REGARDS SUR LA QUESTION RACIALE
La question raciale aux ・ats-Unis continue de susciter des opinions tranch・s dans toutes les couches de la soci・? ainsi que dans l'ar・e politique. Les extraits ci-apr・ repr・entent un ・hantillon de propos tenus r・emment.
Le dialogue national sur les races
New York Times :
L'appel que, soucieux d'encourager le pays ?converser sur le th・e des races, le pr・ident Clinton a lanc?le 14 juin, a fait na・re le scepticisme et des critiques de part et d'autre de la fracture raciale. Les opposants aux programmes compensatoires en faveur des minorit・ ont ・?d蜃us qu'il n'ait pas rejet?la notion, discr・it・ selon eux, des quotas et des pr・・ences raciales, tandis que les partisans d'une action plus muscl・ en mati・e de lutte contre la discrimination raciale et la pauvret?auraient aim?qu'il promette davantage de cr・its au titre de la formation et de l'・ucation (...) ?la v・it? le Pr・ident avait les yeux riv・ sur l'avenir et il a encourag?le groupe consultatif d'experts qu'il vient de constituer, et dont il a confi?la pr・idence ?l'historien John Hope Franklin, ? ・outer attentivement avant de faire des recommandations.
La question des races, des programmes compensatoires en faveur des minorit・ et de la diversit?peut ・re discut・ sans d・our. Si le discours de M. Clinton fait jaillir la discussion et qu'il d・ouche sur la prise d'actions concr・es, il pourra poser un jalon dont on gardera longtemps la m・oire (...) (Extrait d'un ・itorial paru le 16 juin 1997).
M. John Hope Franklin :
Voil?que s'offre ?nous une occasion rare, que dis-je unique, de participer ?un degr?important au r・lement du probl・e racial pratiquement irr・uctible qui tenaille notre pays depuis plus de trois si・les (...) Je dis bien pratiquement irr・uctible, parce que ce probl・e a ・?cr蜑 et entretenu par des ・res humains intelligents, et l'homme peut d・ruire ce qui a ・?fait de sa main (...)
La t・he qui a ・?confi・ ?notre groupe consultatif est intimidante tant elle est imposante (...) Nous avons l'avantage de l'entreprendre alors que la paix r・ne (...) Il nous faut donc saisir le moment pr・ent afin d'encourager une am・ioration du climat racial, des rapports entre les races et des relations raciales dans leur ensemble.
Si les rapports entre les Noirs et les Blancs ont domin?le d・at sur les relations raciales, il faut reconna・re qu'ils ont aussi influenc?les relations interethniques, interreligieuses et interraciales dans bien des endroits et ?bien des ・ards.
?nbsp;Encore des youpins ? se lamentaient des Am・icains x・ophobes d'origine europ・nne en regardant d・arquer ?New York, en 1890, des immigrants venus d'Europe de l'Est. ?nbsp;Il faut bloquer l'entr・ aux Asiatiques par tous les moyens ? exigeaient vers la fin du XIXe si・le les Am・icains ・ablis dans l'ouest du pays. ?nbsp;Il faut construire de hautes cl・ures ? r・lamaient il y a une cinquantaine d'ann・s ceux qui vivaient dans le Sud-Ouest, inquiets de voir entrer aux ・ats-Unis un nombre croissant de Mexicains et d'autres Latino-Am・icains.
Je ne sais pas combien d'Am・icains, ind・endamment de la couleur de leur peau, de leur race ou de leur origine nationale, connaissent ces vieilles histoires. Leur pertinence ・happe ?certains (...) ? ceux-l?et ?nous tous, je dis que la sagesse commence par l'acquisition du savoir et qu'il est impossible de tracer judicieusement la voie qu'il faudra emprunter demain si l'on ne conna・ pas le pass?
Le Pr・ident a pr・?un dialogue national, et je forme le souhait que nous r・ondions tous ?son appel. Si nous abordons honn・ement et sans ambages les sujets auxquels nous portons depuis longtemps de vifs sentiments, nous devons nous attendre ?retourner de temps ? autre le fer dans la plaie (...) La voie qui d・ouchera sur la paix entre les races ne se gravira pas sans difficult・ ou sans douleur. Mais le p・iple m・ite d'・re entrepris, car au bout du compte nous pouvons forger des institutions et adopter des pratiques qui nous aideront ? cimenter les collectivit・ (...)
