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Lib・aliser le commerce pour lutter contre la pauvret?
Alan Larson
Sous-secr・aire d'・at charg?des questions ・onomiques, commerciales et agricoles
au d・artement d'・at
La lib・alisation du commerce peut ・re un puissant instrument de
d・eloppement et de lutte contre la pauvret?dans le monde, affirme le sous-secr・aire
d'・at charg?des questions ・onomiques, commerciales et agricoles, M. Alan Larson. En
effet, dit-il, le libre-・hange abaisse le prix des produits de premi・e n・essit?comme la
nourriture et l'habillement, d・ourage la corruption et permet ?la d・ocratie de se
d・elopper, ce qui entra・e une am・ioration de la qualit?de la vie, en particulier pour les
pauvres.
Les pays industriels peuvent aider les pays en d・eloppement en leur accordant
un plus grand acc・ ?leur march? indique-t-il. Toutefois, ・ant donn?que le commerce
entre pays en voie de d・eloppement repr・ente actuellement 40 % du volume total de
leurs ・hanges, une nouvelle s・ie de n・ociations commerciales internationales leur
donnerait la possibilit?de r・uire, en m・e temps que leurs voisins, les obstacles au
commerce et leur permettrait ainsi de participer davantage ?l'・onomie
mondiale.
Les pays qui jouent un r・e actif sur le march?mondial prosp・ent. Leur r・ime
politique et leur soci・?s'ouvrent davantage, offrant de nouvelles possibilit・ ?leur
population. Comme l'a d・lar?le pr・ident George W. Bush : « Le
libre ・hange est le seul moyen av・?qu'ont les pays en voie de d・eloppement de se
soustraire ?la pauvret? Lorsque les pays sont coup・ du reste du monde, leur population
paie un lourd tribut (...) Ceux qui condamnent le libre-・hange condamnent les pauvres ?
une pauvret?permanente. »
La lib・alisation du commerce a un effet profond sur la croissance et la pauvret?
parce que le libre-・hange ouvre les ・onomies ?la concurrence et les soci・・ ?la
comparaison. Le libre-・hange cr・ des possibilit・ en permettant l'affectation des
ressources ?des fins productives, am・iorant ainsi le niveau de vie de la population. Il
contribue ?cr・r un climat favorable aux investissements, d・ourage la corruption et fait
bon accueil aux id・s nouvelles, permettant ?la d・ocratie de prendre racine et de se
d・elopper. Il abaisse le prix des produits de premi・e n・essit?tels que la nourriture et
l'habillement, ce qui entra・e une am・ioration de la qualit?de la vie, en particulier pour
les pauvres.
Le r・e du libre-・hange dans la croissance ・onomique et dans la r・uction de
la pauvret?/B>
La croissance ・onomique est le principal moyen qu'ont les pays de r・uire la
pauvret? Plusieurs ・udes empiriques effectu・s derni・ement par des ・onomistes de la
Banque mondiale concluent que les pays en voie de d・eloppement qui ont r・uit les
obstacles au commerce et accru leurs ・hanges au cours des 20 derni・es ann・s
connaissent une croissance ・onomique plus forte que les autres.
Ces ・udes montrent que la lib・alisation du commerce favorise la baisse du taux
d'extr・e pauvret?sans pour cela accro・re la disparit?des revenus. C'est ainsi que les
pays en voie de d・eloppement qui ont r・uit les obstacles au commerce dans les ann・s
1980 et 1990 ont connu une croissance moyenne par habitant de 3,5 % et de 5 %
respectivement. La disparit?des revenus n'a pas augment?dans ces pays; au contraire, les
revenus des pauvres ont eu tendance ?corr・er ・roitement avec la croissance g・・ale du
produit int・ieur brut.
Les contributions du libre-・hange ?la croissance ne se limitent pas ?
l'am・ioration de la balance commerciale d'un pays. Le libre-・hange augmente la
comp・itivit?d'un pays en exposant ses entreprises ?une concurrence plus forte. Qui plus
est, une participation active au syst・e commercial mondial, accompagn・ notamment
du respect des r・les commerciales internationales, accro・ la transparence et la
pr・isibilit?des transactions ・onomiques. Ces effets renforcent souvent l'attrait exerc?
par le climat ・onomique des pays en voie de d・eloppement en tant que destination des
investissements directs.
Les investissements directs ・rangers contribuent ?la croissance en augmentant
le volume et la solidit?de l'actif ・onomique d'un pays. Contrairement aux mouvements
de portefeuille et aux pr・s bancaires, ces investissements subissent g・・alement moins
les effets d'un ralentissement de l'activit?・onomique ou d'une crise financi・e et
constituent donc une part plus pr・isible et plus durable de la base ・onomique d'un pays.
