L'・AT ET L'ART : UN ENTRETIEN AVEC JANE ALEXANDER
En octobre 1993, l'actrice am・icaine Jane Alexander quitta les planches et le grand ・ran pour assumer la direction de la Fondation nationale des arts (NEA, National Endowment for the Arts), le plus gros pourvoyeur de fonds publics destin・ ?soutenir les arts plastiques et sc・iques aux ・ats-Unis.Lorsqu'il reprit ses travaux en janvier 1995 apr・ les traditionnelles vacances parlementaires, le Congr・, repr・entant une l・islature nouvellement ・ue et anim・ d'une id・logie politique qui tranchait nettement sur la pr・・ente, posa la question de savoir s'il ・ait justifi?que l'・at continu・ de financer les arts et, si oui, dans quelle mesure.
Ainsi, les questions budg・aires, et notamment celle de l'octroi de fonds publics ?l'・helon local, r・ional et national, accapar・ent-elles une grande partie de l'attention de Jane Alexander, laquelle se d・la・ n・nmoins aux quatre coins du pays pour y ・aluer l'・at de la culture.
Bien vers・ dans l'art de la communication et habile gestionnaire, elle r・ssit ?faire traverser une passe difficile ?la NEA, dont le budget fut r・uit ?quatre-vingt-dix-huit millions de dollars pour l'ann・ budg・aire en cours. Dans sa proposition de budget pour l'ann・ budg・aire 1999, le pr・ident Clinton pr・oit de porter l'enveloppe de la culture ?cent vingt-six millions de dollars.
Jane Alexander, qui a d・issionn?de ses fonctions en octobre 1997, a renou?avec le th蛯tre au printemps 1998 en interpr・ant un r・e dans une production dramatique intitul・ Honour. Dans l'entretien ci-apr・, elle commente pour Michael Bandler l'action qu'elle a men・ ?la t・e de la NEA et elle ・oque les difficult・ li・s au soutien de la culture par l'・at.
Question - Lorsque vous ・es arriv・ ?la NEA, avec votre connaissance intime du paysage artistique des ・ats-Unis et votre exp・ience personnelle en tant qu'artiste, qu'avez-vous appris sur la culture aux ・ats-Unis ? Qu'est-ce qui vous a ・onn・ ?
Jane Alexander - Lorsqu'on se pose la question de savoir ?qui b・・icient les aides que le gouvernement f・・al apporte aux arts, la plupart d'entre nous pensent que c'est aux compagnies th蛯trales et aux expositions dans des mus・s. Ce qui m'a ・onn・, c'est que l'action de la NEA est beaucoup plus vaste ; par exemple, elle touche aussi bien les associations ?vocation culturelle qui organisent des activit・ ?l'intention des jeunes que les maisons de la culture ?l'・helon des collectivit・ locales et les petits artisans, qu'ils sculptent des ar・es de baleine en Alaska ou qu'ils fabriquent des pirogues en Louisiane, en plein pays acadien.
Question - En d'autres termes, elle intervient vraiment au niveau local.
Jane Alexander - Tout ?fait. Je peux vous citer l'exemple d'une petite troupe de danseurs de Jackson Hole, dans le Wyoming, o?j'ai rencontr?trois jeunes femmes qui s'appr・aient ?passer l'・??New York pour suivre un stage de perfectionnement dans la troupe d'Alvin Ailey. Ce qui est ・onnant, c'est de constater la port・ des arts et de voir ?quel point ils influencent la soci・??tous ses niveaux.
Question - Pour le public am・icain, les arts font-ils simplement partie des choses normales ?
Jane Alexander - Oui, assur・ent, mais je crois aussi que les m・anismes de financement des arts lui ・happent. La plupart des gens s'imaginent que la majorit?des associations culturelles sont financi・ement autonomes et qu'elles font m・e des b・・ices, que les artistes gagnent tr・ bien leur vie. Bien ・idemment, la v・it?est tout autre.
Question - Les gens se rendent-ils compte ?quel point la part des fonds publics affect・ ?la culture est infinit・imale par rapport ?celle qu'y consacrent les soci・・, les fondations et les simples particuliers ?
Jane Alexander - Non, je ne pense pas. Ils ne sont sans doute pas conscients du rapport entre ces diverses sources de financement. ?vrai dire, la contribution des entreprises est inf・ieure ?celle des particuliers. Les fondations repr・entent elles-m・es un tout petit pourcentage du total. Aux ・ats-Unis, ce sont les particuliers, les gens comme vous et moi, qui soutiennent les activit・ artistiques sans but lucratif.
