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Le libre-・hange est avantageux pour tous les pays
Grant Aldonas, vice-ministre du commerce charg?du commerce
ext・ieur des ・ats-Unis
Les n・ociations de l'OMC sont une aubaine pour les pays en
d・eloppement parce qu'elles portent en germe la possibilit?non seulement de faire
cro・re leur ・onomie, mais aussi d'・argir la gamme des produits mis ?la disposition de
leurs consommateurs tout en en diminuant le prix, d・lare le vice-ministre du commerce
charg?du commerce ext・ieur, M. Grant Aldonas.
C'est en proc・ant ?l'abaissement des droits de douane entre eux que les pays en
d・eloppement pourront obtenir les meilleurs r・ultats, ajoute-t-il.
Ils doivent aller ?la table des n・ociations pr・s non seulement ?obtenir des
concessions de la part des pays industriels dans l'optique de l'ouverture des march・, mais
aussi ?r・uire leurs propres obstacles au commerce, souligne-t-il. Dans le commerce
comme en politique, dit-il, la libert?sort grandie quand on gomme les obstacles ?la
r・ssite des individus.
« Nous savons qu'il
est possible de relever rapidement et de mani・e importante le niveau des investissements
et des revenus quand on ・argit l'acc・ des pays en d・eloppement au march?mondial.
Nous savons aussi que le libre-・hange pr・are le terrain aux habitudes propres ?assurer
la p・ennit?de la libert? »
- Le pr・ident George W. Bush ?la Banque mondiale, le 17 juillet 2001
?la conclusion de la Conf・ence minist・ielle de l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) qui s・est tenue au Qatar, les ministres du commerce de plus de 140
pays sont convenus de mettre en route un programme de travail, dit
« Agenda de Doha pour le d・eloppement ». Pour que l'OMC
soit efficace, tous les ・ats membres doivent participer ?la prise des d・isions. Les pays
en d・eloppement doivent donc tenir une place centrale dans le d・oulement des
n・ociations relatives au commerce international si l'on veut voir celles-ci aboutir. Le
programme de travail de Doha rev・ira un caract・e plus inclusif que par le pass?nbsp;;
comme le note la d・laration minist・ielle, « les besoins et les
int・・s » des pays en d・eloppement doivent figurer au centre du
programme de travail de l'OMC.
Pendant mon s・our ?Doha, j'ai constat?la volont?des pays en d・eloppement
de participer activement ?ces n・ociations et de s'exprimer sans interm・iaire. Il n'y a
rien de plus naturel ?cela, puisque les pays en d・eloppement ont beaucoup ?gagner ?
l'affaire. Selon une ・ude du professeur Joseph Fran・is de l'universit?Erasmus (Pays-
Bas), les n・ociations commerciales multilat・ales se traduiraient par un rel・ement du
revenu des pays en d・eloppement de l'ordre de 90 ?190 milliards de dollars par an. D・
lors, on ne s'・onne pas des propos tenus par le secr・aire g・・al de l'ONU, M. Kofi
Annan, qui a dit : « Les pauvres sont pauvres non parce que le degr?
de mondialisation est excessif, mais parce qu'il est insuffisant. » L'OMC
fonctionne dans un esprit de consensus, ce qui signifie que les pays en d・eloppement
pourront jouer un r・e important lors des n・ociations et, surtout, influencer les r・ultats
du nouveau cycle de n・ociations.
Si ce sont les pays industriels qui assurent encore l'essentiel des ・hanges
internationaux, c'est malgr?tout dans les pays en d・eloppement que la croissance
・onomique mondiale a ・?la plus rapide. ?de rares exceptions pr・, les droits de
douane et les contingents ne constituent plus d'obstacles importants dans les pays
industriels, mais ils demeurent ・ev・ dans la plupart des pays en d・eloppement. Cela va
?l'encontre du but recherch? En r・uisant ce qui fait obstacle ?l'ouverture des march・,
on r・ssit ?promouvoir les ・hanges, en particulier entre les pays en d・eloppement, et ?
accro・re les investissements.
