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La prosp・it?d'un pays d・end des investissements
consacr・ ?la population
Andrew Natsios Directeur de l'Agence des ・ats-Unis pour le d・eloppement
international
A travers le monde, plus de 800 millions de personnes souffrent
de sous-alimentation chronique, 113 millions d'enfants ne vont pas ?l'・ole, et l'・id・ie
croissante de VIH/sida menace les syst・es de soins m・icaux et de services sociaux,
d・?fragiles, indique le directeur de l'Agence des ・ats-Unis pour le d・eloppement
international (USAID), M. Andrew Natsios. « Si la communaut?mondiale
ne s'attaque pas ?la pauvret?et ?la faim, affirme-t-il, nous pouvons nous attendre ?voir
les crises humanitaires se multiplier, les conflits internes s'intensifier en nombre et en
violence, et les conditions de vie se d・・iorer pour les habitants les plus pauvres de la
plan・e. »
M. Natsios entend r・rienter les ressources de l'USAID de mani・e ?fournir un
soutien et des fonds suppl・entaires ?l'agriculture, en particulier en Afrique, ?inciter les
agriculteurs africains ?adopter les techniques agricoles les plus modernes et ?privil・ier
les d・arches r・ionales et coordonn・s qui ont pour objet de faire reculer la pauvret?et
la sous-alimentation. La panoplie de strat・ies qu'il compte mettre en place ?l'USAID
dans le contexte de la lutte contre la pauvret?porte ・alement sur la cr・tion de
microentreprises, l'・ucation (?commencer par celle des femmes et des filles) et les
recherches sur diverses maladies, dont le sida, avec traitement curatif ?la
cl?
L'Agence des ・ats-Unis pour le d・eloppement international (USAID) est la
principale institution du gouvernement am・icain qui ait pour mission de combattre la
pauvret?au moyen de la croissance ・onomique, d'・adiquer la sous-alimentation en
accroissant la production agricole et de pr・enir les conflits dans les pays en
d・eloppement du monde entier. L'USAID vient en aide aux victimes de catastrophes,
aux personnes qui s'efforcent d'・happer ?la pauvret?et ?celles qui s'engagent dans la
voie des r・ormes d・ocratiques.
Notre action men・ en liaison avec des gouvernements et des partenaires priv・
du monde entier s'est sold・ par des r・ultats impressionnants, alors m・e que la
population mondiale a doubl?depuis 1960 et que le monde compte aujourd'hui plus de 6
milliards d'habitants. Au cours des 30 derni・es ann・s, le pourcentage des individus qui
vivent dans la mis・e a pratiquement diminu?de moiti? De nos jours, la majorit?des
habitants de la plan・e jouissent d'un niveau de vie acceptable et ils sont en mesure de
faire vivre leur famille. Ils vivent dans des pays qui se sont ralli・ ?l'・onomie de march?
et ?diverses formes d・ocratiques de gouvernement.
Au cours des 50 derni・es ann・s, le taux de mortalit?infantile et juv・ile a
diminu?de moiti?dans les pays en d・eloppement, et les conditions sanitaires se sont
am・ior・s de mani・e sans pr・・ent dans le monde entier. Nous avons contribu??
・adiquer la variole et nous viendrons bient・ ?bout de la poliomy・ite. Le taux
d'alphab・isation est pass?de 35 % ?70 % en l'espace de 30 ans, et le taux de
scolarisation dans le primaire a tripl?
?un certain ・ard, la communaut?mondiale a r・lis?un tour de force en
r・ssissant ?garantir ?chaque g・・ation qu'elle vivra mieux que la pr・・ente, c'est-?
dire qu'elle sera en meilleure sant? plus prosp・e et davantage capable de continuer ?
am・iorer son sort au prix de diverses innovations et d'investissements judicieux.
Les d・is de la pauvret?et de la sous-alimentation
Mais au lieu de nous reposer sur nos lauriers, il nous faut penser aux t・hes qui
restent ?accomplir. Plus de 1,2 milliard d'habitants ont moins de 1 dollar par jour pour
vivre. Plus de 800 millions souffrent chroniquement de la faim, ce qui les emp・he de
mener une vie saine et active. Plus de 113 millions d'enfants ne sont pas scolaris・, et
beaucoup d'entre eux sont exploit・, voire tenus en esclavage, sur le march?du travail.
L'・id・ie croissante de VIH/sida est une source de souffrances r・lles pour des millions
de gens ; elle fait des millions d'orphelins et elle menace les syst・es de soins
m・icaux et de services sociaux, d・?pr・aires.