Question - Si vous assistez ?n'importe quel spectacle, dans n'importe quelle ville, que ce soit ?Cincinnati (Ohio) ou ?Atlanta (G・rgie), et que vous lisez la derni・e page du programme, vous y trouverez une liste repr・entative des bienfaiteurs locaux. Les m・・es, semble-t-il, soutiennent fid・ement les manifestations artistiques locales.
Jane Alexander - C'est vrai dans une certaine mesure. Mais cela devient de plus en plus difficile ?mesure que les frais augmentent.
Question - L'am・ioration actuelle de la conjoncture encourage-t-elle le m・・at ?
Jane Alexander - Pas vraiment. Durant les ann・s que j'ai pass・s ?la t・e de la NEA, j'ai vraiment essay?de convaincre les cadres sup・ieurs des entreprises de faire un effort suppl・entaire en ce sens. Certains le font, telle la soci・?Sara Lee, dont le si・e se trouve ?Chicago. C'est une soci・?internationale diversifi・ qui fait travailler un tr・ grand nombre de gens dans le monde entier. Une partie des subsides qu'elle verse ?diverses ・uvres de bienfaisance est r・erv・ au soutien de l'art. C'est ainsi qu'en avaient d・id? ses fondateurs. C'est ce que devraient faire toutes les entreprises aux ・ats-Unis, sans exception. Cela devrait se faire automatiquement d・ qu'une certaine marge b・・iciaire a ・? atteinte.
Question - Les gens ・rouvent-ils le besoin d'inclure les arts dans leur vie ? Sont-ils pleinement conscients du r・e, parfois subtil ou intangible, qu'ils jouent au quotidien ?
Jane Alexander - Si vous les ・iminiez, les gens s'en apercevraient certainement. Je me rappelle ・re all・ en Allemagne de l'Est pendant la guerre froide. ?l'・oque, l'・at soutenait un peu l'art, mais il faut bien admettre qu'il se d・ageait du pays une morosit?incroyable. Tout ・ait gris. On ne ressentait aucune chaleur sur le plan couleur. Essayez donc de vous repr・enter une ・e antillaise sans y voir de tableaux ni entendre de musique. Ce serait choquant. Je crois que c'est ce qui se passerait ici.
Question - Une artiste qui travaille le verre, Kate Vogel, fait valoir l'argument selon lequel nous avons tendance, aux ・ats-Unis, ?placer l'art sur un pi・estal, ?avoir une conception ・itiste de la culture. Cela contribue peut-・re ? cr・r un sentiment d'inaccessibilit?ou tout au moins ?nourrir cette crainte.
Jane Alexander - C'est exact. C'est peut-・re une question de perception. Il est vrai que l'Am・icain moyen peut tr・ difficilement se permettre d'aller ?l'op・a. Mais si on veut vraiment le faire, on peut se procurer des places au rabais. (NDLR : la plupart des th蛯tres, des troupes de ballet et des orchestres aux ・ats-Unis r・ervent pour chaque repr・entation un certain nombre de places qui sont vendues ?des tarifs pr・・entiels selon des modalit・ pr・ises qui sont clairement expliqu・s au public.) J'ai ・?tr・ surprise de voir, au cours de mes d・lacements, que m・e des petites villes, comme Greenville en Caroline du Sud, cr・nt leur propre centre des arts sc・iques et plastiques. Cela m'a ・onn・. J'ai ・?frapp・ de constater que les d・enses d'investissement associ・s ?la construction de locaux provenaient de partenariats entre le secteur priv?et le secteur public. Cela m'a fait le plus grand plaisir, encore que je n'aie pas vu de plans relatifs ? l'entretien ?long terme.
Question - La passion ・ait perceptible ?
Jane Alexander - Oui. Il semble que toutes les collectivit・ souhaitent un tel ・ablissement.
Question - Au niveau local, n'y a-t-il pas des regroupements d'artistes, des coalitions qui se cr・nt et qui regroupent quatre ou cinq associations culturelles ou groupes qui se produisent sur sc・e ?
Jane Alexander - Oui, et cela a aid?la plupart des collectivit・. ?Canton, dans l'Ohio, il y a un centre culturel qui abrite sous le m・e toit un mus・, une grande salle r・erv・ ?la musique, une autre, plus petite, pour le th蛯tre, etc.
