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LES FRAUDES SUR LES
VALEURS
MOBILI・ES,
Jim Fuller
Une association de promoteurs
am・icains et
allemands propose aux investisseurs, par l'interm・iaire
d'Internet,
ce qui semble ・re une bonne affaire : la possibilit・
d'acheter
des actions d'une nouvelle entreprise en pleine expansion qui
pourraient rapporter jusqu'・420 % par an. L'association
recueille
plus d'un million de dollars en affirmant aux investisseurs que
leur
placement initial est garanti par une grande banque et assur・
contre
les pertes. Malheureusement, la banque en question n'existe pas.
Poursuivis en justice, les auteurs de l'escroquerie se voient
intimer
l'ordre de rembourser les investisseurs.
D'apr・ un responsable de la Commission des op・ations en
bourse
des ・ats-Unis (COB), les cas de violation des r・lements sur les
placements en bourse tels que celui-ci se font de plus en plus
fr・uents ・mesure que l'usage d'Internet se d・eloppe et qu'un
public
de plus en plus nombreux utilise ce m・ium pour acheter des
valeurs
mobili・es et pour investir.
Un sondage r・ent indique que le nombre de m・ages am・icains
ayant
acc・ ・Internet a plus que doubl・en 1996 et a atteint 14,7
millions.
L'explosion de l'utilisation d'Internet a ・alement ouvert des
possibilit・ extraordinaires dans les domaines des valeurs
mobili・es,
des investissements et du commerce. Les investisseurs peuvent
communiquer avec pratiquement tous les intervenants imaginables
sur le
march・et trouver des dossiers complets sur les entreprises, ・
peu de
frais et sans jamais quitter leur domicile.
Forrester Research, cabinet-conseil de Cambridge
(Massachusetts),
pr・oit que le nombre de comptes en ligne passera de 1,5 million
en
1996 ・10 millions en 2001. D'apr・ l'Association am・icaine des
investisseurs individuels, 33 agents de change offrent ・pr・ent
des
transactions en ligne sous une forme ou une autre, alors qu'ils
n'・aient que 12 ・le faire en 1995.
Par ailleurs, John Reed Stark, conseiller sp・ial pour les
projets
d'Internet ・la Division de l'application des r・lements au sein
de la
COB, a d・lar・dans une interview que la croissance spectaculaire
des
investissements en ligne avait ・alement un envers sombre, ・
savoir
les escrocs et les voleurs ・l'aff・ d'investisseurs cr・ules ・
gruger.
・nbsp;・ant donn・la diversit・des possibilit・
d'investissements,
pour la plupart dans des titres non inscrits ・la cote officielle
offerts par Internet, la COB est tr・ consciente de l'usage du
Web en
tant qu'instrument pratique dont les escrocs se servent pour
tromper
les investisseurs, dit M. Stark. La COB a intent・・ce jour toute
une
s・ie de poursuites dans des affaires de placements offerts par
Internet. ・
Les escrocs peuvent, ・tr・ peu de frais et ・partir d'un
bureau en
sous-sol ou de leur salle de s・our, produire une page du Web de
meilleure allure que celle d'une des cinq cents plus grandes
entreprises cit・s dans la revue ・nbsp;Fortune ・ Ils
peuvent
m・e ins・er un lien hypertexte qui renvoie ・la page d'accueil
de la
COB ・c・・d'une r・・ence ・une valeur mobili・e, dont ils
pr・endent
qu'elle a re・ ・nbsp;l'approbation ・de la COB.
De m・e, l'escroc peut ・ablir une liste d'utilisateurs ・
partir
des abonn・ ・un bulletin d'actualit・ desservant les
investisseurs,
communiquer ・ceux-ci les tout derniers ・nbsp;tuyaux ・sur
un
nouveau placement pr・endument des plus int・essants, et les
renvoyer
・un site du Web ou ・un num・o de t・・hone vert. De cette
mani・e,
au prix d'un minimum d'efforts, de temps et d'argent, il peut
atteindre un nombre illimit・de victimes potentielles. Ces
escrocs
combinent les capacit・ des professionnels du publipostage et les
tactiques agressives des t・・endeurs.
・nbsp;Les escrocs d'Internet ont toute libert・d'envoyer des
informations sur des produits d'investissement fictifs ・tous les
gens
・uip・ d'un modem, que cela leur plaise ou non, ajoute M. Stark.
Il
n'est, bien s・, pas possible mat・iellement de les emp・her de
se
livrer ・ces pratiques, mais nous pouvons les poursuivre et
fermer
leur site Web. ・
Un escroc peut ・alement intercepter le courrier ・ectronique
d'un
dirigeant d'une soci・・cot・ en bourse, le modifier en y
introduisant
de fausses informations, et l'envoyer instantan・ent ・des
millions de
personnes pour essayer de manipuler les prix d'une action.
・nbsp;Tout comme les cambrioleurs qui s'introduisent
subrepticement dans les locaux, note M. Stark, les manipulateurs
d'actions peuvent voler une identit・et se l'approprier, ・cette
diff・ence pr・ que les voleurs cybern・iques n'ont pas besoin de
faire de l'escalade par les goutti・es pour p・・rer dans les
b・iments ou de porter un masque pour dissimuler leur
identit・ ・
Selon M. Stark, la plus grave pr・ccupation actuelle sont les
services financiers offerts sur Internet par des ・rangers :
agents de changes, soci・・ de bourse, conseillers en
investissements,
etc., en raison des difficult・ qu'il y a ・engager des
poursuites
judiciaires. Les agents de change ・rangers qui op・ent ・partir
de
leur pays peuvent vendre leurs services aux investisseurs
am・icains
sans jamais passer de fronti・e. Leurs activit・ peuvent ・re
licites
dans leur propre pays, mais violent souvent les stricts
r・lements
d'inscription et autres dispositions de la loi am・icaine sur la
n・ociation des valeurs mobili・es.
