Dans des centaines d'écoles à travers le monde, des élèves mesurent avec précision la température de l'air et les précipitations, puis communiquent leurs données à des scientifiques. Aux États-Unis, des bénévoles transforment une ancienne base de lancement de missiles en centre d'études écologiques, l'agrémentant de pistes pour amateurs de la nature et d'observatoires de migration d'oiseaux ; et des enfants défavorisés découvrent la diversité de la faune et de la flore des zones urbaines dans lesquelles ils vivent. L'objet des programmes de ce genre est de contribuer à la solution de graves problèmes écologiques, allant de la contamination de l'eau à la disparition d'espèces animales et végétales.

Il existe actuellement des centaines de programmes d'écologie, mis sur pied par les écoles, les universités, les associations, les milieux d'affaires, les parcs municipaux, les zoos, les musées et les centres d'études scientifiques et naturelles des États-Unis. La science de l'environnement connaît une popularité croissante dans l'enseignement, et une trentaine d'États l'ont rendue obligatoire dans les programmes de l'enseignement primaire et secondaire.

« Depuis vingt-cinq ans, les programmes écologiques aident la population à prendre conscience de l'importance de l'environnement », a déclaré Carol Browner, administratrice de l'EPA (Agence de protection de l'environnement). « De plus en plus d'Américains comprennent que pour que leurs enfants puissent profiter d'un milieu salubre, ils doivent prendre au sérieux leur rôle d'intendants de l'air, de l'eau et de la terre. »

Jusqu'à ce siècle, peu de gens pensaient que, vivant sur une étendue pratiquement illimitée de terres aux abondantes ressources en eau, l'homme pourrait causer à l'environnement des dégâts irréparables. Mais aujourd'hui, les gouvernements et les populations du monde entier sont aux prises avec l'érosion des côtes, les déversements accidentels de pétrole, la contamination de l'eau potable, tandis que des problèmes tels que la croissance démographique, le déboisement, les pluies acides et l'éventualité de changements rapides de climat nous mettent devant des choix difficiles pour l'avenir.

La politique moderne de l'environnement a peut-être débuté lors du premier Jour de la Terre, le 22 avril 1970, année qui a également été marquée par la création de l'EPA. À l'époque, l'opinion s'était alarmée en apprenant que des milliers de barils de produits chimiques qui fuyaient avaient été découverts dans le canal Love, dans l'État de New-York, que l'eau de la Nouvelle-Orléans était si contaminée que personne ne pouvait plus la boire, et que la rivière Cuyahoga, qui passe à Cleveland, dans l'Ohio, avait pris feu tellement elle était polluée.

Depuis ce premier Jour de la Terre, le Congrès a voté près de quarante lois importantes traitant de toute une gamme de problèmes écologiques concernant notamment la salubrité de l'air et de l'eau, la conservation de l'énergie, les déchets dangereux, les herbicides et autres pesticides. De plus, des douzaines d'espaces protégés, de parcs et de réserves naturelles ont été créés ou développés.

Dans la revue de l'EPA, Mme Browner signale que des progrès remarquables ont été réalisés dans la protection de la santé publique et de l'environnement et que d'excellents résultats ont été obtenus dans l'assainissement de certaines des eaux les plus polluées du pays comme celles du lac Érié et du Potomac.

« Nous n'avons plus de rivières qui prennent feu, dit-elle. Notre atmosphère est plus propre qu'elle ne l'était, et les spécialistes et techniques des États-Unis en matière d'environnement sont recherchés à travers le monde. »

Malgré ces succès, Mme Browner souligne qu'il reste encore beaucoup à faire pour faire face aux problèmes écologiques qui vont se poser au cours des vingt-cinq prochaines années et que l'éducation est l'outil le plus important pour remédier aux atteintes à la qualité de l'environnement.

Pour le sénateur John Chafee, président de la commission sénatoriale de l'environnement et des travaux publics, l'éducation en matière d'environnement doit commencer à la base, c'est-à-dire dans les collectivités et dans l'enseignement primaire, secondaire et universitaire.

« La meilleure façon d'encourager la protection de l'environnement est de montrer que la dégradation de l'environnement nuit à tout le monde, écrit-il dans la revue de l'EPA. Et l'éducation nous en donne le moyen. »

L'ENSEIGNEMENT ÉCOLOGIQUE A COMMENCÉ AU SIÈCLE DERNIER

Les programmes d'enseignement mettant l'accent sur la protection de la nature et autres domaines connexes existaient déjà à la fin des années 1800. Dans l'État du Wisconsin, des défenseurs de la nature posèrent les bases d'une approche plus formelle avec l'adoption, dans les années 1930, de la première loi exigeant que la protection de la nature soit enseignée dans l'enseignement public de cet État et que les professeurs de sciences reçoivent une formation dans ce domaine. À ce jour, cet État continue à donner l'exemple en ce qui concerne la formation des enseignants et les subventions en matière d'environnement.