Question - Vous avez vu ce genre d'arrangement partout o?vous ・es all・ ?
Jane Alexander - Oui. L'expression artistique ne sous-tend pas simplement recevoir des fonds de la NEA. Partout, toutes sortes de projets artistiques sont ?l'・ude et, dans tout le pays, les d・enseurs de l'art se battent f・ocement pour prot・er les subsides qui ciblent l'art.
Question - Parlez-nous un peu plus du r・e des arts dans la collectivit?
Jane Alexander - ?bien des ・ards, la culture est d'autant plus appr・i・ qu'elle est un produit local, parce que dans l'id・l chaque quartier aurait sa petite maison de la culture, un endroit o?les enfants pourraient aller ?la sortie de l'・ole et o?les adultes pourraient passer un peu de leur temps libre ; ce serait un endroit qui abriterait un th蛯tre, un coin r・erv??la danse et aux arts plastiques, un v・itable lieu consacr??l'・ucation artistique. L'id・l, c'est cela. Mais c'est bien rare dans la pratique. Pourtant, dans mon esprit, j'ai per・ ce cheminement de la pens・ dans tout le pays, ce d・ir d'expression artistique. Cela ne veut pas dire que toute manifestation artistique doit ・re r・un・・ et l'artiste amateur ne veut pas n・essairement devenir professionnel. C'est plut・ une tournure d'esprit. D'une certaine fa・n, l'expression artistique change la fa・n de penser, car on est oblig?de r・l・hir. Cela oblige ?trouver des solutions. C'est ce qui se passe. Malheureusement, il reste encore beaucoup de collectivit・ particuli・ement d・h・it・s sur ce plan. Pensez ?l'enseignement de l'expression artistique, parce que la prosp・it?culturelle d'une collectivit?puise ses origines chez les enfants. Plus ces derniers d・ouvrent l'art de bonne heure, sous quelque forme que ce soit, mieux c'est - il s'agit d'une question non seulement d'appr・iation, mais aussi de participation.
Question - On a pourtant l'impression que les programmes relatifs ?l'expression artistique en milieu scolaire sont les premiers ?dispara・re quand les coupes budg・aires deviennent in・itables.
Jane Alexander - Cela aurait ・?impensable au d・ut du si・le. Souvenez-vous que les ・ats-Unis se faisaient un point d'honneur ?d・larer que leur soci・?s'・ait industrialis・ et qu'elle ・ait devenue ?nbsp;civilis・ ? ?l'image de celle de l'Europe. Les arts comptaient pour beaucoup dans l'・uation. C'・ait l'・oque o?de grands philanthropes - John Rockefeller, J.P. Morgan et d'autres - faisaient construire d'immenses b・iments. Les arts avaient aussi leur place dans les programmes scolaires.
Question - On a l'impression qu'il se produit aujourd'hui un revirement de cette tendance, que l'enseignement des arts dans le primaire comme dans le secondaire reprend.
Jane Alexander - Aucune ・ude d・aill・ n'a encore ・?effectu・ sur ce sujet. Le centre Kennedy des arts sc・iques (?Washington) et la NEA, en liaison avec le minist・e de l'・ucation, examinent actuellement la situation dans les ・oles pour tenter de d・ager la place r・erv・ aux arts. C'est en cours. Ce qui est certain, c'est que l'expression artistique a perdu du terrain dans les ann・s soixante-dix et quatre-vingt.
Question - C'est donc l?l'un des d・is ?relever.
Jane Alexander - Absolument.
Question - Parlons maintenant du r・e de l'art dans la vie de l'・re humain.
Jane Alexander - L'art est aussi essentiel que le pain. Qu'est ce qui nous diff・encie des autres animaux, si ce n'est le langage ? Le langage, c'est des mots, que l'on exprime ensuite sous forme ・rite et ainsi de suite. C'est le point de d・art. La musique est aussi vieille que le monde.
Question - J'ai l'impression que le rapport r・ent de la NEA paru sous le titre American Canvas (qui retrace la discussion nationale engag・ par la Fondation sur le th・e du patrimoine artistique des ・ats-Unis) trouve ses origines dans la crise budg・aire et dans la n・essit?de repenser nos strat・ies et nos priorit・. Cette interpr・ation vous para・-elle juste ?