Nous avons peu de temps pour faire sentir notre influence sur certains courants de notre soci・?qui ont de leur c・?non seulement l'anciennet?et la puissance, mais aussil'ing・iosit? Nous ne nous laisserons intimider ni par leur force, ni par leurs moyens, car nous avons pour bouclier le soutien et la bonne volont?de millions d'Am・icains (...) Que le dialogue commence (...) ? (Extraits de propos tenus le 14 juillet 1997 lors de la r・nion du Conseil consultatif pour l'initiative du Pr・ident sur les races et la r・onciliation. M. Franklin en est le pr・ident.)
M. Randall Kennedy :
L'initiative du pr・ident Clinton sur les relations raciales porte en elle un germe d'espoir, mais un p・il la menace ・alement.
Le germe d'espoir ・ane de l'examen approfondi des questions raciales qui permettra de clarifier les dilemmes de mani・e ? lever le voile sur la nature et les causes de nos d・accords. C'est une condition indispensable ?toute r・orme raisonnable. Comme le disait r・emment le Pr・ident, pratiquement tout le monde est conscient ?nbsp;du long chemin que nous avons ?parcourir ? Mais que pensons-nous exactement trouver au bout de la route ?
Souhaitons-nous former une soci・?qui soit gouvern・ par la d・ographie raciale et dans laquelle les membres du cabinet pr・identiel, les jurys s・ectionn・ pour les proc・ criminels et les ・itorialistes de salles de r・action seront ?nbsp;le reflet de l'Am・ique ?nbsp;? O?en pr・・ons-nous une qui soit gouvern・ par le principe du rejet de la discrimination et en vertu duquel les individus seront tenus de ne pas s'arr・er aux apparences ? On ne pourra comprendre les ramifications de ce choix (...) qu'apr・ m・e r・lexion et au prix d'une longue discussion. Voil?pourquoi le public doit faire la sourde oreille ?ceux qui pr・endent que nous n'avons que trop dissert?sur les questions raciales. Nous n'avons pas trop discut?nbsp;; mais nous avons trop parl?et pos?pour la galerie (...)
Pour aboutir ?un r・ultat m・orable, l'initiative du pr・ident Clinton devra cr・r des tribunes au sein desquelles des personnes r・l・hies et bien inform・s pourront discuter avec leurs concitoyens des questions raciales qui les touchent au plus profond d'eux-m・es.
On doit nous parler de ceux qui vivent dans les ghettos noirs et ?nbsp;marrons ?du pays et nous devons les entendre s'exprimer eux-m・es. Ont-ils des raisons de croire qu'en ?nbsp;suivant les r・les du jeu ?leur existence et celle de leurs enfants deviendront plus prosp・es, plus stables, plus douces ? vivre ? (...)Nous devons entendre les Blanches qui se sentent plus menac・s par un inconnu lorsqu'il est noir que lorsqu'il est blanc. Leur appr・ension est-elle raisonnable ? Nous devons ・outer des Latino-Am・icains, des Am・icains d'origine asiatique et des Noirs, qui ・rouvent du ressentiment les uns ?l'・ard des autres et qui ne s'entendent pas. Quel est le fondement de leur m・entente ? (...)
C'est en posant ces questions et d'autres encore plus pr・ises, en respectant tout un ・entail de r・onses divergentes et en acceptant d'y r・l・hir que l'on r・ssira peut-・re ?engager une conversation de nature ?promouvoir la r・lexion sur les dilemmes raciaux et que tant d'Am・icains souhaitent. (Washington Post, 15 juin 1997. M. Randall Kennedy est professeur ?la facult?de droit de l'universit?Harvard et l'auteur de Race, Crime and the Law, livre publi?cette ann・ ?New York par les ・itions Pantheon.)
M. DeWayne Wickham :
La nation multiculturelle sur laquelle mise l'initiative du Pr・ident relative aux relations raciales pourrait bien ne jamais voir le jour.
?nbsp;La plupart des immigrants se d・inissent en fonction de l'・roitesse de leurs rapports avec les Blancs et de la distance qu'ils peuvent prendre par rapport aux Noirs ? notait r・emment Mme Mary Frances Berry, pr・idente de la Commission f・・ale sur les droits civils. Si c'est le cas, la notion de couleur suscitera autant de tracasseries au cours du si・le prochain qu'elle en a suscit・s pendant celui-ci.
