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Les comptes ouverts au nom de banques ・rang・es : porte ouverte au
blanchiment des capitaux
Linda Gustitus, Elise Bean et Robert Roach
Assistants parlementaires d・ocrates de la sous-commission permanente
d・enqu・e du S・at
Sous la direction de M. Carl Levin, s・ateur d・ocrate du
Michigan, les assistants parlementaires d・ocrates de la sous-commission permanente
d・enqu・e du S・at ont ・udi?pendant un an la question des comptes ouverts au nom de
banques ・rang・es et leur r・e dans le blanchiment des capitaux. Ils sont arriv・ ?la
conclusion que le fait de permettre aux banques ・rang・es ?haut risque et ?leurs clients
op・ant en marge de la l・alit?d'avoir acc・ ?des comptes bancaires aux ・ats-Unis
entra・ait plusieurs r・ercussions n・atives, dont celle de « faciliter le
banditisme » et de « saper le syst・e financier des ・ats-
Unis ». Selon eux, « le moment est venu o?les banques des
・ats-Unis doivent fermer la porte aux banques ・rang・es ?haut risque et mettre fin ?
d'autres abus dans le cadre des relations avec des correspondants bancaires aux ・ats-
Unis ».
Au cours d'une s・ie d'audiences tenues en f・rier et en mars, la pr・idente de
cette sous-commission, Mme Susan Collins (s・atrice r・ublicaine du Maine), s'est dite
pr・ccup・ par les d・aillances du secteur bancaire r・・・s dans le rapport. Ces
audiences ont constitu?une premi・e ・ape d'un travail de longue haleine dont on peut
penser qu'il servira de point de d・art ?l'adoption de textes de loi et ?la prise de mesures
d'autocorrection ・anant du secteur bancaire, sur la base des propositions qui sont
・um・・s dans le pr・ent article et d'autres susceptibles d'・re annonc・s ult・ieurement.
Les conclusions des assistants parlementaires sont r・apitul・s dans le rapport
intitul?Correspondent Banking: A Gateway for Money
Laundering qui a ・?rendu public en f・rier 2001 et dont nous pr・entons
ci-apr・ une adaptation.
Par le canal des comptes de correspondance qu'elles mettent ?la disposition des
banques ・rang・es, les banques domicili・s aux ・ats-Unis sont devenues un instrument
servant ?faire entrer de « l'argent sale » dans le syst・e
financier am・icain et, partant, elles facilitent les activit・ illicites, dont le trafic des
stup・iants et la fraude financi・e. On parle de correspondant lorsqu'un ・ablissement
bancaire assure diverses transactions financi・es, dont le virement de fonds et le change
de monnaies, pour le compte d'une autre banque. Des banques domicili・s ?l'・ranger
peuvent ・ablir des comptes de correspondance aux ・ats-Unis dans toute banque
autoris・ ?effectuer des op・ations dans ce pays, que leur soci・?m・e y soit domicili・
ou non. Ces comptes donnent ?leurs titulaires et aux clients d'・ablissements ・rangers
caract・is・ par l'insuffisance, voire par l'absence, de mesures antiblanchiment - parce
qu'ils sont mal r・lement・, mal g・・ ou souvent corrompus - les moyens d'acc・er au
syst・e financier des ・ats-Unis et toute latitude pour d・lacer des fonds tant dans ce
pays que dans le reste du monde.
Aux ・ats-Unis, de nombreuses banques ont ・abli des relations de
correspondance avec des ・ablissements bancaires ?haut risque domicili・ ?l'・ranger. Il
peut s'agir : 1) de banques de fa・de qui n'ont aucune pr・ence mat・ielle dans
quelque pays que ce soit pour entretenir des relations avec leurs clients, 2) de banques
extraterritoriales titulaires de permis limit・ aux transactions avec des personnes
ext・ieures au pays ou territoire qui a d・ivr?ces permis, ou 3) de banques agr蜑es ou
r・lement・s par des pays ou territoires dont les mesures antiblanchiment sont inefficaces
et qui sont la porte ouverte aux abus et aux comportements illicites. Certaines de ces
banques ・rang・es se livrent ?des activit・ criminelles, certaines ont des clients qui le
font et d'autres ne sont pas capables de savoir si c'est le cas parce que les dispositifs
antiblanchiment ?leur disposition sont particuli・ement m・iocres.