Jane Alexander - ?certains ・ards, oui. C'est le Congr・ qui nous a pouss・ dans cette voie. Il nous a paru utile de commencer ?d・inir la valeur de l'art dans la soci・?pour informer les l・islateurs. Ce faisant, nous avons ・?amen・ ? examiner l'action de la NEA depuis ses d・uts, ?r・l・hir ?sa mission. En d'autres termes, il fallait que nous leur fassions comprendre la valeur de la NEA.
Question - Comment se fait-il que l'art, avec toute la beaut? la vitalit?et la cr・tivit?qu'il incarne, soit une source de controverse ?
Jane Alexander - Ma foi, il y a des gens qui veulent tout d・inir pour la soci・? et les expressions nouvelles de l'art peuvent faire peur. C'est le nouvel art qui effraie, pas l'ancien. C'est exactement ce qui se passe lorsque les jeunes frisent un peu l'outrance dans le domaine de la musique commerciale. Tout le monde tremble.
Question - Nos tensions et d・is budg・aires sont-ils comparables ?ceux que connaissent d'autres pays ?
Jane Alexander - Notre situation est unique au monde dans la mesure o?les aides publiques repr・entent un dixi・e seulement des dons appuyant l'art. Dans notre pays, quatre-vingt-dix pour cent des aides accord・s ?des fins culturelles sont d'origine priv・. Dans le reste du monde, c'est pratiquement le contraire. La Grande-Bretagne commence maintenant ?courtiser le secteur priv? Les ・ats sociaux-d・ocrates de Scandinavie et du reste de l'Europe, traditionnellement de g・・eux bienfaiteurs des artistes, se tournent eux aussi vers le secteur priv??l'heure actuelle.
Question - Puisque nous touchons ?la sc・e internationale, parlez-nous donc de l'influence de l'expression artistique am・icaine en dehors de nos fronti・es.
Jane Alexander - Elle est ph・om・ale. On voit tout de suite que nos films, notre musique, nos milieux de l'・ition marquent le reste du monde. Il est un peu plus difficile d'・aluer l'influence des arts plastiques.
Question - ?votre avis, quels sont les d・is que doit relever notre pays, sur quoi devons-nous concentrer nos efforts pour ・ablir ou pr・erver notre patrimoine artistique ?
Jane Alexander - Avant tout, il faut comprendre qu'apr・ plus de cent cinquante ans de ?nbsp;civilisation ? amorc・ au moment de la r・olution industrielle, les ・ats-Unis poss・ent bel et bien un patrimoine culturel. Il se ressent peut-・re de l'influence qu'ont exerc・ les immigrants venus d'Europe, mais il n'est plus domin?par les th・es europ・ns. Le moment tombe donc ?point pour tenter de d・inir ce qu'est ce patrimoine, les divers th・es qu'il incarne, la diaspora qu'il refl・e. Imaginez que vous soyez capable de retracer l'h・itage culturel qu'ont laiss?des Polonais, ou des Ghan・ns, dans les collectivit・ am・icaines qui les ont accueillis. Ce serait fascinant ! Nous devons aussi commencer ?d・inir notre identit?culturelle sur le plan artistique. Question th蛯tre, par exemple, sommes-nous simplement Broadway (le th蛯tre commercial) ou sommes-nous tout le reste (le th蛯tre non commercial) ? Quand vous voyagez aux ・ats-Unis et que vous commencez ?parler th蛯tre, les gens n'ont l'air de conna・re que Broadway et ce qui se passe dans leur propre collectivit?
Question - Je me suis souvent demand?pourquoi les diverses associations culturelles ne proc・ent pas ?des ・hanges interr・ionaux.
Jane Alexander - Cela commence ?se faire, pour des raisons ・onomiques. Figurez-vous que cela se fait d・?pour l'op・a et la musique ; il y a des villes qui partagent leurs orchestres, des op・as qui se pr・ent des d・ors ou des costumes. On le voit aussi dans les troupes de ballet qui n'ont plus qu'une seule adresse. C'est une bonne chose, une saine ・olution. Cela signifie que les artistes peuvent assurer leur subsistance. Ils arrivent ainsi ?travailler quarante ou cinquante semaines par an, m・e si ce n'est pas toujours dans la m・e ville.
Question - En quoi la technologie commence-t-elle ? influencer la NEA sur le plan tant de l'organisation que de la culture elle-m・e ?