La Fédération nationale de la nature , organisation non gouvernementale, et les ministères de l'éducation de l'Ohio et de la Floride ont également fait oeuvre de pionnier en mettant en oeuvre des programmes novateurs dans ce domaine dès les années 1940.

« Il existe depuis plus de cent ans des programmes sur l'environnement, selon la façon dont on les conçoit », déclare M. Ed McKrea, directeur de la North American Association for Environmental Education (NAAEE), la plus importante association au monde d'enseignants spécialisés dans la protection de l'environnement. « Les versions les plus modernes remontent au premier Jour de la Terre, il y a vingt-cinq ans. Ces initiatives ont essentiellement pour objet d'éduquer et de motiver des gens qui s'emploieront à améliorer et à préserver la qualité de l'environnement. »

En 1975, à Belgrade (Yougoslavie), les participants à un atelier international ont proposé un modèle mondial d'éducation en matière d'environnement, la Charte de Belgrade. Cette charte déclare que l'objectif de l'éducation en matière d'environnement doit être d'obtenir que la population mondiale se préoccupe de l'environnement et qu'elle possède les connaissances et la volonté nécessaires pour chercher des solutions aux problèmes actuels et prévenir les nouveaux problèmes dans ce domaine.

Deux ans plus tard, des représentants de soixante-dix pays assistaient à Tbilissi, en Géorgie, à une conférence sur l'éducation en matière d'environnement, la plus vaste conférence ayant ce sujet pour thème. Elle avait pour but de définir des objectifs basés sur la Charte de Belgrade et qui pourraient être poursuivis par tous les pays. Ces objectifs comprenaient une aide permettant à des groupes et individus d'acquérir des connaissances de base sur l'environnement et les compétences nécessaires pour identifier et résoudre les problèmes écologiques.

Les programmes américains basés sur ces objectifs, et qui ont été adoptés par le gouvernement fédéral et par les gouvernements locaux ainsi que par des organisations non gouvernementales, comprennent la formation des enseignants, la fourniture de matériel pédagogique et la mise à la disposition des étudiants de possibilités de travaux sur le terrain.

LE PROGRAMME « GLOBE », CONNU DANS LE MONDE ENTIER

L'un des programmes les plus célèbres dans ce domaine est GLOBE, sigle de Global Learning and Observation to Benefit the Environment (Programme mondial d'étude et d'observation de l'environnement). Il s'agit d'un programme d'enseignement pratique appliqué dans les écoles et qui a été lancé en 1994 par le vice-président Al Gore. Les écoliers mesurent, entre autres, la température de l'air et l'humidité du sol en des milliers de points de la Terre et partagent leurs données par Internet. Les scientifiques d'un centre de données rassemblent ensuite les renseignements reçus des écoles participantes et les combinent à ceux qui leur parviennent d'autres sources, notamment d'instruments placés à bord de satellites, pour dresser des cartes de l'état de l'environnement à travers le monde.

Plus de deux mille écoles des États-Unis se sont déjà inscrites à ce programme et plus de cent pays se sont déclarés en faveur de la participation de leurs établissements scolaires. L'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution appuyant ce programme. La Russie a été le premier pays étranger à participer officiellement à GLOBE, en décembre 1994. Aux États-Unis, GLOBE est financé et administré par six agences fédérales.

Un autre important programme d'éducation en matière d'environnement a recueilli la participation de quelque dix mille enfants de cent pays qui, en 1993, ont créé une version enfantine de l'Agenda 21, l'ambitieux programme adopté à Rio de Janeiro en 1992 au Sommet de la Terre, dans le but de parvenir à un développement durable au vingt et unième siècle. La version enfantine de ce programme, intitulée « Mission de sauvetage de la Terre », traduit les quarante chapitres du document publié à l'issue de ce sommet en un manuel pratique de protection de l'environnement à l'intention des enfants. Il en existe actuellement environ deux cent soixante-dix mille exemplaires en quatorze langues, ce qui en fait l'un des livres à succès parrainés par les Nations unies.

