alimentation et la pr・colarisation - trouvaient un ・ho important dans le pays. Washington mit ?la disposition des ・ats des fonds consid・ables ?cet effet. Avec les subsides vinrent les contr・es f・・aux. Aujourd'hui, plus de trente ans apr・, le niveau du contr・e f・・al devant accompagner ces subventions est au centre d'un d・at national.
Malgr?tout cela, cependant, les questions fondamentales concernant l'・ucation - ce qui est enseign? qui enseigne, dans quelles conditions et pour quel salaire, le contr・e des connaissances, les conditions de passage dans la classe sup・ieure et d'obtention des dipl・es, les manuels utilis・ et leur choix - rel・ent toutes des ・ats et des localit・.
En deux si・les, les diff・ents niveaux administratifs engag・ dans l'・ucation en sont donc venus ?travailler ensemble et ? coop・er. Par exemple, le gouvernement f・・al de Washington fournit, en moyenne, sept pour cent des revenus vers・ aux ・ablissements scolaires r・ionaux ; l'administration locale et les gouvernements des ・ats fournissent le reste. Les circonscriptions scolaires n'en gardent pas moins jalousement leurs pr・ogatives et leurs privil・es. En fait, le soutien dont b・・icie la d・entralisation administrative est tellement enracin?qu'aucun groupe de circonscription n'est en faveur de son abolition.
Chaque fois que le gouvernement f・・al adopte une loi visant les ・oles d'une r・ion, le pr・mbule l・islatif cite invariablement l'importance de la d・entralisation administrative et l'utilit? de son maintien.
Un article sur l'・ucation r・emment paru dans la revue trimestrielle The Public Interest remarquait : ?nbsp;Que la d・entralisation administrative soit une bonne chose est un fait acquis (...) Les d・racteurs et les contestataires sont peu nombreux et il s'agit peut-・re d'excentriques. ?
Afin de mieux comprendre l'importance de la d・entralisation administrative dans le syst・e ・ucatif am・icain d'aujourd'hui, il convient de donner une br・e id・ de la port・ et de l'ampleur de l'enseignement primaire et secondaire aux ・ats-Unis. ?l'heure actuelle, pr・ de quarante-six millions de jeunes r・artis dans les cinquante ・ats sont ・・es dans des ・ablissements regroup・ en plus de quatorze mille circonscriptions scolaires ind・endantes. Si le chiffre de quatorze mille peut para・re ・ev? jusqu'en 1940 il y en avait plus de cent dix-sept mille. Aujourd'hui, seul Hawa? dernier ・at ?avoir rejoint l'Union, poss・e un syst・e ・ucatif ? l'・helle de l'・at. Par contraste, la Californie et le Texas, tous deux tr・ peupl・, comptent plus d'un millier de circonscriptions scolaires chacun. Le Delaware et le Nevada, moins peupl・, en comptent moins de vingt-cinq chacun.
Il y a un si・le, toutes les circonscriptions scolaires de la nation ・aient de taille relativement modeste. Aujourd'hui, soixante circonscriptions scolaires regroupent chacune plus de cinquante mille ・・es, et les circonscriptions les plus importantes sont v・itablement gigantesques. Celle de New York, par exemple, compte plus d'un million de jeunes, et celle de Los Angeles, deuxi・e ville du pays par la taille, en compte plus d'un demi-million.
Les conseils scolaires locaux administrent les circonscriptions scolaires. Les membres de ces conseils sont ・us - dans la grande majorit?des cas - par les ・ecteurs. Dans quelques cas uniquement, ils sont nomm・ ; le pouvoir de nomination revient alors ? un repr・entant ・u.
Au niveau des ・ats, les conseils scolaires coordonnent les activit・ des circonscriptions scolaires. Chaque ・at a, de plus, ?sa t・e un responsable scolaire administratif, qui pourra prendre le nom d'agent responsable de l'・ole d'・at, de directeur de l'enseignement public ou de commissaire ?l'・ucation. Dans certains cas, le commissaire est ・u, comme en Californie ou en Floride ; dans d'autres, il est nomm?par le gouverneur ou par le conseil scolaire de l'・at.
Quel que soit le processus de s・ection, c'est l'administration des ・ats qui d・init les r・les fondamentales concernant les circonscriptions scolaires r・ionaux. Elle fixe le nombre des jours de classe - en principe 180 jours par an. Elle ・ablit les crit・es minimum de certification des enseignants et des administrateurs ; elle d・init le tronc commun des ・udes ; elle peut choisir quels manuels scolaires utiliser ; et parfois, elle ach・e ou fait imprimer les livres scolaires et les distribue. C'est elle qui d・init en outre g・・alement les crit・es d'obtention des dipl・es de fin d'・udes.