Si nous parvenons ?combler le foss?qui s・are les Noirs des Blancs, d'autres groupes finiront ?leur tour par se d・ager de l'・au des pr・ug・. Si nous prenons la situation ?la l・・e, elle ne pourra que s'envenimer.
Le groupe d'experts sur les relations raciales, auquel le Pr・ident a donn?un an pour terminer ses travaux, ne pourra peut-・re pas se remettre compl・ement de son faux d・art. Il doit commencer par examiner ce qui divise les Noirs et les Blancs, puis explorer les ramifications de ce conflit qui expliquent les comportements discriminatoires dont sont victimes d'autres minorit・.
Malheureusement, le groupe d'experts a d・id?de prendre pour point de d・art l'in・alit?des chances en mati・e d'・ucation et de d・ouch・ ・onomiques. C'est d・ier l'attention qui devrait ・re tourn・ sur la recherche de la cause r・lle de notre conflit racial et se concentrer ?la place sur deux de ses cons・uences les plus troublantes.
Ce sont les causes, et non pas les effets, qui m・itent d'・re ・udi・. (Version abr・・ d'un ・itorial paru le 29 juillet 1997 dans USA Today. M. DeWayne Wickham collabore ?la publication de ce quotidien.)
M. Robert Johnson :
La premi・e chose ?noter, et la plus importante, c'est que le Pr・ident, le dirigeant de notre pays, fait de la question raciale un th・e prioritaire pour les ・ats-Unis. Deuxi・ement, c'est qu'il faut attaquer la question sous l'angle des rapports entre Noirs et Blancs, et j'esp・e que le groupe de travail pr・identiel verra dans ce sujet la principale source de conflit, le b・ qui blesse. (Washington Post, 15 juin 1997. M. Robert Johnson est pr・ident-directeur g・・al de Black Entertainment Television.)
Mme Anita Allen :
Je vois dans ma famille, dans mon quartier et sur mon lieu de travail des signes encourageants quant ?la perspective de la r・lisation d'une unit?raciale capable de transcender la simple int・ration (qui tend ?l'assimilation) et le multiculturalisme (qui tend ?la balkanisation). Mais le pr・ident Clinton a raison de dire que l'on a du pain sur la planche. En tant que nation, nous devons accepter la responsabilit?morale des iniquit・ et des animosit・ qui sont les s・uelles de l'esclavage, de la s・r・ation de droit et des pr・ug・. Nous devons trouver de nouvelles id・s cr・trices, des id・s politiquement viables, pour venir ?bout des in・alit・ sur le plan ・onomique, ・ucatif et social. (Washington Post, 15 juin 1997. Mme Anita Allen enseigne ?la facult?de droit de l'universit?de Georgetown, ?Washington.)
Mme Angela Oh :
On ne peut faire de lois ni contre les mentalit・ ni contre les r・ctions visc・ales. Le gouvernement f・・al a cependant le pouvoir de donner le ton, de mettre sur le tapis des id・s que le pays peut soupeser. L'initiative du Pr・ident survient ?un moment o?nous sommes pr・s ?consid・er d'autres possibilit・ pour la seule raison que l'an 2000 approche.
En parlant des relations raciales, nous allons prendre conscience du fait que notre nation est toute jeune. Il est vrai que nous avons commis des erreurs (...) Mais nous avons conserv?une force et une autorit?auxquelles personne ne veut renoncer dans notre pays. Il est dans l'int・・ de notre nation que nous fassions cause commune, et le Pr・ident a une vision de l'avenir lorsqu'il demande ?des gens et des collectivit・ aussi divers d'engager le dialogue et de faire le point (...)
Notre pays est unique dans la mesure o?nous avons tendance ? tout consid・er sous l'angle racial. Je connais plusieurs Am・icains d'origine asiatique qui ont grandi en Am・ique latine (...) Ils se d・inissaient culturellement comme ・ant Br・ilien, Panam・n, Chilien, et non pas en fonction de leur race. Quand ils sont arriv・ aux ・ats- Unis, leur faci・ les a plac・ dans la cat・orie des Asiatiques. Ils ont alors d?red・inir leur identit?
