DE LA ?nbsp;D・ENNIE PERDUE ?BR> ?LA R・NION AU
SOMMET
DE SANTIAGO
Les qualit・ d'initiative dont les ・ats-Unis ont fait preuve au d・ut des ann・s 1990 en s'employant ?promouvoir la lib・alisation des ・hanges, les r・ormes ・onomiques et le r蜑chelonnement de la dette sont en partie ?l'origine de la d・ision que les dirigeants des pays du continent am・icain, r・nis ? Miami en 1994, ont prise d'・ablir une zone de libre-・hange des Am・iques (ZLEA), d・lare Mme Carla Hills, qui fut la repr・entante du pr・ident aux n・ociations commerciales internationales de 1989 ?1993.Reste encore ?donner corps ?la vision exprim・ ?Miami, et le Sommet des Am・iques qui aura lieu en 1998 devrait pr・is・ent viser cet objectif, ajoute la responsable.
Mme Hills est aujourd'hui pr・idente-directrice g・・ale de la soci・?de consultance internationale Hills & Company, ? Washington.
Lorsqu'ils se r・niront ?Santiago au mois d'avril, les trente- quatre dirigeants d・ocratiquement ・us du continent am・icain braqueront leurs regards sur un programme d'action plac?sous le sceau de la coop・ation et dont l'id・ m・e aurait ・?impensable il y encore dix ans. L'existence de gouvernements d・ocratiques, l'attachement de plus en plus manifeste ?l'・onomie de march?et l'acceptation croissante de l'interd・endance ・onomique sont autant de facteurs qui se conjuguent pour cr・r un environnement propice ? l'・anouissement des possibilit・ dans toute la r・ion.
Les ann・s 1980 furent une d・ennie perdue pour la plus grande partie de l'Am・ique latine, abandonn・ ?la stagnation ・onomique et croulant sous le poids ・rasant du fardeau de la dette ext・ieure qui limitait l'acc・ aux march・ financiers internationaux. Le revenu moyen par habitant calcul??l'・helle r・ionale baissa de neuf pour cent entre 1980 et 1990. Dans plusieurs des plus grandes ・onomies, l'inflation d・assa les mille pour cent en 1990 ; le fait que seule une poign・ de petites ・onomies connurent un taux d'inflation ? un chiffre m・ite d'・re not?
L'int・ration ・onomique r・ionale marqua elle aussi un temps d'arr・. En 1990, les ・hanges en Am・ique latine m・e repr・entaient 15,8 pour cent du volume total des ・hanges de ces pays. En revanche, le commerce interr・ional au sein du Pacte andin ne repr・entait que quatre pour cent des ・hanges de ses membres. Le MERCOSUR n'avait pas encore ・?cr蜑, et les ・hanges entre les quatre membres actuels, dont deux sont les plus grandes ・onomies d'Am・ique du Sud, ne repr・entaient que neuf pour cent du volume total des ・hanges.
L'Am・ique latine reprend du poil de la b・e
?partir du d・ut des ann・s des ann・s 1990, les ・ats-Unis prirent l'initiative d'encourager la transformation ・onomique et politique de la r・ion. En mettant en route le programme en faveur des Am・iques et en engageant des n・ociations avec le Mexique et le Canada qui allaient d・oucher sur l'accord de libre ・hange nord- am・icain (ALENA), les ・ats-Unis fa・nn・ent une strat・ie propre ? encourager la p・ennit?de la croissance ・onomique et de la lib・alisation de la r・ion.
Entreprise ambitieuse, l'initiative en faveur des Am・iques visait les objectifs suivants :
l'all・ement du fardeau de la
dette ;
l'encouragement de programmes
compatibles avec le respect de
l'environnement.
La signature de l'ALENA en 1992 et l'application fructueuse du plan Brady de restructuration de la dette de l'Am・ique latine firent pr・umer la perspective d'un progr・ ・onomique qui serait ancr? dans une politique ax・ sur le march?et dans le libre-・hange. Plus d・ermin・ que jamais ?adopter les r・ormes ・onomiques internes indispensables ?l'appui d'une ・onomie ouverte, la r・ion tout enti・e enfourcha le cheval de la lib・alisation des ・hanges.
La vague de privatisations qui balaya le continent fit rena・re le dynamisme et rentrer d'importantes ressources de tr・orerie dans les ・onomies aux coffres maigrement garnis. La r・orme de la s・urit? sociale et du march? la d・・lementation dans le secteur public et les r・ormes financi・es eurent pour effet de conf・er une souplesse et une transparence accrues aux ・onomies. Le continent am・icain s'avan・it collectivement dans la voie de l'・onomie de march?