Si la communaut?mondiale ne s'attaque pas ?la pauvret?et ?la sous-
alimentation, nous pouvons nous attendre ?voir les crises humanitaires se multiplier, les
conflits internes s'intensifier en nombre et en violence, et les conditions de vie se
d・・iorer pour les habitants les plus pauvres de la plan・e. Ce climat de m・ontentement
et de d・resse a des r・ercussions directes sur l'action de notre institution : pr・ des
deux tiers des pays dans lesquels l'USAID a ・abli une mission ont ・?ravag・ par une
guerre civile au cours des 5 derni・es ann・s, ce qui a eu pour effet dans certains cas de
r・uire ?n・nt des ann・s de progr・ ・onomiques et politiques, de d・ruire les syst・es
de sant?et d'・ucation et de provoquer l'exode des habitants ais・ et instruits.
La pauvret?et l'ins・urit?alimentaire constituent une lourde hypoth・ue. La
lutte contre ces probl・es repr・ente, pour nous autres Am・icains, aussi bien une
question d'int・・ personnel qu'un imp・atif moral. L'USAID assume sa part d'obligations
dans ce domaine en s'employant ?accro・re les revenus et la s・urit?alimentaire au
moyen de programmes ?caract・e participatif qui sont ax・ sur la croissance et la
lib・alisation ・onomiques, en liaison avec d'autres programmes destin・, eux, ?
promouvoir la sant? l'・ucation et la conduite des affaires publiques dans le respect de la
d・ocratie. Forts de notre exp・ience acquise au long de plusieurs d・ennies, nous
savons que nos programmes de d・eloppement, minutieusement coordonn・ et appliqu・,
sont capables ?long terme d'accro・re le revenu r・l et la s・urit?alimentaire de mani・e
durable.
L'Afrique : une vraie gageure r・ionale
C'est l'Afrique subsaharienne qui pose le plus grand d・i ?la communaut?
mondiale, et ?l'USAID. Alors que le taux de pauvret?s'est g・・alement inscrit en recul
dans presque toutes les parties du monde au cours des ann・s 1990, on a observ?le
ph・om・e inverse dans le continent africain. De m・e, alors que le nombre de
personnes sous-aliment・s devrait consid・ablement diminuer dans la plupart des parties
du monde avant 2015, il est probable qu'il augmentera en Afrique d'environ 10 millions
par an tout au long de la prochaine d・ennie. D'ici ?2010, 435 millions d'Africains
pourraient se heurter ?une grave ins・urit?alimentaire.
Pour stimuler le d・eloppement ・onomique et donner ainsi aux Africains les
moyens de travailler et de prosp・er, nous devons avant tout d・elopper le secteur
agricole. En Afrique, 70 % des pauvres, si ce n'est plus, vivent dans les zones rurales, et
c'est de l'agriculture qu'ils tirent leur revenu, en totalit?ou en partie ; la sous-
alimentation est en cause dans 55 % des d・・ d'enfants. Au vu de la d・endance de
l'Afrique vis-?vis de l'agriculture, le rel・ement des revenus agricoles aura pour effet de
cr・r des emplois, ce qui contribuera du m・e coup ?accro・re les revenus dans d'autres
secteurs.
Sous l'・ide du gouvernement de M. Bush, je compte r・rienter les ressources et
les strat・ies de l'USAID de mani・e ?fournir un soutien et des fonds suppl・entaires ?
l'agriculture, en particulier en Afrique. Nous visons l'objectif pr・is d'・adiquer la famine,
d'am・iorer la nutrition et les habitudes alimentaires des familles pauvres, de r・uire
consid・ablement la mis・e et d'att・uer la disparit?des revenus entre les familles des
zones rurales et celles des agglom・ations urbaines. ?cette fin, nos strat・ies de
d・eloppement ・onomique s'appuieront sur plusieurs principes fondamentaux.
En premier lieu, nous savons que toute politique ・onomique qui se fonde sur
des connaissances scientifiques et sur l'・onomie de march?donne aux agriculteurs et ?
ceux qui transforment les produits agricoles les incitations dont ils ont besoin pour
produire. Au Mali, par exemple, l'USAID a appuy?les r・ormes institutionnelles et de
politique g・・ale qui avaient ・?entreprises vers le milieu des ann・s 1980 dans le
double but d'encourager les investissements dans l'・aboration de vari・・ am・ior・s de
riz et dans la mise au point de nouvelles techniques de transformation des produits, d'une
part, et d'am・iorer la gestion des ressources tant agricoles que naturelles, d'autre part.
R・ultat : la production malienne de riz dans la zone int・ieure du delta a doubl?
entre 1993 et 2000.