Notre pays a toujours ・?segment? la pierre de touche ・ant la couleur de la peau ou la race. Nous sommes des Am・icains d'origine asiatique ?cause de notre apparence (...) Jamais nous n'・happerons ? l'・iquette qui nous classe parmi les ・rangers. On m'a d・? demand? quel effet cela me faisait d'・re toujours consid・・ comme une ・rang・e. Des Afro-Am・icains m'ont m・e dit qu'eux au moins savaient qu'ils ・aient ?leur place dans ce pays. C'est une question tr・ troublante quand on l'entend. On ne dit jamais aux Afro-Am・icains de retourner d'o?ils viennent (...)
Nous disposons d'un splendide instrument avec lequel nous pouvons b・ir cette nation, la Constitution des ・ats-Unis. Lorsque nos anc・res l'ont r・ig・, ils ne pouvaient certainement pas savoir que des gens comme Angela Oh figureraient au tableau. Mais ce qui est extraordinaire dans ce pays, c'est que les droits ・um・・ ont ・? interpr・・ de mani・e ?inclure les Angela Oh, les Linda Chavez- Thompson (membre du conseil consultatif) et les John Hope Franklin (...) (Los Angeles Times, 13 juillet 1997. Mme Oh, avocate ? Los Angeles, est membre du conseil consultatif du pr・ident Clinton sur les relations raciales. Elle si・e ?la Commission sur les relations humaines de la ville de Los Angeles et assiste un centre d'aide sociale pour les familles d'origine cor・nne.)
L'・alit?des chances et les programmes compensatoires en faveur des minorit・
M. Christopher Edley :
La d・ision de cibler ou non les Asiatiques ou tout autre groupe par les programmes compensatoires d・end du contexte et de la justification de ces programmes (...) Il me semble qu'au nombre des crit・es essentiels figure la question de savoir si la discrimination ?l'・ard de tel ou tel groupe persiste au point de motiver l'adoption de mesures correctives ou pr・entives, ou encore si une institution ou une organisation donn・ doit s'ouvrir ?la diversit?pour remplir sa mission avec un haut niveau d'excellence.
Dans l'ensemble, en ce qui concerne les nouveaux immigrants, il ne s'agit pas selon moi de savoir si eux-m・es ou leurs anc・res ont ・? en butte ?la discrimination. Un tel raisonnement admet par hypoth・e que la justification morale des programmes compensatoires r・ide dans la n・essit?de rectifier des erreurs du pass? Pour ma part, je ne souscris pas ?cette logique. Je me pose d'autres questions : quels sont aujourd'hui les risques de discrimination et les s・uelles des actes r・ents de discrimination ? Quels sont aujourd'hui les m・ites des efforts qui sont sp・ialement d・loy・ au nom de l'inclusion et de la diversit?dans un contexte donn?nbsp;? Je consid・e la perspective historique comme particuli・ement pertinente, parce qu'elle renforce puissamment l'imp・atif moral de l'adoption de mesures efficaces propres ?faire na・re la justice parmi les individus de toute race et des deux sexes.
S'il est probable, ?en juger d'apr・ notre pass? qu'un groupe d'immigrants surmontera relativement vite les obstacles par le simple jeu des m・anismes ordinaires de l'・alit?des chances en place aux ・ats-Unis, alors la justification des programmes compensatoires ax・ sur les consid・ations raciales n'a plus lieu d'・re. Mais si nous constatons que de nouveaux arrivants deviennent ?leur tour victimes de pratiques discriminatoires et de l'injustice qui ont fait souffrir la g・・ation les ayant pr・・・, il faut agir. Intelligemment con・s et appliqu・, les programmes compensatoires ont du bon. (Extrait d'une discussion d'un groupe d'experts sur le th・e de la proposition 209, le 5 octobre 1996. M. Christopher Edley, professeur de droit ? l'universit?Harvard, a apport?son concours ?l'initiative du pr・ident Clinton en faveur des programmes compensatoires ? l'intention des minorit・.)
MM. Jack Kemp et J.C. Watts :
Dans le discours qu'il a prononc??San Diego le 14 juin, le Pr・ident n'a sugg・?aucune fa・n d'am・iorer le syst・e actuel de programmes compensatoires en faveur des minorit・ qui se fondent sur les quotas d・ermin・ par des consid・ations raciales, les places r・erv・s et les pr・・ences. ?nbsp;Je vous demande de proposer quelque chose de diff・ent. J'y souscrirais de tout c・ur si cela repr・entait un mieux ? nous a dit le Pr・ident. Eh bien, monsieur le Pr・ident, il y a mieux (...)