En r・le g・・ale, ces banques ・rang・es ?haut risque ont des ressources et des
effectifs limit・ et elles ont recours ?des comptes de correspondance afin de mener ?
bien diverses transactions, d'offrir des services ?leurs clients et de d・lacer des fonds.
Une grande partie des banques que la sous-commission a examin・s d・osent la totalit?
de leurs fonds dans leurs comptes de correspondance, par l'interm・iaire desquels elles
effectuent pratiquement toutes leurs transactions. D・ lors, ces comptes font partie
int・rante de leurs op・ations. Une fois qu'elle a ouvert un tel compte dans une banque
domicili・ aux ・ats-Unis, la banque ・rang・e peut n・ocier des op・ations par
l'interm・iaire de cette derni・e, et ses clients peuvent en faire autant.
Les ・ueils des relations avec des correspondants bancaires
Conform・ent ?la pratique actuellement en vigueur aux ・ats-Unis, les
banques am・icaines peuvent avoir des centaines, voire des milliers de relations de
correspondance, dont un grand nombre avec des ・ablissements ・rangers ?haut risque.
Pratiquement toutes les banques am・icaines que les assistants parlementaires ont
examin・s avaient des comptes avec des banques extraterritoriales, et certaines ・aient
m・e en relation avec des banques de fa・de.
Dans bien des cas, les banques ・rang・es ?haut risque ont ・?en mesure
d'ouvrir des comptes de correspondance dans des banques domicili・s aux ・ats-Unis et
d'effectuer leurs op・ations par ce biais, parce que les banques am・icaines acceptent sans
trop y regarder, et surveillent de loin, les ・ablissements ・rangers qui sont clients chez
elles.
En gros, les banques am・icaines partent du principe que toute banque agr蜑e
par un pays ou territoire ・ranger est en droit d'ouvrir un compte de correspondance,
parce qu'elles ne voient pas pourquoi cet agr・ent ne serait pas la preuve de la l・itimit?
de l'・ablissement qui l'a obtenu. Trop souvent, les banques am・icaines se dispensent
d'effectuer des examens susceptibles de les renseigner sur la situation des banques
・rang・es qui sont clientes chez elles, notamment lorsqu'il s'agit d'obtenir des
informations sur leur gestion, leurs finances, leur r・utation, leur cadre r・lementaire et
leurs mesures antiblanchiment.
La fr・uence des relations de correspondance entretenues avec des banques ?
haut risque, conjugu・ ?une foule d'incidents troublants mis ?jour lors de l'enqu・e des
assistants parlementaires, vient d・entir les affirmations du secteur bancaire selon
lesquelles les directives et les pratiques actuelles sont suffisantes pour pr・enir le
blanchiment. Par exemple, plusieurs banques am・icaines ignoraient que certaines des
banques ・rang・es avec lesquelles elles ・aient en rapport n'avaient aucun bureau o?que
ce soit, que d'autres exer・ient des activit・ dans un pays ou territoire sans avoir ・?agr蜑
?cet effet, qu'elles n'avaient jamais fait l'objet d'un examen de la part des autorit・ de
r・lementation ou qu'elles se servaient de comptes de correspondance pour faciliter le
banditisme.
Dans d'autres cas, les banques am・icaines ne savaient pas que les mesures
・・entaires de contr・e fiscal faisaient d・aut chez les banques qu'elles acceptaient
comme clients. Ces derni・es leur r・ervaient une autre surprise : elles pouvaient
ouvrir des comptes sans documentation ?l'appui, accepter des d・・s libell・ ?l'ordre de
personnes leur ・ant inconnues ou op・er en l'absence de directives antiblanchiment
・rites. On pourrait encore citer des cas o?les banques am・icaines n'・aient pas au
courant du degr?d'implication de leurs clients dans des affaires au p・al et au civil
concernant le blanchiment et d'autres malversations.