Le chemin parcouru depuis Miami
Le sommet des Am・iques qui se tint ?Miami en d・embre 1994 donna la preuve ・latante de l'existence de ce nouvel ・at d'esprit. Forts de l'・an acquis, les participants parvinrent ?un consensus sur un ・entail de questions si large qu'il surprit plus d'un. Ils eurent le courage de ne pas faire l'impasse sur des sujets jusqu'alors tabous, tel le dossier de la corruption.
La pi・e ma・resse du sommet fut assur・ent la d・ision mutuelle d'・uvrer ?la cr・tion d'une zone de libre-・hange des Am・iques d'ici ?l'an 2005. Un tel engagement ・ait r・・ateur de l'attachement ?la poursuite des r・ormes et, ce qui est encore plus important, de la conviction des participants selon laquelle l'ouverture des march・ dans l'ensemble du continent justifiait amplement l'adoption de mesures souvent difficiles.
Depuis le sommet de Miami, le bien-fond?de leur position sur ce sujet et de la restructuration ・onomique a ・?d・ontr・ ?de multiples reprises.
Cons・utivement ?la crise du peso en 1994-95, et encourag? par ses engagements pris au titre de l'ALENA, le gouvernement mexicain continua d'appliquer une politique rigoureuse et syst・atique de lib・alisation qui favorisa le retour rapide de la croissance. De fait, l'・onomie mexicaine progressa de sept pour cent en 1997 en s'am・iorant r・uli・ement sur le terrain de l'emploi, de l'inflation et de la consommation int・ieure.
De m・e, le Br・il fit taire les sceptiques en appliquant de main ferme un plan qui ramena l'inflation ?4,5 pour cent tout en maintenant une croissance modeste. Un ph・om・e semblable a ・? observ?en Argentine, au P・ou, au Chili et au Salvador, pays ? l'・onomie stable et au taux de croissance impressionnant. Dans l'ensemble de la r・ion, les investissements directs ・rangers ont quadrupl?en valeur nette depuis 1991.
L'int・ration du commerce r・ional a ・?une composante essentielle de ce revirement ・onomique. Le succ・ de l'ALENA et la perspective du libre-・hange dans le continent ont donn?un second souffle aux efforts d'int・ration. Les accords commerciaux bilat・aux et multilat・aux se sont multipli・. Le MERCOSUR a prouv?son utilit? qu'il s'agisse de d・elopper son march?int・ieur ou d'・eiller l'int・・ de ses voisins.
La t・he ?accomplir ?Santiago
Ce qui sous-tend la coop・ation ?l'・helon du continent, c'est la volont?d'assurer une croissance ・onomique soutenue, largement distribu・ et d'un niveau ・ev? Si ces conditions ne sont pas r・nies, c'est la r・lisation de tous les autres objectifs qui sera compromise. Plus encore que le d・eloppement, la pauvret?est une cause essentielle de la d・radation de l'environnement. Les ・onomies pauvres en ressources sont mal ・uip・s pour adopter les changements institutionnels n・essaires ?la d・ense des droits de l'homme ou au renforcement de l'infrastructure sociale. Si l'on ne parvient pas ? am・iorer progressivement les conditions ・onomiques pour l'ensemble de la population, c'est la cr・ibilit?m・e des fragiles institutions d・ocratiques et des r・ormes ・onomiques qui sera sap・.
Aujourd'hui, la t・he qui nous attend au Sommet de Santiago consiste ?donner corps aux id・s exprim・s ?Miami. L'incapacit? dans laquelle se trouve le gouvernement Clinton d'obtenir du Congr・ l'autorisation de mettre en ・uvre une proc・ure l・islative rapide et simplifi・ dans le domaine des accords commerciaux, et les craintes suscit・s par les retomb・s potentielles de la crise financi・e asiatique sur les ・hanges et les investissements dans la r・ion, devraient inciter le d・loiement d'efforts plus vigoureux en vue de la cr・tion d'un continent uni et d・ermin??se doter de soci・・ de plus en plus ouvertes, justes et productives. Avant tout, cela signifie qu'il faut engager les n・ociations relatives ?la ZLEA avec le plus grand s・ieux, sans se laisser bercer de belles paroles, et en d・inir clairement les param・res.
Le changement v・itablement r・olutionnaire qui a balay?le continent au cours des dix derni・es ann・s a rendu nos pays collectivement plus forts, plus confiants et plus ?m・e de relever les d・is de l'・onomie mondiale. La r・nion de Santiago pourrait donner un ・an suppl・entaire ?une entreprise qui est loin d'・re termin・.