En second lieu, nous voulons que les agriculteurs africains adoptent les
techniques agricoles les plus modernes. Comme nous avons pu le constater au Mali et
ailleurs, celles-ci peuvent effectivement accro・re la productivit?nbsp;; encore faut-il
que les agriculteurs y aient acc・ et qu'ils sachent les mettre ?profit.
En troisi・e lieu, nous devons tenir compte du facteur
« ampleur ». Le fait est que la pauvret?et la sous-alimentation
dans un pays, lorsqu'elles sont port・s ?l'extr・e, entra・ent des d・lacements de
population et des cons・uences ・onomiques dont l'effet se ressent jusque dans les pays
voisins. Dans le souci de promouvoir une croissance ・onomique durable, j'entends
privil・ier les d・arches r・ionales et coordonn・s qui visent ?combattre la pauvret?et
la sous-alimentation.
La cr・tion de microentreprises constitue un autre ・・ent important de la
strat・ie de d・eloppement ・onomique de l'USAID. En mettant des capitaux et une
formation commerciale ?la port・ d'entrepreneurs pauvres, l'USAID a aid?des millions
de personnes ?monter de petites entreprises et ?relever leur niveau de vie, ce qui s'est
aussi traduit par la cr・tion d'emplois dont d'autres millions de personnes ont pu
b・・icier. Des institutions appuy・s par l'USAID ont ainsi consenti des pr・s d'un
montant moyen de 214 dollars ?plus de 250.000 Africains, le taux de remboursement
・ant sup・ieur ?98 %.
Par ailleurs, l'USAID contribue ?la cr・tion de d・ouch・ en aidant les pays en
d・eloppement ?devenir des partenaires au plein sens du terme dans le syst・e
commercial mondial. Certes, les march・ int・ieurs continueront de rev・ir de
l'importance, mais il faut ajouter que les march・ r・ionaux et mondiaux offrent ?
l'Afrique la possibilit?d'exporter des produits agricoles et d'autres produits l?o?la
demande leur permettra d'augmenter leurs revenus. L'USAID joue un r・e de chef de file
mondial pour ce qui est d'aider les pays africains ?acqu・ir les connaissances dont ils ont
besoin afin de participer aux n・ociations commerciales et d'assumer leurs obligations en
vertu des accords commerciaux.
Comme je le disais pr・・emment, toute strat・ie de r・uction durable de la
pauvret?d・asse le cadre de la cr・tion de d・ouch・. Si nous voulons garantir une
croissance ・onomique stable ?long terme, il nous faut nous attaquer aux questions
sanitaires et sociales.
En Afrique, le sida est la plus lourde hypoth・ue qui p・e sur le d・eloppement.
Au cours des 20 prochaines ann・s, les pays les plus touch・ verront dispara・re entre 13
et 23 % de leur main-d'・uvre. Il faudra alors composer avec une importante p・urie
d'ouvriers agricoles au moment m・e o?il sera n・essaire d'accro・re le revenu agricole
en Afrique pour asseoir la prosp・it? Les ・ats-Unis sont le fer de lance de l'action
mondiale qui est engag・ pour combattre le VIH/sida, et le pr・ident George W. Bush a
donn?pour instructions ?l'ensemble de son cabinet de structurer la r・onse des ・ats-
Unis face ?cette crise. La d・arche retenue par les ・ats-Unis consiste ?mettre en valeur
la pr・ention et l'information ; elle n'・ude pas non plus la question des
traitements, la prise en charge des orphelins, les mesures propres ?enrayer la
transmission de la m・e ?l'enfant, la question de la disponibilit?de m・icaments d'un
prix abordable, les syst・es de prestations, l'infrastructure et la formation m・icale. Bien
entendu, la recherche de vaccins et d'un traitement curatif y tient ・alement une place.
Par ailleurs, l'USAID finance des initiatives de grande envergure visant ?combattre
d'autres maladies, tels le paludisme et la tuberculose.
Je n'insisterai jamais suffisamment sur l'importance qu'il y a d'・re instruit pour
pouvoir participer ?une ・onomie mondiale et interd・endante. Comme le disait
r・emment le pr・ident Bush, « l'instruction forme la base de la d・ocratie
et du d・eloppement ». En fait, il n'y a pas de meilleure fa・n d'investir dans
le d・eloppement que de financer l'・ucation des femmes et des filles. Le pr・ident a
demand?au secr・aire d'・at, M. Colin Powell, et ?moi-m・e d'・aborer une initiative
visant ?am・iorer l'・ucation de base et la formation des enseignants en Afrique, sans
consid・ation de sexe, et il s'est engag??consentir des fonds suppl・entaires en ce sens.