Les banques domicili・s aux ・ats-Unis, qui sont cens・s surveiller de mani・e
soutenue les comptes de correspondance dans le cadre de la lutte contre le blanchiment,
p・hent souvent par faiblesse ou par inefficacit? Un petit nombre de grandes banques ont
bien mis au point des m・anismes de surveillance automatique capables de d・ecter les
activit・ suspectes et les virements douteux et de notifier les autorit・ comp・entes, mais
celles-ci semblent relever de l'exception plus que de la r・le. La plupart des
・ablissements bancaires am・icains ont l'air de compter sur l'examen manuel des
comptes et de suivre les virements d'un oeil plut・ distant, m・e si la majorit?des
transactions sur les comptes de correspondance consistent en transferts de fonds dans un
sens ou dans l'autre. Et m・e dans les cas o?une banque am・icaine a vent de
transactions suspectes ou d'articles de presse d・avorables concernant une banque
・rang・e, elle ne proc・e pas souvent ?un examen s・ieux de la relation en jeu ni
n'adopte de mesures ?m・e de pr・enir le blanchiment.
Les entorses ?l'obligation de diligence
Deux manquements ?l'obligation de diligence ?laquelle sont tenues les banques
am・icaines m・itent particuli・ement d'・re not・. Le premier, c'est que ces
・ablissements s'abstiennent de d・erminer le degr?auquel leurs clients bancaires
domicili・ ?l'・ranger laissent d'autres banques ・rang・es utiliser leurs comptes aux
・ats-Unis. ?de nombreuses occasions, on a vu des banques ・rang・es ?haut risque
acc・er au syst・e financier des ・ats-Unis non pas en ouvrant elles-m・es des comptes
de correspondance, mais en op・ant par le canal de tels comptes appartenant ?d'autres
banques ・rang・es.
Les banques am・icaines interrogent rarement leurs clients bancaires sur leurs
pratiques relatives aux comptes de correspondance et, dans la plupart des cas, elles sont
compl・ement dans le noir. ?plusieurs reprises, les assistants parlementaires qui
menaient leur enqu・e ont ・onn?des banques am・icaines en leur apprenant qu'elles
procuraient des services de virement ?des banques ・rang・es dont elles n'avaient jamais
entendu parler ou avec lesquelles elles n'entretenaient aucune relation directe, ou encore
qu'elles effectuaient en leur faveur des d・・s issus de jeux d'argent dans le cyberespace.
Dans un cas, une banque extraterritoriale laissait au moins une demi-douzaine de
banques extraterritoriales de fa・de utiliser ses comptes aux ・ats-Unis. Dans un autre,
une banque am・icaine a d・ouvert tout ?fait par hasard qu'une banque ・rang・e ?haut
risque dont elle n'aurait pas voulu pour client se servait d'un compte de correspondance
qu'elle, la banque am・icaine, avait ouvert au nom d'une autre banque ・rang・e.
Le second manquement ?l'obligation de diligence, c'est que les banques
am・icaines ・ablissent une distinction entre les banques ・rang・es qui ont peu d'avoirs
et qui ne leur ont jamais fait de demande d'emprunt d'une part, et celles qui sollicitent ou
qui obtiennent des pr・s de leur part. Avant de consentir un pr・ ?une banque ・rang・e,
une banque am・icaine va g・・alement ・aluer sa gestion, ses finances, ses activit・
commerciales, sa r・utation, son cadre r・lementaire et ses m・hodes de fonctionnement.
En g・・al, la banque am・icaine ne s'encombre pas de ce genre d'・aluation lorsqu'il
s'agit simplement de services payants, tels les virements et la compensation des ch・ues.