Les avantages de l'ouverture des march・
L'abaissement des droits de douane et l'ouverture des march・ font le jeu de tous
les pays. Aux ・ats-Unis, les exportations assurent plus du quart de notre croissance
・onomique depuis maintenant dix ans. De 1970 ?2000, elles ont progress?de plus de
10 % par an, pour atteindre 1,1 billion de dollars en 2000 ; autrement dit, elles ont
doubl?tous les sept ans ?peu pr・. On estime ?12 millions le nombre d'emplois aux
・ats-Unis qui d・endent directement des exportations ; il s'agit d'emplois
r・un・ateurs, qui paient entre 13 et 18 % de plus que la moyenne nationale. Gr・e aux
seuls avantages qui d・oulent de l'Accord de libre-・hange nord-am・icain et des
n・ociations du cycle d'Uruguay, notamment du fait que nos entreprises sont incit・s ?
produire des biens de meilleure qualit?et ?moindre co・, une famille de 4 personnes
・onomise entre 1.200 et 2.000 dollars par an. Le tiers des superficies cultiv・s est
destin?au secteur de l'exportation. En d'autres termes, l'ouverture de nouveaux march・
pour les biens, les services et l'agriculture des ・ats-Unis rev・ une importance capitale
pour l'avenir de notre ・onomie et la force de notre pays. Rien n'est plus efficace que
d'ouvrir les march・ au moyen d'accords commerciaux si l'on veut ・argir les perspectives
・onomiques des ・ats-Unis et du reste du monde.
Cette remarque s'applique aussi bien aux pays en d・eloppement. Au cours des
cinq premi・es ann・s du cycle d'Uruguay, ceux-ci ont vu leurs exportations progresser
de 41 %, contre 29 % dans les pays ?revenu ・ev? La robuste augmentation des
exportations catalyse la croissance ・onomique. Le rapport 2001 de la Banque mondiale
sur les perspectives ・onomiques mondiales et les pays en d・eloppement conclut que les
pays en d・eloppement qui ont r・uit leurs obstacles au commerce au cours des vingt
derni・es ann・s ont enregistr?une croissance ・onomique soutenue. Ceux qui ont
proc・??ces r・uctions pendant les ann・s 1980 ont vu leur produit int・ieur brut (PIB)
par habitant cro・re de 3,5 % en moyenne par an, tandis que ceux qui ont franchi le pas
dans les ann・s 1990 ont affich?une croissance de leur PIB de 5 % en moyenne.
Le potentiel des pays en d・eloppement
Une participation active des pays en d・eloppement aux n・ociations
commerciales multilat・ales pourrait avoir des effets consid・ables non seulement sur la
croissance du PIB de ces pays, mais aussi sur la situation de leurs habitants. La mise en
route d'un nouveau cycle de n・ociations ax・s sur la baisse des droits de douane qui
frappent les produits industriels et agricoles peut multiplier les choix et rendre les prix
plus concurrentiels, voire favoriser l'acc・ ?beaucoup de produits difficiles ?trouver.
L'・uipement m・ical, le mat・iel agricole et les produits pharmaceutiques font en
g・・al d・aut dans les pays en d・eloppement ; la baisse des droits de douane et
une protection plus efficace de la propri・?intellectuelle pourraient inciter les
exportateurs et les investisseurs ?s'int・esser davantage au march?des pays en
d・eloppement. En outre, les restrictions en mati・e d'investissements ・rangers entravent
la croissance du secteur des services, la branche d'activit?qui progresse le plus vite dans
l'・onomie mondiale.
La suppression des obstacles aux importations et ?la pr・ence de concurrents
sur le march? conjugu・ ?l'assouplissement des restrictions sur les exportations,
notamment dans les domaines des transports et du b・iment, peut cr・r des d・ouch・ et
attirer de nouveaux investissements ・rangers. La mise en route d'une nouvelle s・ie de
n・ociations est aussi l'occasion de braquer les regards sur la protection de
l'environnement, puisqu'on peut envisager un meilleur acc・ aux techniques, biens et
services ?caract・e environnemental.
