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La famille am・icaine contemporaine
La vie moderne est souvent stressante, pour les familles comme pour tous les autres membres de notre soci・?survolt・. Pourtant, malgr?toutes les difficult・ et pr・ccupations li・s aux rapports au sein des couples, au mariage et ?l'・ucation des enfants, les Am・icains attendent d・ormais davantage du m・ier de parent ainsi que du mariage. Lorsqu'on compare le pr・ent au pass? au ?bon vieux temps ? il faut comprendre que nos pr・ccupations refl・ent essentiellement notre ferme volont?de faire mieux qu'auparavant, et non pas notre pr・endue sup・iorit?ant・ieure dans ce domaine. Examinons les preuves Les p・es de familles traditionnelles consacrent plus de temps ?leurs enfants qu'?aucun autre moment des cent derni・es ann・s. Du fait que les m・es exer・nt une activit?professionnelle sont de plus en plus nombreuses, le nombre d'heures que les femmes passent ?la maison avec leurs enfants a diminu?depuis le d・ut des ann・s 1900. Mais on enregistre parall・ement une diminution du nombre d'enfants par famille et une augmentation de l'attention individuelle accord・ ?chaque enfant. Si bien que les m・es am・icaines, y compris celles d'entre elles qui travaillent ?temps partiel ou complet, passent pr・ de deux fois plus de temps avec chaque enfant que ne le faisaient les m・es de famille des ann・s 1920. Les gens qui ont ・ev?des enfants dans les ann・s 1940 et 1950 constatent g・・alement que leurs propres enfants et petits-enfants adultes communiquent bien mieux avec leurs enfants et passent davantage de temps ?les aider ?faire leurs devoirs qu'ils ne le faisaient eux-m・es. Les enfants am・icains ont aujourd'hui de meilleures chances de survie que jamais. Dans les ann・s 1950, un enfant avait quatre fois plus de risques qu'aujourd'hui de mourir en bas ・e. Le risque de perdre un enfant de moins de 15 ans ・ait trois fois plus grand. En outre, le taux de d・・ des adolescents ・ait plus ・ev?de 27 pour cent. Si nous jetons un regard en arri・e sur le dernier mill・aire, nous constatons que les familles n'ont jamais ・?uniformes et qu'elles ont toujours ・olu? ?toutes les ・oques, ?peine avaient-elles surmont?une s・ie de probl・es qu'elles se heurtaient ?de nouvelles difficult・. De plus, ce qui r・ssit ?une famille dans un milieu social et culturel donn?ne convient pas forc・ent aux autres. Ce qui peut ・re utile ?un moment de l'existence d'une famille risque de lui ・re n・aste par la suite. S'il y a une le・n ?tirer du dernier mill・aire, c'est le fait que les familles ont toujours su s'adapter ?un monde en perp・uelle ・olution. Prenons la question des m・es de famille qui travaillent. Le concept de la famille dans laquelle la m・e consacre autant de temps ?une occupation professionnelle qu'?ses enfants n'a rien de nouveau. Cela a ・?la norme durant la majeure partie des deux derniers mill・aires. Au 19e si・le, les femmes mari・s am・icaines ont commenc??rester au foyer, mais cela n'・ait possible que lorsque les enfants travaillaient ?l'ext・ieur. Quand le travail des enfants a ・?aboli, les femmes mari・s ont commenc??revenir sur les lieux de travail. Pendant quelques d・ennies, la diminution du travail des enfants a ・?plus importante que l'accroissement de la main-d'・uvre f・inine. Les familles ont alors commenc??n'avoir qu'un gagne-pain. Dans les ann・s 1920, pour la premi・e fois, une petite majorit?d'enfants am・icains ont grandi dans des familles o?le mari ・ait la seule source de revenu. Les femmes restaient ?la maison ?plein temps et leurs enfants allaient ?l'・ole au lieu de travailler. Cette tendance s'est poursuivie pendant des d・ennies. Dans les ann・s 1950, pr・ des deux tiers des enfants am・icains ・aient ・ev・ dans de telles familles, ce qui repr・ente un record. Et pourtant, la m・e d・ennie a connu une augmentation de la participation des femmes et des m・es de famille au monde du travail, et les familles b・・iciant de deux salaires sont peu ?peu devenues la norme, tendance qui a peu de chance d'・re invers・ en ce nouveau si・le. Ce qui est nouveau, ce n'est pas que les femmes contribuent pour moiti?aux ressources financi・es de leur famille, c'est que, pour la premi・e fois, elles exercent un important contr・e sur leurs propres revenus et sont libres de d・erminer leur destin・. Ce qui est nouveau aussi, c'est la diminution de la part de leur existence consacr・ ?leurs enfants, car elles ont moins d'enfants et vivent plus longtemps. Jusqu'?1940, le mariage typique prenait fin avec le d・・ de l'un des conjoints, quelques ann・s apr・ que le dernier enfant eut quitt?le foyer familial. ?l'heure actuelle, les couples peuvent s'attendre ?passer plus de vingt ans ensemble apr・ le d・art de leurs enfants. Le temps de plus en plus long que les couples sont appel・ ?passer ensemble fait que certains ・oux sont moins dispos・ que par le pass??se contenter d'un mariage