Mais le pouvoir le plus important qu'exerce l'・at est d'ordre financier. Ce n'est pas avant la fin du XIXe si・le que l'on vit les ・ats allouer certaines sommes ?l'・ucation ; la plus grande part ・ait toujours r・nie localement, en principe gr・e ? l'imposition des biens immobiliers. Un exemple extr・e en existe encore : Au New Hampshire, l'un des treize premiers ・ats, quatre-vingt-quinze pour cent des fonds destin・ ?l'・ucation proviennent des collectivit・ locales.
?l'heure actuelle, la plupart des ・ats allouent des cr・its consid・ables aux ・oles locales, et c'est ・alement l'・at qui approuve le type d'imposition locale pratiqu?ainsi que son montant. Un syst・e scolaire dot?d'un g・・eux budget peut consacrer plus d'argent aux cours ?effectifs limit・, tels que les cours sup・ieurs de math・atiques ou les cours de langues difficiles, que ne le peut un ・ablissement disposant d'un budget modeste.
Par cons・uent, la menace que fait peser un ・at de geler les cr・its d'une circonscription scolaire si celle-ci refuse de se plier ?la loi ou au r・lement constitue un puissant stimulant. Par exemple, l'・at du Texas a adopt? en 1985, la r・le du ?nbsp;pas de r・ssite, pas de jeu ? selon laquelle les ・・es ne peuvent pas prendre part ?des activit・ parascolaires, telles le sport ou la musique, s'ils n'ont pas un bon livret scolaire. Si une circonscription scolaire ne respecte pas la loi, le directeur du conseil scolaire ne risque pas la prison, c'est la circonscription scolaire dont il a la charge qui perd ses subsides de l'・at - une catastrophe qui paralyserait ses ・ablissements.
Si l'autorit?formelle des conseils scolaires des ・ats et de leurs directeurs para・ importante, toutes les circonscriptions scolaires jouissent d'une autonomie et d'une ind・endance consid・ables. Elles pr・arent toutes leurs budgets, d・inissent leurs objectifs p・agogiques, identifient les domaines scolaires et parascolaires m・itant une attention particuli・e, adoptent les r・lements et les proc・ures, et recrutent et licencient le personnel. Elles sont d'habitude responsables de la conception, de la construction et de la maintenance de leurs locaux. La plupart ont des rapports directs avec des organismes gouvernementaux ?vocation sp・ifique ainsi qu'avec des repr・entants locaux, de l'・at et f・・aux. En cas de litige, ce sont la circonscription scolaire et son directeur, et non le gouverneur, qui engagent des poursuites judiciaires. Et si la m・・ pr・oit des chutes de neige importantes ou une tornade, c'est le directeur du conseil, et non le maire ou le gouverneur, qui doit d・ider de la fermeture des ・oles.
Les habitudes de d・entralisation administrative sont encore suffisamment fortes pour exercer une action mod・atrice sur les l・islateurs d'・at et les gouverneurs. On observe, de plus, un grand regain d'int・・ vis-?vis de la d・entralisation administrative pour des raisons d'ordre p・agogique et professionnel. De r・entes ・udes sur l'・ucation aux ・ats-Unis appuient largement la notion qu'il est pr・・able de prendre les d・ision relatives ?la p・agogie et ? certains ・・ents de l'enseignement ?l'・helon local. Les conclusions des recherches du sociologue James Coleman de l'universit?de Chicago, qui a ・udi?les ・oles publiques et priv・s aux ・ats-Unis, rejoignent celles de Michael Rutter, qui s'est pench?sur les ・oles anglaises. Il est pr・・able de laisser aux enseignants, aux directeurs d'・ablissements et aux parents d'・・es qui constituent l'・ole les d・isions en rapport avec la p・agogie et le contenu des cours. Par leur travail commun, ils ・ablissent l'・helle des valeurs et des r・ultats, chose qu'une d・ision arbitraire n'est pas en mesure d'accomplir.
Les d・isions relatives aux m・hodes d'enseignement se pr・ent mal ?une orchestration et ?une administration centralis・s ; de fait, dans la tradition am・icaine, bon nombre de gens pensent que ?nbsp;ce qu'il faut enseigner ?devrait ・alement relever des r・ions - traduisant, entre autres choses, l'ampleur des variations r・ionales au sein de l'Am・ique moderne. Par exemple, deux villes toutes deux ports d'entr・, New York et Los Angeles, abritent plus d'un million d'immigrants chacune. L'immense diversit?ethnique, culturelle et linguistique de ces jeunes n・essite ?elle seule de trouver des r・onses adapt・s ?leurs besoins et ?leurs int・・s au niveau local.
