LE D¡¦INAGE HUMANITAIRE AU RWANDA :
L'HISTOIRE
D'UN
SUCC¡¦
Matthew Murphy
Directeur principal des programmes
Service des programmes de d¡¦inage humanitaire
D¡¦artement d'¡¦at
Aujourd'hui, le programme am¡¦icain de d¡¦inage humanitaire au Rwanda a atteint, selon M. Murphy, son ?nbsp;rythme de croisi¡¦e ? ce qui est la ?nbsp;mesure du succ¡¦ ? des programmes de d¡¦inage parrain¡¦ par les ¡¦ats-Unis. Ces derniers continueront de fournir les ressources n¡¦essaires au Rwanda, afin qu'il puisse se d¡¦arrasser du ?nbsp;fl¡¦u des mines terrestres ? M. Murphy est le directeur principal des programmes du Service des programmes de d¡¦inage humanitaire du Bureau des affaires politico-militaires au sein du d¡¦artement d'¡¦at. C'est ce service qui est responsable de la coordination des op¡¦ations am¡¦icaines de d¡¦inage humanitaire dans le monde entier.
Le programme am¡¦icain de d¡¦inage humanitaire a un triple objectif : all¡¦er la souffrance humaine, d¡¦elopper les capacit¡¦ locales de d¡¦inage, et promouvoir les int¡¦¡¦s des ¡¦ats- Unis dans les domaines de la paix, de la prosp¡¦it?et de la stabilit? r¡¦ionale.
La principale mesure de l'efficacit?du programme est le d¡¦eloppement de la capacit?d'un pays partenaire de g¡¦er, de diriger et de superviser ses propres op¡¦ations de d¡¦inage. Le Rwanda, qui est l'un des six pays d'Afrique noire o?les ¡¦ats-Unis ont mis en ¡¦uvre un programme de d¡¦inage humanitaire, a atteint ce stade. Des d¡¦arches semblables sont en cours en Angola, au Tchad, au Mozambique, en Namibie et au Zimbabwe.
Lorsque le programme am¡¦icain a d¡¦ut?au Rwanda, en 1995, la majeure partie du pays ¡¦ait infest¡¦ de mines terrestres et de munitions non d¡¦amorc¡¦s du fait des combats qui avaient eu lieu en 1991 et en 1994. En 1995, le Bureau national rwandais du d¡¦inage, ¡¦abli gr¡¦e ?un accord bilat¡¦al pass?entre les ¡¦ats-Unis et le Rwanda, estimait qu'il y avait environ deux cent cinquante mille mines et munitions non explos¡¦s ?¡¦iminer du territoire. De plus, la poursuite des combats dans le nord-ouest du pays engendre des quantit¡¦ suppl¡¦entaires de munitions non d¡¦amorc¡¦s.
Bien que tous ces engins soient diss¡¦in¡¦ sur pr¡¦ des deux tiers du territoire du pays, ils sont particuli¡¦ement concentr¡¦ dans le nord-est, dans les terres agricoles et les plantations de th? situ¡¦s pr¡¦ de Kigali. Dans cette zone, les soldats rwandais ont min? les routes, les chemins et les champs afin d'entraver la progression des rebelles du Front patriotique rwandais, qui p¡¦¡¦raient dans le pays en passant par l'Ouganda. En 1994, durant la f¡¦oce bataille de trois mois pour la prise de la capitale rwandaise, les zones entourant les ¡¦oles, les h¡¦itaux et les usines ont ¡¦?truff¡¦s de mines. Aujourd'hui, des quartiers entiers de Kigali et de sa banlieue ont ¡¦? d¡¦in¡¦, et des op¡¦ations de d¡¦inage sont encore en cours.
Lorsque les op¡¦ations am¡¦icaines de d¡¦inage ont commenc? les insurrections ethniques avaient d¡¦ast?des zones habitables, d¡¦ruit la main-d'¡¦uvre et an¡¦nti toute perspective de redressement ¡¦onomique. Le personnel militaire et les civils ¡¦aient pareillement victimes des mines antipersonnel et antichar. ?la fin du conflit, lorsque les r¡¦ugi¡¦ sont rentr¡¦ afin de cultiver la terre, le nombre de victimes parmi les civils a commenc??augmenter. En 1994, les Nations unies rapportaient que l'on comptait en moyenne deux victimes civiles par jour dans les zones min¡¦s du pays.
Cependant, les r¡¦ugi¡¦ rwandais qui rentrent aujourd'hui sont plac¡¦ dans des logements construits par des organisations non gouvernementales sur des terrains d¡¦arrass¡¦ de toute mine et de toute munition non explos¡¦ par le Bureau national du d¡¦inage. Par exemple, des milliers de Rwandais qui s'¡¦aient r¡¦ugi¡¦ en Ouganda, fuyant les massacres de Tutsis par les Hutus, l'ethnie majoritaire, sont actuellement r¡¦nstall¡¦ dans des zones d¡¦in¡¦s du Parc national de Kagera.