Un développement durable, c'est-à-dire permettant de satisfaire aux besoins des populations sans amenuiser les ressources nécessaires aux générations futures, est devenu l'objectif primordial de l'éducation en matière d'environnement. Ce sera le thème principal du Congrès international sur l'éducation et la formation en matière d'environnement que parrainera l'ONU en 1997.

DE NOMBREUX PROGRAMMES SONT FINANCÉS PAR L'EPA

En 1990, le Congrès a adopté la Loi sur l'éducation en matière d'environnement et voté une somme de 65 millions de dollars, utilisable sur une période de cinq ans, pour créer un Bureau de l'éducation en matière d'environnement au sein de l'EPA, confiant à cette agence la responsabilité de coordonner les initiatives fédérales en faveur de l'éducation en matière d'environnement. Cette loi autorisait également la création d'un programme national de subventions permettant de sensibiliser les écoliers, les particuliers et les collectivités des cinquante États américains à la pollution de l'air et de l'eau, à la protection des aires d'alimentation en eau et de l'écosystème et à toute une gamme d'autres questions importantes.

« Depuis 1992, nous avons accordé un bon millier de subventions totalisant onze millions de dollars pour mettre des ateliers et du matériel pédagogique à la disposition des enseignants professionnels et autres, a déclaré M. Michael Baker, directeur par intérim de la division de l'éducation en matière d'enseignement à l'EPA. La plupart des subventions vont à l'enseignement primaire, mais nous en avons aussi accordé à des organismes sans but lucratif, à des universités et à des écoles de commerce. »

Ces subventions peuvent aller jusqu'à vingt-cinq mille dollars, a-t-il indiqué, mais la plupart ne dépassent pas cinq mille dollars.

« Et nous obtenons des résultats incroyables des enseignants et des bénéficiaires de ces subventions, ajoute-t-il, même de ceux qui ne reçoivent que cinq mille dollars et qui peuvent faire tant de choses, dans leur collectivité, que c'est comme si nous leur avions accordé cinq millions de dollars. »

Les exemples de projets financés par l'EPA comprennent un institut qui, à New-York, forme des animateurs de quartiers pauvres pour leur apprendre à mieux protéger la population de la pollution de l'air et de l'eau, de l'intoxication par le plomb et des déchets dangereux.

Un autre programme, intitulé « Sauvons nos oiseaux migrateurs », enseigne aux écoliers des États-Unis, du Mexique, du Canada et d'Argentine à protéger l'habitat local des oiseaux migrateurs. Ce projet entend souligner le caractère mondial des problèmes écologiques grâce à l'étude des oiseaux qui fréquentent ces pays par leurs migrations saisonnières. Il a été institué avec l'aide d'organisations non gouvernementales des quatre pays.

Dans le Rhode-Island, des subventions ont financé un projet universitaire visant à inscrire les changements climatiques au programme des établissements secondaires, un projet de la société Audubon qui enseigne aux enfants les effets de la pollution dans la baie de Narragansett, et une étude de la Société zoologique qui contrôle les résultats des mesures de conservation de l'eau dans le Rhode-Island, ainsi qu'en Colombie (Amérique du Sud).

Des fonds de l'EPA ont également aidé à transformer une ancienne base de lancement de missiles située dans une île du lac Érié, en centre de sensibilisation écologique. Une fois que les anciens silos à missiles ont été débarrassés de l'eau contaminée qu'ils contenaient et comblés, des bénévoles ont aménagé des pistes pour amateurs de la nature et des observatoires des migrations d'oiseaux. Actuellement, cette île sert aux sorties en classe verte des élèves des trente-cinq circonscriptions scolaires de la ville voisine de Détroit, dans le Michigan.

L'EPA a également un programme de bourses qui encourage les étudiants d'université à faire carrière dans le domaine de l'environnement. Dans le cadre de ce programme, on donne à des étudiants de quelque deux cent dix universités participantes la possibilité de mener à bien des projets écologiques conçus par des scientifiques de l'EPA. Ce programme a été considéré par l'université de Princeton comme l'un des cent meilleurs programmes de stages sur un total de plus de mille candidats à ce titre.

La loi qui a créé la division de l'enseignement en matière d'environnement à l'EPA a également autorisé la création de la Fondation nationale pour l'éducation et la formation en matière d'environnement, organisme sans but lucratif qui recueille des fonds privés en contrepartie de fonds fédéraux spéciaux pour les programmes d'éducation en matière d'environnement.

L'ACTION MONDIALE DE LA NAAEE

Un autre élément moteur de l'éducation en matière d'environnement est la North American Association for Environmental Education (NAAEE), réseau d'enseignants et d'étudiants qui s'emploient, à travers les États-Unis et dans une quarantaine de pays, à aider les gens à acquérir des connaissances sur l'environnement.

