Une occasion à saisir


Colin Powell

Secrétaire d'État des États-Unis



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photo of Colin L. Powell
« Le terrorisme international représente une menace multidimensionnelle. Notre coalition doit utiliser toutes les ressources des États pour le vaincre », affirme le secrétaire d'État Colin Powell. « Ce sera une campagne longue et difficile, mesurée en années, et qui se déroulera sur de multiples fonts. À cette fin, notre coalition aura la flexibilité nécessaire pour évoluer. En fait, le simple fait de participer à cette vaste campagne contre le terrorisme sera peut-être l'occasion de refaçonner les relations internationales et de créer, ou étendre, des zones de coopération. »

Les massacres du 11 septembre, commandités par Oussama ben Laden et son réseau Al-Qaïda, ont uni le monde contre le terrorisme international. Plus de 80 pays ont perdu des ressortissants dans ces attaques. De notre chagrin et de notre détermination collectifs peuvent jaillir de nouvelles possibilités non seulement de vaincre le terrorisme, mais aussi de coopérer avec d'autres pays sur un grand nombre de dossiers d'intérêt commun.

Un grand nombre de pays et d'organisations internationales - notamment l'OTAN, l'Union européenne, l'Organisation des États américains, l'Association des nations du Sud-Est asiatique, l'Organisation de l'unité africaine, la Ligue arabe, l'Organisation de la Conférence islamique, et l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité de l'ONU - ont répondu à l'appel du président Bush qui voulait créer une coalition mondiale pour lutter contre le terrorisme. Le Conseil de sécurité a en effet adopté à l'unanimité une résolution historique obligeant les 189 membres de l'ONU à empêcher les terroristes de voyager, à geler leurs avoirs, à s'abstenir de tout soutien au terrorisme et à coopérer aux fins de traduire les terroristes en justice.

Le terrorisme international est une menace multidimensionnelle. Notre coalition doit utiliser toutes les ressources des États afin de le vaincre. Certains pays participeront aux opérations militaires engagées contre ceux qui ont perpétré les attaques du 11 septembre. D'autres, sans participer directement à ces opérations, fourniront un soutien logistique, des bases et autres zones de préparation, ou encore autoriseront le survol de leur territoire. De nombreux pays contribueront aux secours humanitaires visant à aider les millions d'Afghans innocents qui ont souffert sous le joug du régime taliban, un régime qui semble plus se préoccuper d'Oussama ben Laden et de ses terroristes que de son peuple affamé. Les membres de la coalition s'attacheront également à perturber et à détruire les réseaux terroristes en échangeant des renseignements et autres informations capitales, en coopérant au niveau des forces de l'ordre et en coupant les sources d'approvisionnement financier des terroristes.

Ce sera une campagne longue et difficile, qui sera mesurée en années et menée sur de multiples fronts. À cette fin, notre coalition aura la souplesse nécessaire pour évoluer. En fait, le simple fait de participer à cette vaste campagne contre le terrorisme sera peut-être l'occasion de refaçonner les relations internationales et de créer, ou étendre, des zones de coopération.

Nos alliances en Europe, en Asie et sur le continent américain ont déjà été revigorées par l'invocation des clauses de défense collective des traités de l'OTAN, de l'ANZUS et de Rio.

La réaction du président Poutine aux événements du 11 septembre a marqué le début d'une nouvelle ère dans nos relations bilatérales avec la Russie, relations dans laquelle le nouvel esprit de coopération en matière de lutte antiterroriste pourrait faciliter le règlement de divers contentieux dans notre ordre du jour. En effet, depuis le 11 septembre, il semble non seulement plus clair que la guerre froide est terminée, mais aussi que l'ère de l'après-guerre froide s'est achevée.

La Chine a également considérablement contribué à cet effort mondial sans précédent. Je suis convaincu que plus nous renforcerons notre coopération contre le terrorisme avec la Chine, plus nous serons en mesure d'avoir des consultations approfondies avec les dirigeants de Pékin sur des sujets auxquels nous attachons une grande importance.

Nous avons également saisi la chance d'améliorer nos relations avec le Pakistan et l'Inde. Le président pakistanais, M. Moucharraf, a pris la décision stratégique de cesser de soutenir les talibans. Du fait des diverses actions entreprises par le Pakistan afin de soutenir notre campagne, nous commençons à entrevoir le renforcement d'une relation bilatérale qui se resserrera dans les années à venir.

Le président Bush avait clairement signifié, bien avant le 11 septembre, que le renforcement de nos relations avec l'Inde était l'une de ses priorités. Du fait du ferme soutien que nous recevons du gouvernement indien depuis le 11 septembre, nous saisissons cette chance d'accélérer le resserrement de nos relations avec ce pays.

Notre rapprochement avec ces deux rivaux d'Asie méridionale permettra peut-être à ces deux pays de repenser la stabilité du sous-continent.

Les millions de nos concitoyens qui professent la foi islamique et les dix nations musulmanes qui ont perdu des citoyens dans les attaques du 11 septembre doivent être convaincus que les assassins et leurs complices pervertissent l'islam quant ils l'invoquent pour justifier leurs crimes odieux. De ce sens profond de notre humanité commune et de notre prise de conscience commune de notre vulnérabilité face au terrorisme, nous entrevoyons une nouvelle dimension du renforcement de nos relations avec le monde islamique.

Dans cette campagne internationale, les États-Unis acceptent l'aide de tout pays ou de toute partie qui est réellement prête à coopérer avec eux, mais ils ne renieront pas leurs principes et continueront de promouvoir leurs intérêts fondamentaux que sont les droits de l'homme, la responsabilité des gouvernements, l'ouverture des marchés, la non-prolifération des armes et le règlement des conflits, parce qu'ils croient qu'un monde défini par la démocratie, l'égalité des chances et la stabilité est un monde où les terroristes ne peuvent pas survivre.

Tout au long de cette campagne contre le terrorisme international, les employés dévoués de notre département d'État, que ce soit à l'étranger ou ici à Washington, seront tout autant sur la ligne de front que nos soldats.

Nous ne laisserons pas le terrorisme prendre en otage la politique étrangère des États-Unis. Le président a exhorté les Américains à reprendre leur vie normale. De même, les États-Unis vont continuer de poursuivre leurs objectifs, qu'il s'agisse de promouvoir la bonne gestion des affaires publiques, de coopérer avec d'autres pays afin de stopper la pandémie de sida, de créer le cadre stratégique de l'après-guerre froide, de lancer un nouveau cycle de négociations commerciales ou de promouvoir la paix au Proche-Orient.

Le terrorisme a jeté une ombre sur le monde entier. Cependant, la détermination du monde entier de lutter contre lui n'a jamais été aussi grande, et les perspectives de coopération internationale sur un vaste éventail de questions n'ont jamais été aussi brillantes. Comme le président l'a dit récemment, lorsqu'il est venu au département d'État : « De ce mal naîtra le bien. À travers nos larmes, nous entrevoyons l'occasion de créer un monde meilleur pour les générations futures, et nous la saisirons. »

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