malheureux. En outre, l'ind・endance ・onomique des femmes rend le statu quo moins indispensable. Si bien que l'on note, d'une part, une augmentation r・uli・e du taux de divorce aux ・ats-Unis depuis 1900. Mais d'autre part, l'augmentation de l'esp・ance de vie signifie que le nombre de couples qui c・・rent leur 40e ou 50e anniversaire de mariage est plus ・ev?que jamais. Les nouvelles possibilit・ qui s'offrent aux femmes sont bonnes non seulement pour elles-m・es, mais aussi pour leurs enfants. Des ・udes montrent en effet que les enfants r・ssissent mieux quand leur m・e est satisfaite de son existence, qu'elle reste au foyer ou qu'elle travaille ?plein temps. Et le nouveau r・e jou?par les femmes dans le monde du travail contribue grandement ?l'accroissement de la participation des hommes aux activit・ du m・age. Bien que la plupart des maris assument moins de t・hes m・ag・es que leur femme, le foss?qui s・arait les ・oux dans ce domaine a ・?r・uit de moiti?depuis les ann・s 1960. Actuellement, 49 pour cent des couples d・larent partager ・alement la charge des enfants, contre 25 pour cent en 1985. La participation accrue des p・es aux t・hes m・ag・es am・iore leurs rapports avec leur ・ouse, mais elle est ・alement b・・ique pour leurs enfants. Les p・es qui prennent part aux activit・ m・ag・es sont de meilleurs parents que ceux qui laissent leur ・ouse faire tout le travail et s'occuper enti・ement des enfants. Ils ・・ent des fils qui s'ext・iorisent davantage et des filles qui ont plus de chances de r・ssir en classe, notamment en math・atiques et en science. En 1900, l'esp・ance de vie aux ・ats-Unis ・ait de 47 ans et 4 pour cent seulement de la population atteignait 65 ans ou plus. Aujourd'hui, l'esp・ance de vie des Am・icains est de 76 ans et on estime que, d'ici ?2025, 20 pour cent de la population aura 65 ans ou plus. Pour la premi・e fois, une g・・ation d'adultes doit faire des plans tenant compte des besoins de ses parents et de ses enfants. La plupart des Am・icains font face de tr・ bonne gr・e ?cette situation. Un m・age sur quatre consacre chaque semaine l'・uivalent d'une journ・ enti・e ou plus ?des soins non r・ribu・ ?un parent ・? et plus de la moiti?des m・ages s'attendent ?le faire dans les dix ann・s qui viennent. Les personnes ・・s risquent moins que dans le pass?de conna・re la pauvret?ou d'・re handicap・s par la maladie et elles ont davantage de possibilit・ de maintenir des rapports avec leurs petits-enfants. Et m・e certains des choix qui inqui・ent les gens s'av・ent supportables. Le taux de divorce restera vraisemblablement ・ev?et la dissolution d'un mariage cause souvent de graves probl・es aux adultes comme aux enfants. Mais quand les parents minimisent les conflits, il est possible de maintenir les liens familiaux. C'est d'ailleurs le cas dans de nombreuses familles. Davantage de parents qui n'ont pas la garde de leurs enfants restent n・nmoins en contact avec ceux-ci. Les versements de pensions alimentaires augmentent. La proportion d'enfants traumatis・ par un divorce est plus faible que durant les d・ennies pr・・entes. Et les belles-familles apprennent ?faciliter les contacts des enfants avec les adultes qui ont une attitude positive, plut・ que de les couper d'une partie de la famille. Tandis que nous commen・ns ?comprendre la diversit?qui caract・ise les familles am・icaines contemporaines en mati・e de taille, de composition et de race, nous d・ouvrons que les diff・ences qui existent au sein m・e de chacun de ces types de famille sont plus importantes que celles qui existent entre eux. Aucun type particulier de famille ne garantit le succ・, et aucun d'eux n'est vou??l'・hec. La fa・n dont une famille fonctionne en son sein est plus importante que l'image qu'elle donne d'elle-m・e de l'ext・ieur. Les plus gros probl・es auxquels se heurtent la majorit?des familles am・icaines ?l'aube du nouveau si・le sont dus non pas au fait que les familles ont trop chang? mais ?la lenteur de l'・olution de nos institutions. La r・lementation du travail refl・e une ・oque r・olue o?la plupart des femmes ne travaillaient pas et o?la majorit?des p・es ne connaissaient pas les joies que procure l'・ucation des enfants. Les horaires scolaires semblent souvent avoir ・?con・s pour les d・ennies pass・s, pour une ・oque o?l'on avait besoin soit que les enfants restent ?la maison pour aider aux travaux m・agers soit qu'ils aillent travailler. Les organismes sociaux ont encore beaucoup ?faire dans ce domaine, mais la plupart des familles am・icaines abordent le nouveau mill・aire arm・s de plus de ressources et d'espoir que jamais et en accordant d・ormais la m・e consid・ation ?tous les membres de la famille. ---------- St・hanie Coontz, auteur de The Way We Really Are, fait partie du corps professoral de l'Evergreen State College d'Olympia (・at de Washington). Copyright (c) 1999 Time Inc. Reproduction autoris・.
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