Cette association, dont le budget annuel est passé de soixante-cinq dollars à deux millions cinq cent mille dollars depuis 1989, établit une série de normes nationales dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps, selon les spécialistes. Ces normes, qui sont mises au point en collaboration avec d'autres organismes, permettront d'évaluer le matériel pédagogique et d'identifier ce que doivent savoir les étudiants et les enseignants dans le domaine de l'environnement.

L'an dernier, l'EPA a chargé la NAAEE de coordonner le Projet d'éducation et de formation en matière d'environnement, important consortium d'universités et d'agences fédérales qui bénéficie d'une subvention et qui, au cours des trois prochaines années, mettra au point du matériel pédagogique pour les enseignants, organisera des ateliers à l'intention de ces derniers et développera la base de données électroniques des nouveaux programmes d'éducation en matière d'environnement.

« Nous comptons former plus de trente mille enseignants rien qu'au cours de la première année, a dit M. Baker. Il s'agit donc d'un vaste projet qui prévoit l'octroi de subventions aux gens qui travaillent dans le domaine de l'éducation en matière d'environnement. »

La NAAEE met fortement l'accent sur l'éducation dans les zones urbaines et les quartiers peuplés de gens appartenant à des cultures différentes. Un élément important de cet effort est le réseau VINE, programme grâce auquel des bénévoles aident les écoliers de huit à douze ans, en particulier ceux de milieux défavorisés, à découvrir la diversité des plantes, des animaux et des habitats de leur quartier. En 1994, des programmes de VINE avaient été mis sur pied dans onze ville des États-Unis. Quarante-huit pour cent des écoliers participants appartenaient à des familles nécessiteuses et cinquante-cinq pour cent faisaient partie d'une minorité ethnique ou culturelle.

La NAAEE lutte également en faveur de la « justice écologique », terme qui désigne la protection de tous les citoyens, indépendamment de leur âge, de leur race, de leur sexe ou de leur milieu social, contre la pollution de l'environnement. On a découvert que les quartiers ayant des taux élevés de pauvreté étaient souvent exposés à un nombre disproportionné de risques causés par la présence d'usines d'épuration des eaux usées et d'incinérateurs d'ordures. Les préoccupations exprimées de façon croissante dans ce domaine, en 1994, par les groupes d'action des collectivités ont amené les autorités fédérales à veiller à ce que les quartiers pauvres ne soient pas lésés lors des décisions concernant l'emplacement de telles installations.

Cette association finance également des programmes à l'étranger en coopération avec l'EPA, la Smithsonian Institution et l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). C'est ainsi qu'elle travaille en étroite coopération avec le Centre d'enseignement et d'information sur l'éducation en matière d'environnement de Kiev, en Ukraine. Ce centre, qui est situé à l'université nationale de l'Académie Kyiv Mohyla, se spécialise dans l'organisation de séminaires de formation à la gestion de l'environnement et fournit de l'assistance technique à d'autres programmes écologiques. Il facilite également les échanges de documentation grâce à des communications électroniques, à une bibliothèque et à un réseau d'ordinateurs.

L'Institut de formation de la NAAEE met l'accent sur les cours à l'intention des participants de pays en voie de développement.

« On constate, dans certains pays, l'existence de programmes très efficaces et qui, à certains titres, sont supérieurs aux nôtres, dit M. McKrea. Dans d'autres, en revanche, on ne trouve pour ainsi dire rien parce que l'accent est mis sur la survie et sur la production, et non sur la qualité de l'environnement. L'importance accordée à l'éducation en matière d'environnement dépend dans une large mesure du revenu moyen du pays, de la santé générale de ses habitants et de la qualité de la vie. »

D'après M. McKrea, l'Inde a probablement plus de programmes d'éducation en matière d'environnement qu'aucun autre pays, mais il lui manque un plan national qui coordonnerait tous ces programmes. Le ministère thaïlandais de l'éducation est en train de mettre au point un tel plan.