Ce que nous proposons de mieux, c'est de remplacer la discrimination par les d・ouch・, la pauvret?par des emplois, le d・espoir par l'・ucation. Notre proposition d・asse le cadre simpliste et syst・atique des programmes compensatoires.
Lorsque l'on envisage la question sous un autre angle, il convient de viser non seulement l'・alit?des chances et l'application ・ergique de nos lois sur les droits civils, mais aussi l'accroissement des chances de r・ssir. Au lieu de nous perdre en discussions sur les moyens ・uitables d'assigner les places r・erv・s ?l'universit? les emplois, les adjudications administratives, nous devrions trouver des fa・ns de multiplier ces d・ouch・.
Ce que nous proposons de mieux peut se r・umer en cinq points de politique g・・ale (...) Il faudraitencourager la cr・tion d'emplois dans les quartiers pauvres ; ouvrir le syst・e ・ucatif ? l'influence des parents et ?la participation des collectivit・ ; abroger les dispositions relatives ?l'assistance sociale, tant au niveau f・・al qu'?celui des ・ats, pour s'employer ? r・ompenser, et non plus ?p・aliser, les prestataires dispos・ ?travailler, ? ・argner et ?investir pour s'assurer un avenir ind・endant ; proc・er ?la privatisation des logements sociaux et prendre d'autres mesures destin・s ?faciliter l'acc・ ?la propri・?dans les quartiers ?faible revenu et adopter des strat・ies de nature ? faire cro・re notre ・onomie nationale ?une cadence suffisante pour que tous les Am・icains y trouvent une place.
Les textes qui pourraient nous aider ?atteindre nos cinq objectifs d・ir・ ont d・?・?soumis au Congr・ et ils sont contenus dans la proposition de loi relative ?la r・ovation des communaut・. Celle-ci multiplierait les chances de r・ssir dans nos villes en ・iminant les obstacles d'ordre fiscal et r・lementaire ?la cr・tion d'emplois et d'entreprises et en facilitant l'acc・ au capital et au cr・it.
L'expansion de ces chances ne pourra se faire sans celle de l'・onomie afin que tous les Am・icains, y compris les minorit・ et les femmes, puissent donner libre cours ?leur g・ie cr・teur. Par principe, nous ne devons pas accepter l'id・ que l'embauche d'un Am・icain entra・e le ch・age d'un autre ou que l'adjudication d'un contrat ?un soumissionnaire qualifi?ait des cons・uences d・astreuses pour un autre tout aussi comp・ent.
Enfin, nous devons parvenir ?un stade de r・onciliation raciale r・lle (...) Nous devons nouer le dialogue que pr・ent le pr・ident Clinton et d'autres avec lui (...) Le c・・re abolitionniste afro- am・icain Frederick Douglass a dit : ?nbsp;Lorsque nous nous serons impos・ par notre esprit d'entreprise, notre industrie et notre r・ssite, nos difficult・ sur le plan des droits civils et politiques dispara・ront. ?(Washington Post, 8 juillet 1997. M. Jack Kemp, ant・ieurement ministre du logement, est codirecteur de Empower America, un organisme apolitique d'int・・ public qui s'emploie ?promouvoir l'adoption de politiques conservatrices et r・ormistes. M. J.C. Watts est un d・ut?r・ublicain d'Oklahoma.)
M. Ward Connerly :
Si vous ne r・ssissez pas du premier coup, red・inissez le succ・ parce que votre ・hec doit ・re la cons・uence d'examens entach・ de pr・ug・ culturels, du manque de mod・es ?imiter et du racisme de la soci・? Tel est, il me semble, le message que nous envoyons de nos jours aux jeunes Afro-Am・icains. Les jeunes sont maintenant persuad・ que le favoritisme est indispensable ?leur survie. Leur sens de la comp・ition s'est ・ouss? parce qu'ils comptent trop volontiers sur les programmes compensatoires en faveur des minorit・. Nous leur devons de mieux les pr・arer aux rigueurs d'un monde hautement comp・itif. Et nous devons ?tout ce que l'Am・ique a de bon de ne pas les laisser se convaincre que notre pays est raciste jusqu'?la m・lle (...)
