
En avril 1996, le département d'État a publié un rapport intitulé
Caractér istiques du terrorisme mondial - 1995
Voici des extraits de la section sur le terrorisme parrainé par des États.
Les États-Unis et leurs alliés continuent à conjuguer leurs efforts pour qu'il en coûte toujours plus aux États qui appuient, tolèrent et pratiquent le terrorisme international. Tout le monde s'entend à reconnaître que l'appui que les groupes terroristes reçoivent de certains gouvernements accroît leurs capacités et rend plus difficile la lutte antiterroriste.
Pour forcer les pays à cesser leurs activités dans ce domaine, les États-Unis imposent des sanctions commerciales et autres à l'encontre des nations qui, de l'avis du secrétaire d'État, soutiennent régulièrement le terrorisme international en offrant aux terroristes reconnus appui, entraînement, provisions de toutes sortes et refuge.
Cuba, l'Iran, l'Irak, la Libye, la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), le Soudan et la Syrie sont, pour les États-Unis, des pays qui soutiennent le terrorisme international. Cette liste est transmise au Congrès chaque année, mais il est possible d'y ajouter ou d'en retrancher des noms à tout moment, si les circonstances le justifient.
Cuba n'est plus en mesure de soutenir les mouvements armés d'Amérique latine ou d'autres parties du monde du fait de ses difficultés économiques. On n'a aucune preuve que le gouvernement cubain a soutenu des actes de terrorisme en 1995, mais il continue à offrir l'asile à plusieurs terroristes internationaux. Cuba n'a pas renoncé non plus à fournir un appui politique aux groupes impliqués dans le terrorisme international.
En 1995, l'Iran a encore été le fomentateur le plus actif, au plan mondial, d'actes de terrorisme international. Bien que Téhéran essaie de donner aux pays occidentaux l'image d'un pays modéré, il continue à faire assassiner les dissidents à l'étranger et à fournir son appui et des fonds à des groupes qui constituent une menace pour les Américains. Les autorités iraniennes ont, par ailleurs, réaffirmé la validité de la sentence de mort prononcée contre l'écrivain britannique Salman Rushdie, bien que certains hauts fonctionnaires aient annoncé que le gouvernement iranien ne ferait pas appliquer la « fatwa ».
En 1995, aucun acte de terrorisme attribué au Hezbollah, basé au Liban et soutenu par l'Iran, n'a atteint l'ampleur de l'attentat à la bombe perpétré en juillet 1995 contre le centre culturel juif de Buenos-Aires. Le Hezbollah poursuit ses efforts visant à faire dérailler le processus de paix au Proche-Orient et s'oppose à tous les intérêts occidentaux dans la région.
L'Iran appuie aussi d'autres organisations extrémistes qui se livrent à des actes de terrorisme en opposition au processus de paix, notamment le Hamas, le Djihad islamique palestinien (JIP), et le Front populaire de libération de la Palestine - commandement général (FPLP-CG). Il offre également un refuge aux membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), groupe terroriste luttant pour un Kurdistan indépendant et responsable, en 1995, de nombreux actes de terrorisme contre les intérêts turcs.
En 1995, plusieurs actes de violence politique commis dans le nord de l'Irak correspondaient aux méthodes utilisées par Bagdad contre les populations locales et les transfuges du régime. Ils comprennent l'attentat à la bombe contre le Congrès national irakien et l'empoisonnement de plusieurs transfuges. L'Irak offre encore le refuge à divers groupes terroristes.
En 1995, la Libye a continué à défier les mises en demeure contenues dans les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies en réponse à sa participation aux attentats contre les vols 103 de la Pan Am (en 1988) et 772 de l'UTA (en 1989). Les résolutions exigent que la Libye remette à la justice les deux officiers du renseignement accusés de l'attentat contre le vol 103 de la Pan Am, qu'elle coopère avec les autorités américaines, britanniques et françaises qui enquêtent sur les attentats contre les vols de la Pan Am et de l'UTA, qu'elle verse des indemnités aux victimes et qu'elle cesse de fournir le moindre appui au terrorisme. Au lieu de cela, la Libye continue de présenter des compromis bâtards destinés à contourner les résolutions ou à diluer leur portée.
En outre, elle continue à accueillir des groupes terroristes comme l'Organisation Abou Nidal (OAN). De plus, l'enquête sur le meurtre du chef du JIP, Fathi Shaqaqi, à Malte en octobre 1995, a révélé qu'il avait des relations de longue date avec la Libye. Le régime de Tripoli continue aussi à harceler et à intimider la collectivité libyenne en exil ; on pense qu'il est responsable de l'enlèvement d'un résident américain, Mansour Kikhia, en décembre 1993 et les exilés libyens l'accusent du meurtre d'un opposant libyen à Londres en novembre 1995. Le chargé d'affaires libyen à Londres a été expulsé en 1995 parce qu'il surveillait et menaçait les exilés libyens du Royaume-Uni.
Depuis 1987, on n'a aucune preuve de patronage d'actes de terrorisme par la Corée du Nord (République populaire démocratique de Corée - RPDC). Depuis 1993, elle a souvent réitéré son opposition à toutes les formes de terrorisme international. Depuis 1970, le gouvernement de la RPDC donne refuge à plusieurs membres de la Ligue communiste japonaise - Faction armée rouge, qui avait participé au détournement d'un avion en 1970.
Le Soudan est passé sur le devant de la scène en 1995, en tant que centre d'activités du terrorisme international. À la fin de l'année, il était brouillé avec plusieurs de ses voisins. L'Ouganda et l'Erythrée avaient rompu leurs relations diplomatiques avec le régime de Khartoum parce qu'il appuyait des groupes d'opposition armée agissant dans leur territoire.
L'Ethiopie et l'Egypte ont accusé le Soudan de complicité dans un des crimes terroristes les plus retentissants de l'année, l'assassinat manqué du président égyptien Hosni Moubarak, à Addis-Abéba, le 26 juin 1995, que l'on impute au Jamaet égyptien. Les assaillants survivants capturés par la police éthiopienne ont incriminé le gouvernement soudanais - dominé par le Front islamique national (FIN) - qui aurait planifié l'assassinat et entraîné les assaillants. Trois conspirateurs auraient trouvé refuge au Soudan. Lorsque Khartoum a refusé de collaborer à leur capture, l'Organisation de l'unité africaine (OUA) a demandé au Soudan de les lui livrer.
Le Soudan continue aussi à donner asile à Usama Bin Ladin, l'un des principaux financiers du terrorisme, ainsi qu'à des membres de violents groupes terroristes, comme le GI, l'OAN, le Hezbollah libanais et le Hamas. Khartoum est un point de transit et une base pour de nombreux groupes terroristes.
Rien ne prouve que des fonctionnaires syriens aient participé à la planification ou à l'exécution d'attaques terroristes depuis 1986. Néanmoins, la Syrie continue à offrir un asile et un appui - tant sur son territoire que dans les zones du Liban sous son contrôle - à des groupes terroristes, notamment au FPLP-CG de Ahmed Jibril, au Hamas, au Djihad islamique palestinien (JID), à la Faction armée rouge japonaise et au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). La Syrie a permis à l'Iran de ravitailler le Hezbollah via Damas, mais elle continue à freiner les activités internationales de certains de ces groupes.