LE PARTAGE DES VALEURS ET L'・・ATION DE L'ESPRIT
Bill Clinton
Pr・ident des ・ats-Unis
Depuis plus de deux cents ans, les arts et les sciences humaines, signature culturelle de la nation, nous distinguent en tant qu'individus et nous unissent en tant que peuple. Notre ・onomie se mesure en chiffres et en statistiques, qui sont tr・ importants certes, mais la richesse durable des ・ats-Unis est d・inie par les valeurs que nous partageons et par notre ・・ation d'esprit. Les arts nous permettent de nous exprimer, de comprendre, d'appr・ier les expressions artistiques des autres. En ・udiant la litt・ature, l'histoire et la philosophie, nous nous appuyons sur les richesses de notre pass?afin de poser les assises d'un avenir meilleur. Ensemble, les arts et les sciences humaines nous apprennent ?c・・rer une diversit?culturelle propre aux ・ats-Unis et nous aident ?faire abstraction des diff・ences de race, de culture, d'・e ou de croyances. Qui sommes-nous en tant qu'individus ? Qui sommes-nous en tant que peuple ? Les arts et les sciences humaines nous apprennent, mieux que toute autre chose, ?prendre conscience de l'ampleur et de la profondeur de l'exp・ience humaine. Ils sont nos grands ・alisateurs, notre patrimoine, et nous pouvons tous y contribuer.
Chaque jour, notre monde s'・arte davantage de notre conception du familier et nous devons nous adapter ?cette ・olution. En ces temps difficiles, nous comptons sur nos artistes et nos intellectuels pour guider nos d・isions et nos actions. Musiciens, acteurs, philosophes, auteurs dramatiques, peintres, ・rivains, sculpteurs, danseurs et historiens partagent avec nous leur talent et leur formation. Gr・e ?leur fa・n particuli・e de voir les choses, ils renforcent notre entendement, inspirent nos plus belles r・lisations et se font les interpr・es de nos aspirations les plus profondes.
Qu'on joue d'un instrument, qu'on lise des po・es, qu'on apprenne ?pirouetter ou qu'on passe des heures seul dans un mus・ d'art local, ou non, nous avons tous la capacit?d'・re ・us par une chanson, un po・e, une histoire, une danse, un tableau. Nous sentons notre esprit s'・ever quand nous voyons un film original et nous ・rouvons une soudaine illumination de l'esprit lorsqu'une id・ est exprim・ de fa・n in・ite.
・ant donn?que l'exploration de l'esprit humain nous aide ? prendre pleinement conscience de notre potentiel, nous devons encourager nos jeunes ?exploiter ce patrimoine culturel et ? tenter de se r・liser pleinement dans les arts et les sciences humaines comme dans les autres domaines qui les passionnent. Les enfants inspir・ par leurs propres r・lisations cr・trices excellent dans d'autres domaines d'apprentissage ; ils acqui・ent les comp・ences et la confiance qui leur permettront de mener une meilleure existence, d'avoir un avenir plus brillant. Il a ・?prouv? aux ・ats-Unis, que les enfants issus de milieux culturels diff・ents et de langue maternelle diff・ente que l'on expose aux arts apprennent beaucoup plus rapidement que ceux qui ne le sont pas ?parler anglais et ?le lire, ?comprendre les personnes de leur culture d'adoption.
Aujourd'hui, au seuil d'un nouveau mill・aire, ces activit・ vitales de notre existence personnelle et de la vie de notre d・ocratie sont plus indispensables que jamais pour assurer la p・ennit?de nos valeurs, c'est-?dire la tol・ance, le pluralisme et la libert? pour nous aider ?comprendre o?nous sommes et ?savoir o?nous devons aller. Souvenons-nous que les arts et les sciences humaines sont une n・essit?et non pas un luxe et que tout Am・icain m・ite d'y avoir acc・. Au lieu de restreindre nos modestes efforts en faveur des arts et les sciences humaines, je pense donc que nous devrions les soutenir sur les plans national, r・ional et local et inviter nos artistes, nos musiciens et nos ・rivains, nos mus・s, nos biblioth・ues et nos th蛯tres ?continuer ?cr・r. Et nous esp・ons voir se poursuivre, dans le secteur priv? les partenariats extraordinairement f・onds qui se sont constitu・ entre les milieux d'affaires et les arts. Nous voulons aussi que se maintienne le g・・eux soutien des fondations et des donateurs priv・, aussi bien dans les grandes villes qu'au c・ur de l'Am・ique profonde.
?vrai dire, nous devrions exhorter tous les membres des milieux artistiques et litt・aires am・icains ?se joindre ? leurs concitoyens pour faire de l'an 2000, dans chaque communaut? une c・・ration nationale de l'esprit am・icain, la c・・ration de notre culture commune, celle du si・le pass?et celle du nouveau mill・aire, afin que nous demeurions le flambeau non seulement de la libert? mais aussi de la cr・tivit? longtemps apr・ que les feux d'artifice se seront ・eints. Prenons la ferme r・olution de tenir cet engagement national envers la vie artistique et intellectuelle de notre pays pour les g・・ations ?venir.
La Soci・?am・icaine
Revue ・ectronique de l'USIA, volume 3, num・o 1, juin 1998