Ceux qui d・endent le syst・e des pr・・ences raciales parlent souvent en termes ・ogieux de la ?nbsp;diversit?nbsp;? Que je me fasse bien comprendre : l'・ection d'aujourd'hui ne signale pas le rejet de la diversit? Ce qu'elle r・udie, c'est l'exploitation du concept de la diversit?pour justifier la discrimination. (Extrait du discours tenu par M. Ward Connerly le 5 novembre 1996 et dans lequel il f・icite les ・ecteurs de s'・re ralli・ ?la ?nbsp;Proposition 209 ? M. Connerly, membre du conseil de l'universit?de Californie, avait fait campagne pour l'adoption d'une initiative sur les droits civils, connue sous le nom de Proposition 209. Ce texte interdit au gouvernement de Californie et aux autorit・ locales d'appliquer, sur la base de la race, du sexe ou de l'origine nationale, des pratiques discriminatoires ou pr・・entielles en mati・e d'emploi et d'・ucation dans le secteur public et en mati・e d'adjudication administrative.)
Les aspects de la diversit?/B>
M. J?Hicks :
De toute ・idence, il convient de repenser le pouvoir politique et l'influence des Noirs, en particulier de ceux des villes, dans le contexte d'une Am・ique dont la diversit?est loin de se limiter aux Noirs et aux Blancs. Qu'entend-on donc par int・ration raciale dans un contexte d・ographique qui change continuellement ? (...)
La redistribution de la composition raciale des villes am・icaines, caract・is・ par la diminution de la part relative des Afro- Am・icains, conjugu・ au scepticisme croissant de ces derniers vis-? vis du bien-fond?de l'int・ration, ont ・ranl?les notions traditionnelles d'?nbsp;int・ration ?et d'?nbsp;assimilation ? Dans les ann・s 1960, l'int・ration ・ait synonyme d'inclusion dans une population essentiellement d・inie par les Am・icains d'origine europ・nne. Aujourd'hui, l'int・ration doit ・re synonyme d'inclusion, d'engagement et de participation dans un pays que le paradigme noir-blanc est bien loin de d・inir. (Los Angeles Times, 20 juillet 1997. M. J?Hicks a ・?directeur ex・utif de la Southern Christian Leadership Conference, organisme de promotion des droits civils qui vise ?l'・alit?des chances par le biais de l'action politique et ・onomique.)
M. Raul Yzaguirre :
Notre pays est assur・ent ?la crois・ des chemins, et les Latino- Am・icains doivent choisir leur bifurcation. Il est imp・atif que notre pays s'entende sur la fa・n de r・gir aux t・hes difficiles qui nous attendent. Si nous persistons, par choix, ?s・arer nos int・・s - et nos collectivit・ - en prenant pour crit・es la puissance, l'intelligence ou le ?nbsp;m・ite ? il est certain que nous courrons ?l'・hec. La cicatrisation dont le pr・ident Clinton a si ・oquemment parl?dans son deuxi・e discours d'investiture ne se fera pas tant que nous n'aurons pas pris des mesures compensatoires et ・ergiques en faveur de l'inclusion, dans un souci d'honn・et? vis-? vis de notre identit?en tant qu'individus et en tant que nation. (M. Raul Yzaguirre est pr・ident d'une association priv・ sans but lucratif, le National Council of La Raza, qui s'emploie ? am・iorer les conditions de vie des Latino-Am・icains.)
M. Samuel Betances et Mme Laura Torres Souder :
La discrimination est un poison mortel. L'inclusion est une question de bon sens pour les entreprises. Les nouvelles tendances d・ographiques annoncent un nouveau climat du monde des affaires (...) Mettre toute la palette des couleurs de la main-d'・uvre au service des entreprises ne pourra que faire le jeu de celles-ci, enrichies qu'elles seront par la diversit?des fa・ns d'appr・ender le monde et par la multitude des points de vue, des passions et des talents.
Les Afro-Am・icains, et bien d'autres groupes avec eux, recueilleront les fruits d'un syst・e non raciste, parce qu'ils se sont inlassablement battus pour ・iminer la discrimination. Leur combat s'est r・・?une aubaine pour tous les groupes qui aspirent ? l'inclusion, au respect et ?la juste r・ompense de leurs efforts. Par cons・uent, tous les groupes doivent prendre r・olument parti contre le racisme. (Extrait d'un discours prononc?le 11 juillet 1997 ? l'Agway Technical Center, ?Ithaca dans le New York, sur le th・e des avantages de la diversit?pour les entreprises. Ses auteurs sont, respectivement, premier consultant et directrice g・・ale de la soci・?Souder, Betances and Associates de Chicago, dans l'Illinois.)