Am・iorer l'efficacit?de l'USAID : les quatre piliers
Pour combattre plus efficacement la pauvret? je compte remanier enti・ement le
mode de fonctionnement de l'USAID en mettant quatre composantes fondamentales en
valeur, ?savoir le pilier « Alliance en faveur du d・eloppement dans le
monde », le pilier « croissance ・onomique, agriculture et
commerce », le pilier « sant?mondiale » et le
pilier « d・ocratie, conflit et assistance humanitaire ».
L'int・ration ?ces composantes des programmes en vigueur et de ceux qui seront mis en
place ?l'avenir, les uns et les autres se renfor・nt mutuellement, permettra ?l'USAID de
faire un emploi plus rationnel de ses maigres ressources budg・aires et humaines et de
d・inir plus clairement ses programmes.
Le pilier « Alliance en faveur du d・eloppement dans le
monde ». Ces derni・es ann・s, le mode de financement de l'aide ext・ieure
a consid・ablement ・olu? La mondialisation de l'・onomie fait que les pouvoirs publics
ne sont plus les seuls ?assurer un certain nombre de services publics, m・e si leur r・e
demeure essentiel. En effet, les institutions confessionnelles, les organisations non
gouvernementales, les fondations, les universit・ et les entreprises du secteur priv?
tiennent aujourd'hui une place nettement plus importante dans la prestation de ces
services et la r・lisation d'objectifs ?caract・e public.
Les organismes et les entreprises des ・ats-Unis ne demandent pas mieux que de
porter secours aux habitants les moins fortun・ de la plan・e, et ils s'y emploient d・?
mais un grand nombre d'entre eux ne savent pas comment s'y prendre pour apporter une
aide efficace aux pays en d・eloppement. De son c・? l'USAID n'a pas ・?pr・ar・ ?
tirer pleinement parti des ressources que ces entit・ priv・s peuvent mettre ?sa
disposition. L'« alliance » que je propose mettra fin ?cette
situation, dans la mesure o?elle vise ?rechercher des partenaires qui sont pr・s ?affecter
des ressources r・lles (sous la forme de financement, d'informations ou de personnel) ?
l'appui des programmes de d・eloppement. Avec eux, nous forgerons des alliances
destin・s ?cibler des objectifs pr・is et nous veillerons ?mobiliser des capitaux aupr・
de fondations et de soci・・.
Le pilier « croissance ・onomique, agriculture et commerce ». Ce pilier met en relief l'interd・endance des liens qui existent
entre la croissance ・onomique, le d・eloppement du secteur agricole, le commerce
international, la durabilit?de l'environnement et la valorisation du capital humain d'un
pays, l'objectif ultime ・ant de cr・r et de maintenir une ・onomie viable et orient・ sur le
march?
Le pilier « sant?mondiale ». Ce pilier regroupe la
sant?maternelle et infantile, la nutrition, la sant?g・・ique de la femme, le VIH/sida et
les programmes con・s pour combattre diverses maladies infectieuses, tels le paludisme
et la tuberculose. Ces questions rev・ent un caract・e mondial, ?la mesure de leurs
cons・uences : la sant?d'une population affecte directement sa productivit? et les
maladies qui ne sont pas tenues en ・hec ?l'・ranger font courir des risques ?notre pays.
Le pilier « d・ocratie, conflit et aide humanitaire ».
Ce pilier rappelle le r・e de fer de lance mondial de l'USAID en mati・e d'aide aux
victimes de catastrophes naturelles ou d'origine humaine. Il reconna・ aussi qu'il ne suffit
pas de r・gir ?ces ・・ements : il nous faut apprendre ?pr・enir les conflits qui
susceptibles de d・oucher sur une crise humanitaire et, le cas ・h・nt, aider les
populations ?repartir sur une base plus solide. Nous allons int・rer les programmes de
l'USAID en faveur de la d・ocratie aux nouvelles formules que nous ・aborerons tant en
vue de l'analyse des crises et des conflits que pour aider les parties ?un conflit ?r・ler
pacifiquement leurs diff・ends.
Conclusion
Les nouvelles m・hodes et strat・ies dont elle se dotera permettra ?l'USAID de
coordonner ses interventions et de d・ager des ressources substantielles aupr・ du secteur
priv?au nom de la lutte contre la pauvret?et la faim dans les pays les plus pauvres de la
plan・e. Nous avons pour objectif d'aider les personnes vivant dans le d・uement ?
am・iorer leur existence et ?construire une soci・?capable de devenir un partenaire
commercial stable et fiable. Dans ce sens, l'USAID sert les objectifs de politique
・rang・e des ・ats-Unis et elle refl・e l'instinct humanitaire profond du peuple am・icain.
Pour cette raison, on verra le monde devenir plus s・, plus prosp・e et plus libre que
jamais.
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