Comme elles fournissent g・・alement des services de gestion de tr・orerie sur une base
payante aux banques ・rang・es ?haut risque et qu'elles leur consentent rarement des
pr・s, les banques am・icaines ont pris l'habitude d'ouvrir et de maintenir des comptes de
correspondance pour elles sans proc・er aux examens rigoureux requis par l'obligation de
diligence. Pourtant, ce sont pr・is・ent ces ・ablissements qu'il convient de surveiller de
tr・ pr・. Dans l'・at actuel de la situation, les banques ・rang・es ?haut risque qui ne
demandent pas un cr・it quelconque semblent passer inaper・es dans la plupart des
programmes antiblanchiment des banques am・icaines.
Vu ces entorses ?l'obligation de diligence, les relations avec des correspondants
bancaires permettent aux banques ・rang・es ?haut risque et ?leurs clients op・ant en
marge de la l・alit?d'・ouler des fonds provenant d'activit・ criminelles et de blanchir
des capitaux. Dans le cadre des 10 dossiers sur lesquels ils ont enqu・? les assistants
parlementaires d・ocrates ont document?de nombreux cas de blanchiment effectu?par
le canal de comptes de correspondance ouverts par des banques ・rang・es aux ・ats-
Unis. En voici quelques exemples :
- le blanchiment de fonds acquis par des moyens illicites et l'appui du
banditisme, du fait de l'acceptation de d・・s ou de l'ex・ution de virements concernant
des capitaux dont la banque ・rang・e ?haut risque savait, ou aurait d?savoir, qu'ils
・aient associ・ au trafic des stup・iants, ?la fraude fiscale ou ?d'autres tractations
malhonn・es ;
- des escroqueries fond・s sur la promesse d'investissements ?rendement
・ev?nbsp;: des investisseurs ・aient invit・ ?virer des fonds sur le compte de
correspondance en se faisant promettre un taux ・ev?de rendement, mais que ceux-ci ne
revoyaient plus jamais la couleur de leur argent ;
- des escroqueries reposant sur la promesse de l'octroi d'un pr・ moyennant le
versement d'une commission pr・lable : on demandait aux personnes qui
sollicitaient un emprunt une sommes importante sur le compte de correspondance, mais
le pr・ n'・ait jamais consenti et la commission jamais rembours・ ;
- l'encouragement de l'・asion fiscale, dans la mesure o?certaines banques
acceptaient les d・・s des clients, qu'elles les m・angeaient avec d'autres fonds dans le
compte de correspondance de la banque ・rang・e et qu'elles encourageaient leurs clients
?faire jouer les lois relatives au secret bancaire et d'entreprise en vigueur dans le pays ou
territoire de la banque ・rang・e pour ・happer ?la vigilance de l'administration fiscale
des ・ats-Unis ;
- l'encouragement des jeux d'argent sur l'internet, alors que c'est une pratique
ill・ale aux ・ats-Unis, dans la mesure o?le compte de correspondance sert ?d・oser ou
?transf・er les gains obtenus.
Le fait de permettre aux banques ・rang・es ?haut risque et ?leurs clients
malhonn・es d'acc・er aux comptes de correspondance ・ablis dans des banques
domicili・s aux ・ats-Unis a pour effet de faciliter le banditisme, de saper le syst・e
financier des ・ats-Unis, de p・aliser le contribuable et le consommateur am・icains et
d'encombrer les tribunaux par les poursuites au p・al et les plaintes au civil qui sont
d・os・s par les parties l・・s. Le moment est venu o?les banques des ・ats-Unis
doivent fermer la porte aux banques ・rang・es ?haut risque et ?mettre fin ?d'autres
abus dans le cadre des relations avec des correspondants bancaires aux ・ats-Unis.