En 1999, les investissements directs ・rangers dans les pays en voie de d・eloppement
ont atteint 208 milliards de dollars, ・lipsant ainsi l'aide publique au d・eloppement qui
s'・evait ?50 milliards de dollars
Ne laisser aucun pays sur la touche
L'objectif des ・ats-Unis est, selon le pr・ident Bush, « d'englober
tous les pauvres de la plan・e dans un cercle croissant de d・eloppement ».
L'une des mesures les plus importantes que nous puissions prendre pour atteindre cet
objectif est de soutenir pleinement le lancement d'un nouveau cycle de n・ociations
multilat・ales lors de la r・nion de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui doit
se tenir en novembre ?Doha (Qatar). L'enjeu des pays en voie de d・eloppement dans ces
n・ociations est consid・able ・ant donn?que ces pays sont actuellement ?l'origine
d'environ 45 % de toutes les exportations.
La lib・alisation du commerce multilat・al est plus importante que jamais pour
les pays en voie de d・eloppement en raison de l'accroissement des relations
commerciales entre ces pays, qui repr・entent actuellement 40 % de tous leurs ・hanges.
Cependant, ces ・hanges se heurtent souvent ?de s・ieux obstacles. En d・it
d'importantes r・ormes, le niveau de protectionnisme des pays en voie de d・eloppement
demeure ・ev?et s'est peut-・re m・e accru dans les ann・s 1990. Alors que les droits de
douane des pays industriels applicables aux produits manufactur・, y compris les textiles
et l'habillement, se situent actuellement autour de 8 % ceux des pays en voie de
d・eloppement sur les m・es articles sont en moyenne de 21 %. Un nouveau cycle de
n・ociations multilat・ales donnerait aux pays en voie de d・eloppement la possibilit?
d'abaisser en m・e temps que leurs voisins leurs droits de douane, ce qui leur permettrait
de participer davantage ?l'・onomie mondiale.
En d・it des avantages offerts par un nouveau cycle de n・ociations, certains
pays en voie de d・eloppement ・rouvent une grande inqui・ude ?ce sujet. La faiblesse
des institutions, le manque de ressources et une absence g・・ale d'exp・ience en mati・e
de politique commerciale peuvent rendre difficile, pour les pays pauvres, l'ex・ution des
obligations juridiques et politiques importantes et parfois complexes qu'assument les
membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Les ・ats-Unis sont parfaitement conscients de ces difficult・ et ils sont pr・s ?
collaborer avec ces pays pour les aider ?surmonter les obstacles ?leur l'int・ration au
syst・e commercial mondial.
L'acc・ aux march・
L'un des moyens les plus importants d'aider ces pays consiste pour nous ?・argir
leur acc・ ?nos march・. L'an dernier, les membres du Quad, c'est-?dire les ・ats-Unis,
l'Union europ・nne, le Japon et le Canada, ont d・id?d'abaisser leurs droits de douane au
profit des pays les moins avanc・. En mai 2000, les ・ats-Unis ont adopt?la Loi sur la
croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique et renforc?leur Initiative en faveur
du bassin Cara・e. Ces deux programmes pr・・entiels, ajout・ aux am・iorations de notre
syst・e g・・alis?de pr・・ences et aux mesures d'ouverture des march・ pr・ues lors
des n・ociations d'Uruguay, ont entra・?la suppression de la plupart des droits de douane
et des contingents applicables aux produits des pays les moins avanc・. Il s'ensuit que les
importations am・icaines en provenance de ces pays ont augment?de 50 % au cours des
quatre derni・es ann・s.
Les programmes pr・・entiels au profit des pays les moins avanc・ ne sont
cependant pas une panac・ et ils n'att・ueront pas consid・ablement la pauvret?mondiale
・ant donn?que plus de 80 % des pauvres habitent dans des grands pays en voie de
d・eloppement qui ne b・・icient pas de ces programmes, comme l'Inde, la Chine, le
Pakistan et l'・ypte. La capacit?commerciale de ces pays doit ・re renforc・ pour leur
permettre de s'affranchir de la pauvret?
Renforcer la capacit?commerciale
Bon nombre de pays en voie de d・eloppement ont besoin d'aide pour acqu・ir
une capacit?commerciale suffisante. Les pays industriels et les institutions multilat・ales
doivent faire davantage pour accro・re cette capacit? ?l'int・ieur de ces pays et entre eux,
tout en incorporant le commerce dans des strat・ies de d・eloppement ・onomique
g・・ales et coh・entes.