En mai 1995, le personnel militaire am¡¦icain du Commandement europ¡¦n a ¡¦abli un programme de formation ?l'intention des soldats de l'Arm¡¦ populaire rwandaise, qui ¡¦ait d¡¦?dot¡¦ d'ing¡¦ieurs tr¡¦ capables, nombre d'entre eux ayant ¡¦?form¡¦ au d¡¦inage soit aux ¡¦ats-Unis, soit en Belgique.
En l'espace de six mois, les soldats am¡¦icains avaient form? quatre-vingt-cinq membres de l'arm¡¦ rwandaise aux techniques de d¡¦inage, et s'¡¦aient arrang¡¦ pour leur fournir dix-huit chiens sp¡¦ialement entra¡¦¡¦ ?la d¡¦ection de mines. Les ¡¦ats-Unis ont ¡¦alement fourni, dans le cadre de ce programme, deux cent cinquante d¡¦ecteurs de mines.
Les quatre-vingt-cinq soldats rwandais affect¡¦ au Bureau national du d¡¦inage sont organis¡¦ en escouades comprenant huit ?dix d¡¦ineurs, un m¡¦ecin et un expert en communications. Le Bureau national du d¡¦inage a créé une base de donn¡¦s o?sont consign¡¦s toutes les informations ¡¦anant des op¡¦ations sur le terrain.
En 1996, les ¡¦ats-Unis ont concentr?leurs efforts sur un programme de formation d'instructeurs, enseignant les sujets suivants : d¡¦inage, techniques de d¡¦ection des mines, principes essentiels du d¡¦amor¡¦ge de munitions, informatique, planification et organisation de campagnes de sensibilisation aux mines, et secours m¡¦ical d'urgence. Gr¡¦e ?ce concept de formation d'instructeurs, des soldats rwandais sont devenus des instructeurs qualifi¡¦ qui peuvent ?leur tour former leurs coll¡¦ues aux techniques de d¡¦inage.
En 1997, le programme a plut¡¦ ¡¦?ax?sur la fourniture d'¡¦uipement de d¡¦inage, ainsi que de chiens et de ma¡¦res-chiens, afin de soutenir les d¡¦ineurs form¡¦ par les ¡¦ats-Unis et de compl¡¦er la formation d'une quatri¡¦e section de d¡¦inage.
L'impact de l'action des ¡¦ats-Unis est ¡¦ident. Plus de cent soixante kilom¡¦res de routes, indispensables au redressement ¡¦onomique, et plus de deux mille hectares de terres arables, ont ¡¦? d¡¦in¡¦. Dans ces zones, les d¡¦ineurs rwandais ont d¡¦ruit plus de deux cents mines antipersonnel et antichar, et d¡¦amorc?pr¡¦ de sept mille cinq cents munitions.
Le commandant du Bureau national du d¡¦inage estime qu'il reste encore pr¡¦ de cinq mille mines et cent mille munitions non explos¡¦s ?¡¦iminer. Les d¡¦ineurs du Bureau ont en outre rep¡¦?sept terrains min¡¦. Il faudra trois mois pour nettoyer chacun d'entre eux.
Le Bureau national du d¡¦inage dirige en outre des programmes de sensibilisation aux dangers que repr¡¦entent les mines. Il diss¡¦ine ses informations par le biais de la radio, de la t¡¦¡¦ision, de tee- shirts, de banderoles et d'affiches. Il cible les zones o?ont eu lieu les combats les plus ardus, prenant soin particuli¡¦ement d'avertir les enfants des dangers que repr¡¦entent les mines et les munitions non explos¡¦s. Le programme de sensibilisation indique ¡¦alement ?la population o?et ?qui signaler la d¡¦ouverte de mines et de munitions non explos¡¦s.
Aujourd'hui, nous consid¡¦ons que le programme de d¡¦inage humanitaire au Rwanda a atteint son rythme de croisi¡¦e, ce qui est la mesure du succ¡¦ des programmes de d¡¦inage parrain¡¦ par les ¡¦ats- Unis. Le Bureau national du d¡¦inage est une heureuse solution au probl¡¦e des mines et des munitions non explos¡¦s au Rwanda. Cet organisme est fier, ?juste titre, de ses accomplissements. Cependant, bien que ce Bureau soit techniquement capable de mener sa mission a bien, il a encore besoin du soutien financier de l'ext¡¦ieur.
De 1995 ?1998, les ¡¦ats-Unis ont d¡¦ens?six millions de dollars au titre de leur programme de d¡¦inage humanitaire au Rwanda. Ils vont continuer de fournir au gouvernement rwandais les ressources n¡¦essaires qui lui permettront de continuer ?g¡¦er ce programme de fa¡¦n efficace. Les ¡¦ats-Unis envisagent de consacrer encore 1,2 million de dollars, durant l'ann¡¦ budg¡¦aire 1999, ?aider ce pays en situation difficile ?se d¡¦arrasser du fl¡¦u des mines terrestres.
Les Objectifs de
politique ¡¦rang¡¦e des ¡¦ats-Unis
Revue ¡¦ectronique de
l'USIA, volume 3, num¡¦o 3, juillet 1998