R・um?des conclusions
L'enqu・e men・ par les assistants parlementaires d・ocrates sur le r・e des
comptes bancaires de correspondance dans le blanchiment des capitaux a abouti ?
plusieurs conclusions :
- le syst・e am・icain de comptes bancaires de correspondance donne aux
banques ・rang・es d・oy・s et ?leurs clients v・eux des moyens non n・ligeables de
mener ?bien leurs activit・ de blanchiment et autres transactions illicites aux ・ats-Unis
et de tirer parti des protections qui d・oulent de la s・urit?et de la solidit?du secteur
bancaire des ・ats-Unis ;
- les banques de fa・de, les banques extraterritoriales et les banques domicili・s
dans les pays ou territoires o?r・ne le laxisme en mati・e de lutte contre le blanchiment
sont particuli・ement susceptibles de tremper dans des activit・ de blanchiment des
capitaux. Comme elles ont g・・alement des ressources et des effectifs limit・ et qu'elles
tendent ?exercer leurs activit・ du pays ou territoire qui les a agr蜑es, ces banques se
servent de leurs comptes de correspondance pour effectuer leurs op・ations
bancaires ;
- la plupart des banques domicili・s aux ・ats-Unis n'ont pas adopt?de mesures
antiblanchiment ad・uates qui leur permettraient de passer au crible et de surveiller les
banques ・rang・es qui cr・nt de gros risques. C'est un probl・e qui ne date pas d'hier et
qui est tr・ r・andu ;
- les banques domicili・s aux ・ats-Unis ne sont souvent pas au courant des
actions en justice qui sont intent・s contre leurs banques clientes, actuelles ou
potentielles et qui ont rapport au blanchiment de fonds, ?la fraude et au trafic des
stup・iants ;
- Les banques domicili・s aux ・ats-Unis sont particuli・ement mal ・uip・s
pour d・ecter le blanchiment lorsque leurs relations de correspondance n'ont pas trait ?
l'octroi de pr・s ou d'autres formes de cr・it ;
- les banques ・rang・es ?haut risque qui se voient refuser l'ouverture de leur
propre compte de correspondance par une banque domicili・ aux ・ats-Unis peuvent
malgr?tout acc・er au syst・e financier am・icain en ouvrant des comptes de
correspondance aupr・ d'une banque ・rang・e qui poss・e un compte de correspondance
dans une banque aux ・ats-Unis. Les banques am・icaines ferment les yeux, dans une
grande mesure, sur les risques de blanchiment associ・s ?cette mani・e d'agir ;
- au cours des deux derni・es ann・s, certaines banques domicili・s aux ・ats-
Unis ont commenc??s'inqui・er de la vuln・abilit?de leurs comptes de correspondance
en mati・e de blanchiment et elles prennent des mesures visant ?att・uer ces risques,
mais leurs d・arches, lentes et incompl・es, ne sont pas suivies par l'ensemble du secteur
bancaire ;
- en vertu du droit am・icain, les banques ・rang・es qui ont des comptes de
correspondance aux ・ats-Unis b・・icient de m・anismes sp・iaux de protection contre
les confiscations - auxquels ne peuvent pr・endre les autres types de comptes bancaires -
ce qui complique encore davantage la t・he des autorit・ am・icaines en mati・e de saisie
de fonds illicites. Dans certains cas, les blanchisseurs semblent recourir aux comptes de
correspondance pr・is・ent pour d・ouer les tentatives des organes charg・ de
l'application des lois, tandis que les banques ・rang・es invoquent le principe de
« la banque innocente » pour se prot・er contre les
cons・uences du laxisme de la surveillance antiblanchiment ;
- si les banques domicili・s aux ・ats-Unis qui offrent des comptes de
correspondance prenaient la d・ision de fermer leur porte aux banques ・rang・es
d・oy・s et de passer au crible et de surveiller les ・ablissements ?haut risque, les ・ats-
Unis seraient les grands gagnants dans l'affaire parce qu'ils r・ssiraient ?・iminer un
m・anisme important de blanchiment de fonds, ?contrecarrer le banditisme, ?r・uire les
revenus illicites qui alimentent les banques extraterritoriales et ?emp・her les malfaiteurs
de d・oser impun・ent aux ・ats-Unis des fonds issus d'activit・ illicites aussi bien que
de profiter de la s・urit?et de la solidit?du syst・e financier am・icain.