« On constate de l'activité en matière d'environnement au Proche-Orient, dans des pays comme la Jordanie, le Liban et l'Égypte, ajoute-t-il. L'Afrique du Sud fait également beaucoup dans ce domaine. Et si vous prenez en considération les clubs de la nature qui existent en Afrique de l'Est et qui contribuent dans une large mesure à l'éducation en matière d'environnement, le Kénya, la Tanzanie et d'autres pays de la région ont, en fait, des programmes très dynamiques. »

Le Corps de la paix prend une part importante à l'éducation en matière d'environnement, et plus d'un millier de ses volontaires participent directement à des projets écologiques dans quelque quatre-vingt-dix pays. En Ouganda, des volontaires travaillent avec les responsables de parcs nationaux à l'entretien des zones où les gorilles et d'autres animaux sauvages sont protégés ; au Népal, où le déboisement cause une grave érosion des sols, des volontaires ont aidé à reboiser cinq cents hectares de forêt ; et au Kazakhstan, un volontaire qui pendant quinze ans a protégé l'environnement dans l'industrie sidérurgique de Détroit aide les entreprises locales à lutter contre la pollution de l'air.

L'IMPORTANCE DU RÔLE DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES

Les organisations non gouvernementales prennent également une part importante à l'éducation en matière d'environnement. Un grand nombre d'organisations nationales fournissent plus de cinq cent mille dollars par an à de tels programmes. Par comparaison, le budget dont disposent les agences fédérales pour l'éducation en matière d'environnement va de un million cinq cent mille dollars (Service des forêts) à sept millions de dollars (EPA).

L'un des groupes de protection de la nature les plus importants du monde, le Fonds mondial de la nature, a lancé un vaste programme d'enseignement en matière de diversité biologique pour tenter de combler le fossé qui sépare les scientifiques des enseignants, des étudiants et du grand public sur le plan des connaissances. Ce programme comprend la mise au point d'un manuel de base sur la diversité biologique à l'intention des élèves de l'enseignement secondaire et qui donne des renseignements sur les carrières offertes dans ce domaine, ainsi que la coopération avec les zoos, aquariums, centres de protection de la nature, jardins botaniques et musées, pour organiser des ateliers et des instituts afin d'aider les enseignants et le public à comprendre les problèmes de diversité biologique.

Conservation international, autre grosse organisation non gouvernementale, finance un programme qui donne aux élèves de l'enseignement primaire la possibilité d'adopter un aigle des Philippines en versant des contributions qui servent à protéger cette espèce menacée. Un autre programme comprend la distribution de matériel pédagogique comprenant notamment une bande vidéo sur la sauvegarde des forêts tropicales. Plus de cinq cents écoles en ont reçu au cours des trois dernières années.

Mais malgré les progrès réalisés au cours des vingt dernières années, certains experts craignent de voir le manque de crédits et d'intérêt limiter les activités dans ce domaine à l'avenir. Pour sa part, M. Baker n'est pas du tout certain, en cette période de compressions budgétaires, que la division de l'EPA responsable des programmes d'écologie sera financée après le 1er octobre 1997.

« La première tâche consiste à obtenir du Congrès qu'il renouvelle notre budget, dit-il. La seconde, qu'une agence fédérale se voie confier la responsabilité de l'éducation en matière d'environnement. Nous espérons que ce rôle continuera à être dévolu à l'EPA, mais comme tout le monde, nous allons devoir subir des réductions. »

Mme Judy Braus, directrice de l'éducation en matière d'environnement au Fonds mondial de la nature, déclare que trop de gens, particulièrement les responsables fédéraux et locaux, ne considèrent pas la sensibilisation au milieu ambiant comme une priorité. Ce n'est pas une priorité non plus dans la plupart des programmes scolaires, à l'université et dans les cours pour adultes, dans la formation des enseignants ou dans les cours destinés aux dirigeants politiques ou aux milieux d'affaires. Un récent sondage effectué auprès de deux mille professeurs de sciences a montré que ceux-ci consacrent moins d'une demi-heure par semaine aux programmes écologiques.

« N'étant pas considérés comme prioritaires, ces programmes ne reçoivent ni l'attention ni les fonds qu'ils méritent. Tant que nous n'exigerons pas des établissements d'enseignement primaire, secondaire et universitaire qu'ils évaluent les connaissances de leurs élèves sur l'environnement, la question sera reléguée à l'arrière-plan », a dit Mme Braus.

Le sénateur Chafee souligne cependant que l'éducation est à l'origine des succès impressionnants obtenus aux États-Unis dans le domaine de l'environnement.

« L'étude des sciences écologiques doit faire partie de notre existence. Si on l'encourage, les gens comprendront le rôle d'intendant de la terre qui leur incombe et ils l'assumeront. Nous n'avons qu'une terre, transmettons-la aux générations futures dans un meilleur état que celui dans lequel nous l'avons trouvée. » fin

Dossiers Mondiaux
Revue électronique de l'USIA Volume 1, Numéro 2, Avril 1996