En g・・al, les pays en d・eloppement ont la r・utation de ne pas trop attirer les
investisseurs. Une participation active au syst・e commercial international, qui suppose
l'adh・ion aux r・les du commerce mondial, a pour effet de cr・r un climat propre ?
attirer les investissements ・rangers. Quant ?cela s'ajoutent la transparence et la stabilit?
tant au niveau de l'administration publique que des transactions ・onomiques, les
investissements priv・ et ceux de l'・at contribuent ?favoriser la croissance et le
d・eloppement.
Les ・ats-Unis cherchent ?renforcer leurs relations commerciales avec les pays
en d・eloppement, comme l'attestent l'adoption en 2000 de la Loi sur la croissance et les
possibilit・ ・onomiques en Afrique (AGOA) et la prorogation de l'initiative relative au
bassin des Cara・es. ?l'heure actuelle, 62 % de toutes les importations des ・ats-Unis en
provenance des pays en d・eloppement se font en compl・e franchise de douane.
Les droits de douane simples oscillent en moyenne aux alentours de 4,3 % aux
・ats-Unis, ce qui est nettement inf・ieur ?la moyenne des droits de douane per・s par
les pays en d・eloppement. Ces droits d・assent souvent les 15 % dans tous les
domaines, ce qui constitue un lourd fardeau pour ceux qui sont les moins ?m・e d'y
faire face. Les droits de douane sur les biens manufactur・, dont les textiles et
l'habillement, se situent aujourd'hui ?8 % en moyenne dans les pays industriels, contre
21 % dans les pays en d・eloppement. De surcro・, les pays en d・eloppement appliquent
des droits aux v・icules ?un taux qui repr・ente plus du double de celui des pays
industriels.
Le caract・e ・ev?de ces droits de douane, conjugu??la restriction de l'acc・
aux march・, entrave les ・hanges dans tous les domaines. Comme les obstacles au
commerce qui existent entre les pays en d・eloppement sont nettement plus ・ev・ qu'ils
ne le sont entre pays industriels et pays en d・eloppement, ce sont ces derniers qui
b・・icieront le plus de l'assouplissement des restrictions. Le commerce entre pays en
d・eloppement repr・ente 40 % du volume total de leurs ・hanges, mais il ne correspond
pourtant qu'?une infime partie du commerce mondial. Selon l'Organisation des Nations
unies, en 1999 le commerce entre les pays africains repr・entait 10 % du commerce
mondial, le commerce entre les pays d'Asie du Sud 4 %, le commerce entre l'Asie et
l'Afrique 1,5 % et le commerce entre l'Am・ique latine et l'Afrique 1,5 %.
Les inconv・ients des droits de douane ・ev・
On a g・・alement tendance ?croire que les pays en d・eloppement produisent
tous la m・e chose, essentiellement des mati・es premi・es et des produits agricoles. En
r・lit? l'・entail de leurs produits refl・e une diversit?consid・able. Un nombre croissant
de pays en d・eloppement ont atteint une place importante dans les rangs des producteurs
et des exportateurs de biens manufactur・, et la d・entralisation de la production fait que
les pi・es d・ach・s et les composants proviennent d'origines multiples.
Malheureusement, les droits de douane ・ev・ qui sont pratiqu・ par les pays en
d・eloppement entre eux font que ces derniers ont du mal ?produire des biens finis,
l'importation de pi・es d・ach・s entra・ant n・essairement des d・enses
suppl・entaires. Les barri・es ・ig・s nagu・e en vue de prot・er les march・ int・ieurs
et les nouvelles entreprises ?vocation exportatrice entravent aujourd'hui la croissance
dans l'ensemble des pays en d・eloppement.