Une fa・n d'accorder suffisamment d'importance au commerce dans le cadre de
la politique de d・eloppement ・onomique consiste ?inclure le commerce dans les plans
de d・eloppement national et dans les strat・ies de r・uction de la pauvret? Lors de
l'assembl・ du Fonds mon・aire international et de la Banque mondiale qui a eu lieu au
printemps dernier, cette derni・e institution s'est engag・ ?inclure l'accroissement de la
capacit?commerciale de ces pays dans ses strat・ies d'assistance et ?soutenir les efforts
faits par les emprunteurs pour incorporer l'accroissement de leur capacit?commerciale
dans les documents de strat・ie pour la r・uction de la pauvret?(DSRP). Il s'agit de
strat・ies de d・eloppement ・onomique ・ablies par les b・・iciaires d'un all・ement de
la dette et examin・s par la Banque mondiale.
Depuis 1996, l'OMC coop・e avec les autres institutions multilat・ales pour
aider les pays les moins avanc・ ?accro・re leur capacit?commerciale. Le Cadre int・r?
soutenu par le secr・ariat de l'OMC coordonne les efforts des six principales agences
internationales qui traitent du commerce et de l'assistance technique afin d'assurer la
compl・entarit?de leurs programmes. Les ・ats-Unis ont donn?200.000 dollars au
Fonds fiduciaire pour le cadre int・r?
En 1995, l'OMC a cr蜑 un Fonds mondial pour aider les pays les moins avanc・
?participer activement ses travaux et ?tirer profit des nouvelles possibilit・ offertes par
ses accords relatifs au commerce international. En 2000, les ・ats-Unis ont vers?1
million de dollars ?ce fonds. En outre, ils ont r・emment fourni 650.000 dollars ?l'OMC
pour aider de nombreux pays subsahariens ?r・oudre leurs probl・es avec cette
institution ainsi que 640.000 dollars ?la Banque mondiale pour un projet de recherche et
de cr・tion d'institutions charg・s d'・aborer des normes sanitaires et phytosanitaires et
des normes techniques pour les produits africains.
Les ・ats-Unis utilisent ・alement leurs programmes d'aide bilat・ale pour
renforcer la capacit?des pays en voie de d・eloppement dans le domaine commercial.
Ces deux derni・es ann・s, l'Agence des ・ats-Unis pour le d・eloppement international
(USAID) a apport?une contribution de 600 millions de dollars ?ces programmes, qui
r・ondent ?une vaste gamme de besoins - du renforcement de la gestion des affaires
publiques et de l'・at de droit aux ateliers sur les n・ociations commerciales et ?la
politique de r・lementation. L'incorporation de la lib・alisation du commerce dans les
strat・ies d'un pays permet de mieux d・inir et exploiter les nouveaux domaines de
croissance ouverts gr・e ?la lib・alisation.
La valorisation des ressources humaines
Les pays industriels comme les pays en voie de d・eloppement doivent accorder
une plus grande attention et davantage de ressources ?la valorisation des ressources
humaines, principalement gr・e ?l'enseignement de base. L'・ucation accro・ la
possibilit?qu'ont les gens de faire des choix avis・ ; elle les dote d'outils
suppl・entaires pour lutter contre la pauvret?et de la souplesse n・essaire pour s'adapter
au changement. Plus l'・onomie et les travailleurs d'un pays font preuve de souplesse,
plus ce pays s'il lib・alise ses ・hanges commerciaux peut profiter des possibilit・ de
croissance cr蜑es par le libre-・hange. Le pr・ident Bush a demand?au Congr・
d'accro・re de 20 % l'aide pr・ue pour les programmes d'・ucation. Il a ・alement
demand?aux banques multilat・ales de d・eloppement d'augmenter leurs fonds destin・
au secteur de l'enseignement. L'・ucation sera d'ailleurs l'un des principaux th・es du
sommet que le G8 doit tenir au Canada en 2002.
La r・uction de la pauvret?exige un r・l partenariat entre pays en voie de
d・eloppement et pays industriels. Le progr・ sera peut-・re plus lent pour certains pays
que pour d'autres, mais chaque jour qui passe est porteur de nouveaux espoirs. Et le
commerce est l'un des phares qui ・lairent le mieux la voie menant de la pauvret??un
d・eloppement durable. Des possibilit・ sans pr・・ent s'offrent ?nous de changer
l'existence de la moiti?des habitants de la plan・e qui vivent avec moins de 2 dollars par
jour.
Comme le pr・ident Bush nous l'a rappel? « ce que certains
appellent la mondialisation est, en fait, le triomphe de la libert?individuelle ?travers les
fronti・es. Et elle promet d'affranchir des milliards de personnes de la maladie, de la sous-
alimentation et du besoin. Voir la libert?r・ner non seulement dans le nouveau et dans
l'ancien mondes mais sur l'ensemble de notre plan・e est une noble et grande
perspective. »
La pauvret?est, ?la base, l'absence de libert? Le d・eloppement, en revanche,
est le fruit de la libert?individuelle. Le libre-・hange peut constituer un puissant moyen
d'affranchir l'homme de la pauvret?et de favoriser le d・eloppement et la prosp・it?
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