Recommandations
Les assistants parlementaires d・ocrates font les recommandations suivantes
pour r・uire le recours aux correspondants bancaires aux ・ats-Unis en vue du
blanchiment de capitaux :
- les banques domicili・s aux ・ats-Unis ne devraient pas avoir le droit d'ouvrir
des comptes de correspondance au profit de banques ・rang・es qui sont des
・ablissements de fa・de, sans pr・ence mat・ielle dans quelque pays que ce soit ;
- les banques domicili・s aux ・ats-Unis devraient ・re oblig・s de s'astreindre ?
une obligation accrue de diligence et de mettre en place des m・anismes antiblanchiment
renforc・, conform・ent aux lignes directrices ou aux r・lements du minist・e des
finances des ・ats-Unis, avant d'ouvrir des comptes de correspondance ?l'intention de
banques ・rang・es qui sont titulaires de permis de centres financiers extraterritoriaux ou
qui ont ・?agr蜑es par des pays ou territoires que les ・ats-Unis consid・ent comme ・ant
non coop・atifs dans le domaine de la lutte contre le blanchiment ;
- les banques domicili・s aux ・ats devraient proc・er ?l'examen syst・atique
des comptes de correspondance qu'elles ont ouverts pour des banques ・rang・es en vue
d'identifier les ・ablissements ?haut risque et de clore leurs comptes. En outre, elles
doivent renforcer leur surveillance antiblanchiment, notamment en suivant r・uli・ement
les virements et en formant leur personnel pour qu'il reconnaisse les fautes
professionnelles commises par les banques ・rang・es ;
- les banques domicili・s aux ・ats-Unis devraient ・re tenues d'identifier les
clients de leurs clients qui ont ouvert des comptes de correspondance, et qui ont acc・ ?
ces comptes, et elles devraient refuser d'ouvrir des comptes aux ・ablissements qui
laisseraient des banques de fa・de domicili・s ?l'・ranger ou des soci・・ d'actions au
porteur s'en servir ;
- les organes des ・ats-Unis charg・ de la r・lementation des banques et de
l'application des lois devraient apporter un surcro・ d'assistance aux banques domicili・s
aux ・ats-Unis en vue de l'identification et de l'・aluation des banques ?haut risque sises
?l'・ranger ;
- il conviendrait de modifier les dispositions du droit am・icain relatives aux
confiscations de fa・n ?permettre aux autorit・ judiciaires de saisir les fonds blanchis
qui sont d・os・ sur le compte de correspondance ouvert aux ・ats-Unis par une banque
・rang・e, et de supprimer tout droit ?ces fonds, comme c'est le cas pour les autres
cat・ories de comptes aux ・ats-Unis.
Tout le temps qu'a dur?l'enqu・e, des sp・ialistes du secteur bancaire et de la
lutte contre le blanchiment ont ?plusieurs reprises soulign?que les banques domicili・s
aux ・ats-Unis devraient rompre leurs relations de correspondance avec certaines
banques ・rang・es ?haut risque, en particulier lorsqu'il s'agit d'・ablissements de fa・de.
En outre, ils ont conseill?la plus grande vigilance vis-?vis des banques extraterritoriales
et des ・ablissements domicili・ dans des pays caract・is・ par la m・iocrit?de la
surveillance bancaire, par la faiblesse des contr・es antiblanchiment et par la rigueur des
lois relatives au secret bancaire.
Pour les assistants parlementaires d・ocrates, le doute n'est pas permis :
si elles mettent un terme aux relations qu'elles entretiennent avec le faible pourcentage de
banques ・rang・es ?haut risque qui causent les plus graves probl・es et qu'elles
renforcent leurs contr・es antiblanchiment dans le secteur des comptes de
correspondance, les banques domicili・s aux ・ats-Unis peuvent supprimer ?peu de frais
la plus grosse partie du probl・e li??l'existence de ces comptes.
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Note : les opinions exprim・s dans le pr・ent article ne refl・ent pas
n・essairement le point de vue ou la politique du gouvernement des ・ats-Unis.
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