La d・laration minist・ielle de Doha indique clairement que la gamme de
produits vis・ dans les n・ociations sur l'acc・ au march?des pays industriels ne pr・oit
pas d'exclusion a priori. Les ・ats-Unis sont dispos・ ?examiner la question de la
lib・alisation dans des secteurs traditionnellement n・ralgiques ainsi qu'?envisager
d'assouplir les restrictions sur les produits et les services en provenance de pays en
d・eloppement, ?condition que cette lib・alisation ait pour effet d'uniformiser les r・les
de jeu dans ces secteurs dans tous les pays et de permettre une ouverture v・itable. De
leur c・? les pays en d・eloppement doivent ・re pr・s ?am・iorer leur situation en
lib・alisant les services et en r・uisant tout ce qui peut faire obstacle ?la concurrence des
importations ; qu'ils aillent ?la table des n・ociations pour demander un acc・
・argi au march?des pays industriels, certes, mais qu'ils soient aussi dispos・ ?rendre la
pareille et ?ouvrir plus grand la porte aux importations.
Bien s・, l'abaissement des droits de douane n'est pas la seule question que
doivent r・ler les membres de l'OMC. Les obstacles non tarifaires, tels la complexit?des
formalit・ douani・es et le manque de transparence au niveau de l'application des r・les
et des r・lements, compliquent eux aussi la t・he des pays en d・eloppement qui
s'attendent ?retirer des avantages de leur participation au commerce international.
L'Agenda de Doha pour le d・eloppement tient compte de ces consid・ations, et d'autres
encore. Durant le prochain cycle de n・ociations, les pays industriels membres de l'OMC
doivent se montrer enclins ?rechercher avec les pays en d・eloppement les moyens de
donner corps ?tous les avantages ?m・e de d・ouler du syst・e commercial
international. La lib・alisation ・ant une voie ?double sens, les efforts que consentiront
les pays industriels en vue d'apporter aux pays en d・eloppement l'assistance technique et
l'aide en mati・e de renforcement des capacit・ dont ils ont besoin se r・・eront
indispensables au succ・ de l'Agenda de Doha pour le d・eloppement.
Multiplier les possibilit・
Les entreprises et les consommateurs des pays en d・eloppement retireront de
vastes avantages du prochain cycle de n・ociations commerciales. L'ouverture du march?
d・ouchera sur l'accroissement de la transparence, de la stabilit?・onomique et de l'acc・
?une gamme ・argie de produits n・essaires. Comme le fait observer un ・onomiste de
renom, M. Mancur Olson, dans son ouvrage « Power and
Prosperity » (Puissance et prosp・it? : « Ce n'est pas par
hasard que les pays industriels, aux droits de l'individu solidement ・ablis, sont aussi les
pays ?m・e d'offrir les transactions complexes (dans le domaine des op・ations ?terme,
des contrats d'assurance, des march・ des capitaux, etc.) qui permettent de tirer parti des
avantages d・oulant du commerce international. Ce sont g・・alement les ・ats dont le
revenu par habitant atteint un niveau tr・ ・ev? »
L'importance de ce succ・ ne se mesure pas exclusivement ?une aune
mat・ielle. La libert?ressort grandie lorsque les pouvoirs publics d・ant・ent les
obstacles ?la r・ssite des individus, que ces obstacles rev・ent un caract・e politique,
social ou ・onomique, comme dans le cas du commerce. En affermissant leur r・e dans le
syst・e commercial mondial, les pays en d・eloppement obtiendront les avantages qui
d・oulent du commerce tant avec les pays industriels qu・avec d・autres pays en
d・eloppement.
Les ・ats-Unis ont affect?plus de 555 millions de dollars aux pays en
d・eloppement en l'an 2000, au titre de l'assistance en mati・e de renforcement des
capacit・ pour ce qui touche au commerce - aucun autre pays n'a fait mieux. Cette
assistance comporte des programmes importants pour l'OMC, lesquels s'ins・ent dans une
d・arche de vaste port・ visant ?appuyer le renforcement des capacit・ des pays en
d・eloppement au moyen de l'assistance bilat・ale et dans le cadre d'autres organisations
internationales. Nous sommes en effet convaincus que les pays en d・eloppement doivent
jouer un r・e central dans le fonctionnement de l'OMC afin d'encourager une meilleure
compr・ension mutuelle et de cr・r de nouvelles possibilit・ pour tous.
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