Jane Alexander - Pour le moment, c'est simplement un outil. Les artistes sont encore en train d'・aluer la fa・n dont ils peuvent l'exploiter de fa・n ?donner libre cours ?leur cr・tivit? Les perspectives sont tellement vastes que personne n'est tr・ s・ de rien, d'autant qu'on en est encore au stade des balbutiements. Mais pour ce qui est de faciliter la gestion organisationnelle, il est certain que c'est formidable, ne serait-ce que pour les sondages d・ographiques et pour cibler le public voulu. Par exemple, pour la pi・e dans laquelle je joue actuellement, Honour, une liste de diffusion portant les noms de personnes susceptibles de s'y int・esser nous a permis de cibler l'auditoire invit??l'avant-premi・e. Quel avantage !
Question - Nous n'avons pas parl?de la NEA ou de ses multiples facettes. Elle distribue des fonds, elle organise, elle joue un r・e de catalyseur...
Jane Alexander - ...・alement d'ambassadeur dans le monde.
Question - Joue-t-elle bien son r・e ?
Jane Alexander - Il me semble que oui. Son g・ie, c'est de s'en remettre ?des comit・ d'examen par les pairs, qui sont recrut・ dans tout le pays, lorsqu'il s'agit d'・udier les demandes de bourse. Ce que j'aimais faire le plus, lorsque j'・ais ?la NEA, c'・ait de participer ?ces comit・.
Question - En d'autres termes, des artistes repr・entant chaque discipline d・ident de l'affectation des dons pour leur discipline particuli・e.
Jane Alexander - Oui. Mais avec le budget que nous avions, il ・ait impossible de r・ondre ?tous les besoins du pays. Quand il a ・?amput? il nous a fallu bien cibler notre action et promouvoir les partenariats, ce qui est une bonne formule. On ne doutait pas, par exemple, que telle association se vouant aux arts plastiques ?Des Moines (Iowa), m・itait vraiment de recevoir cent mille dollars ; malheureusement, on ne pouvait lui en donner que dix mille. Il lui fallait donc trouver d'autres fonds pour continuer ses activit・. Et, les artistes n'ayant pas les moyens de r・liser leur vision, on constate le recul des formes d'art les plus passionnantes. Il est incroyablement difficile de r・liser ses r・es, ne serait-ce que sur le plan technique, dans le domaine des arts sc・iques ou plastiques. Je ne connais pas un mus・ dont le budget des conservateurs ne soit pas d・icitaire. Il n'y a pas d'argent pour cela.
Question - Est-ce que les batailles budg・aires ont amen?les gens ?pr・er davantage attention au r・e essentiel que joue l'art dans leur vie ?
Jane Alexander - Les gens sont pour la culture, mais il n'y a que vingt-quatre heures par jour et les distractions sont si nombreuses. Aujourd'hui, l'ordinateur domine la vie de chacun.
Question - Des quatre ann・s que vous avez pass・s ? la NEA, qu'est-ce qui vous donne le plus de satisfaction ?
Jane Alexander - C'est non seulement le fait d'avoir sauvegard?la NEA, mais aussi d'avoir rassembl?tous les d・enseurs de la culture qui unissent maintenant leurs forces au lieu de faire cavalier seul. Autrefois, ils avaient tendance ?se s・arer par discipline, ?opposer la musique aux autres formes de l'art. Mais je leur ai fait comprendre que c'est la m・e chose ; il n'y a que la forme de l'expression qui change.
Question - Qu'est-ce qui vous encourage le plus pour l'avenir ?
Jane Alexander - Le fait que les artistes pers・・ent toujours. Ils trouvent toujours le moyen de s'exprimer. M・e si c'est peu, ils cr・ront toujours. Ce qui me donne de l'espoir aussi, c'est qu'on fait plus pour l'art quand l'・onomie est bonne, et je pense qu'il continuera d'en ・re ainsi.
FINANCEMENT DU SECTEUR SANS BUT LUCRATIF DE L'ART
(Informations fournies par l'organisme Americans for the
Arts)
pourcentage par source
Recettes 49,8%
Dons individuels 38,8%
Dons de fondations 3,5%
Dons d'entreprises 2,5%
Gouvernement local 1,5%
Gouvernement r・ional 1,5%
Gouvernement f・・al 1 %
La Soci・?am・icaine
Revue ・ectronique de l'USIA, volume 3, num・o 1, juin 1998