Un point non moins important dans l'histoire moderne de la d・entralisation administrative est l'apparition de syndicats d'enseignants r・ionaux puissants. Des unit・ de n・ociation repr・entent les enseignants ?l'・helon r・ional, o?se prennent les d・isions cruciales concernant les salaires, les conditions de travail, les programmes scolaires et les dotations en personnel. Ce syst・e est si profond・ent ancr?qu'il n'existe aucun processus de n・ociation ?l'・helle de l'・at ; il n'en existe pas non plus ? l'・helle nationale, malgr?le fait que les syndicats r・ionaux rel・ent d'associations ?l'・helle de l'・at ou du pays.
L'expression selon laquelle ?nbsp;l'argent parle ?n'est nulle part plus vraie dans la vie am・icaine que dans le domaine de l'・ucation. Lorsque les collectivit・ locales r・nissent la majeure partie des cr・its pour leurs ・ablissements, elles ont un profond engagement vis-?vis de la d・entralisation administrative et sont hostiles ?toute intervention f・・ale ou de l'・at. Il n'est donc pas surprenant, ・ant donn?le r・e accru jou?par les ・ats dans le financement de l'・ucation depuis plusieurs dizaines d'ann・s, que ceux-ci commencent ・alement ?exercer un contr・e accru sur l'・ucation, entamant lentement, mais s・ement, l'immuable tradition de la d・entralisation administrative.
Les ann・s quatre-vingt ont vu l'essor aux ・ats-Unis du mouvement de l'?nbsp;excellence ? cons・uence de la pr・ccupation qu'inspirait au public la baisse du niveau scolaire. Ce courant a contribu??fournir encore un r・e au gouvernement f・・al. L'・・ement le plus important qui ait marqu?ce courant fut la publication de A Nation At Risk (Nation en danger), un rapport pr・ar??la demande du ministre am・icain de l'・ucation. Un groupe d'experts am・icains de tous horizons y affirmaient que l'on assistait ?une v・itable d・・le scolaire. Tandis que le rapport ne m・hait pas ses mots, la vue qu'il exprimait traduisait tout ?fait l'opinion du public en g・・al et des repr・entants ・us en particulier, sp・ialement parmi les l・islateurs d'・at et les gouverneurs.
C'est une chose que de vouloir am・iorer l'・ucation, c'en est une autre que d'y parvenir. Le mouvement de l'excellence a incit?la plupart des assembl・s l・islatives des ・ats ?exiger des ・ablissements scolaires r・ionaux qu'ils remontent leur niveau scolaire. M・e s'il s'agit l?en soi d'un objectif tout ?fait s・uisant et souhaitable, ce n'est pas un d・ret qui parviendra ? le r・liser. Pour le meilleur ou pour le pire, il n'est simplement pas possible d'ordonner aux ・・es de mieux faire. Obtenir de meilleurs r・ultats des ・・es est un processus dynamique qui a lieu non seulement au niveau de l'administration locale, mais aussi ? celui des ・・es. Il est possible de mettre en place un syst・e de mesures incitatives et dissuasives, de r・ompenses et de punitions afin de modifier le comportement des ・・es, mais au bout du compte, ce sont eux qui sont responsables de leur conduite.
M・e si la d・entralisation administrative se trouve parfois contest・ par les gouvernements des ・ats, explicitement ou implicitement, le contr・e de l'・at s'effectue toujours selon un processus d・ocratique. Ce que fait le peuple, il peut le d・aire, et si l'on peut se fier ?l'histoire et ?l'exp・ience, la pratique de la d・entralisation administrative, si profond・ent ancr・ dans l'exp・ience am・icaine, a de beaux jours devant elle.
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Denis Doyle est coauteur (avec David Kearns)
de
Winning the Brain
Race : A Bold Plan to Make Our Schools Competitive
(Remporter
la course aux cerveaux : un projet audacieux pour redonner ?
nos
・oles leur capacit?concurrentielle), ICS Press, San Francisco,
livre
de poche (1991), et coauteur (avec Louis Gerstner, William
Johnston et
Roger Semerad) de Reinventing Education :
Entrepreneurship in
America's Public Schools (R・nventer l'enseignement :
l'esprit d'entreprise appliqu?aux ・oles publiques), Dutton, New
York
(1994).