・nbsp;Tout cela est un gigantesque nid de gu・es, dit M.
Stark.
・ant donn・les multiples probl・es li・ aux enqu・es et aux
poursuites judiciaires des entit・ extraterritoriales, qu'il
s'agisse
de la signification d'une assignation ・compara・re ou de la
localisation de biens sujets ・extradition, les autorit・
internationales doivent coop・er en appliquant les trait・ en
vigueur,
les m・orandums d'accord et autres accords internationaux tant
officiels qu'officieux. ・
En ce qui concerne les mesures que prend la COB pour prot・er
les
investisseurs internautes, M. Stark est prompt ・noter qu'elle
n'a pas
demand・de nouvelles dispositions l・islatives ou r・lementaires
pour
appr・ender et traduire en justice les auteurs d'infractions aux
r・lements sur les valeurs qui op・ent par Internet, et que
l'intervention du Congr・ ne semble pas n・essaire.
・nbsp;Les escroqueries par Internet ne sont pas diff・entes
des
arnaques du pass・ dit-il. La seule diff・ence est le m・ium
employ・
En cons・uence, les armes actuelles contre la fraude sont
amplement
suffisantes. Par exemple, les dispositions antifraude de la Loi
de
1934 sur les valeurs mobili・es s'appliquent ・toute
communication
frauduleuse, que celle-ci se fasse par ・rit, par la radio, la
t・・ision ou Internet. ・
Afin de d・ister les escrocs, la COB proc・e selon une
d・arche ・
composantes multiples comprenant la surveillance, l'・ucation et
l'auto-r・lementation des usagers d'Internet. Dans le cadre de
ses
efforts de surveillance, la division de M. Stark ・la COB emploie
des
logiciels de navigation ・la pointe du progr・ pour explorer
Internet
et du mat・iel puissant tel que les ordinateurs ・processeur
Pentium.
La COB a aussi form・r・emment une ・nbsp;Cyberforce ・
compos・
d'un groupe de volontaires qui passent plusieurs heures par
semaine ・
・nbsp;surfer ・sur le Web ・la recherche de cas
d'infractions ・
la r・lementation des valeurs mobili・es.
La division de M. Stark a ・alement ・abli un site Web appel・
・nbsp;Le Centre de traitement des plaintes ・ auquel on
acc・e
par un lien ・partir de la page de la COB, qui permet aux
utilisateurs
d'Internet de notifier directement la COB s'ils soup・nnent des
irr・ularit・. Le site re・it une cinquantaine de messages par
jour,
dont plus de 75 % sont utiles aux enqu・es ou aux r・・ences de
la
COB. Le Centre de traitement des plaintes se trouve ・l'adresse
suivante : http ://www.sec.gov/enforce/comctr.htm.
・nbsp;Il existe une remarquable culture d'autor・lementation
chez
les usagers individuels d'Internet qui r・rouvent les agissements
des
escrocs qui tentent d'exploiter Internet, culture qui encourage
les
usagers ・signaler les offres douteuses ・ises sur le Web. ・
Dans le domaine de l'・ucation, la COB publie un document
intitul・
Alerte des investisseurs, contenant une analyse des types de
fraudes ・
l'investissement et des abus en ligne, avec des suggestions pour
les
investisseurs sur la mani・e d'・iter de devenir les prochaines
victimes. Le bulletin d'alerte donne m・e une liste des
v・ifications
・effectuer avant d'effectuer des placements par Internet.
La COB a ・alement ・abli une base de donn・s en ligne, nomm・
Edgar (http://www.sec.gov/edgarhp.
htm
), qui fournit les ・ats trimestriels et les rapports de
gestion
des soci・・, et qui est actualis・ quotidiennement. La COB
esp・e
qu'Edgar contribuera ・limiter les manipulations des cours en
bourse
en donnant aux investisseurs les toutes derni・es informations.
・ant donn・l'・endue des activit・ illicites sur Internet, la
division de M. Stark coordonne ses efforts de police avec
d'autres
organismes charg・ de l'application des lois, y compris le
minist・e
de la justice des ・ats-Unis, le Bureau f・・al d'enqu・es (FBI),
la
Commission f・・ale des communications, la Commission f・・ale du
commerce, et de multiples autres autorit・ charg・s de
l'application
des lois civiles et p・ales.
En d・embre dernier, la COB s'est associ・ ・trois autres
organismes f・・aux et aux instances de r・lementation locales de
vingt-quatre ・ats pour parrainer une ・nbsp;Journ・ de
surfing ・
qui a abouti ・l'identification de plus de cinq cents
cyber-escrocs.
D'apr・ M. Stark, les soci・・ qui offrent ou n・ocient des
titres
par Internet doivent donner ・leurs clients les m・es
protections,
souvent consid・・s comme ・identes, que celles qui leur sont
assur・s
dans les op・ations traditionnelles pratiqu・s sur les places
boursi・es am・icaines. Ces protections devraient consister ・
exiger : 1) que les fonds et les titres de l'investisseur
soient
trait・ de mani・e r・lementaire ; 2) que les investisseurs
comprennent les risques inh・ents aux valeurs mobili・es souvent
non
liquides et sp・ulatives qui se n・ocient sur Internet ; 3)
que
les acheteurs soient inform・ des cours r・ents de l'action qui
les
int・esse ; 4) que les soci・・ fournissent des informations
r・uli・es et ad・uates.
__________
Jim Fuller ・rit des articles sur les techniques
de
l'information
et sur d'autres questions d'int・・ mondial pour l'Agence
d'information des ・ats-Unis.
Revue ・ectronique de l'USIA, volume 2, num・o 4, octobre 1997 |