Depuis le deuxième trimestre, l'économie américaine a connu un ralentissement dû en grande partie à la baisse de la consommation des ménages, mais non à des faiblesses fondamentales.
Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté au rythme annuel de 4,7% pendant le deuxième trimestre. Ce rythme a faibli au troisième trimestre et n'a été que de 2,4%, selon l'organisme privé « Blue Chip Economic Indicators ». Au premier trimestre, le PIB avait augmenté au rythme de 2% par an.
Le nouvel économiste en chef du ministère du commerce, M. Lee Price, a indiqué, lors de l'interview qu'il a accordée à l'USIA le 21 octobre, qu'on avait observé au troisième trimestre une bonne augmentation du revenu des ménages, une diminution de la consommation et un accroissement de l'épargne. En outre, les établissements de crédit, en particulier ceux qui délivrent des cartes de crédit, ont resserré le crédit à cause de l'accroissement du nombre de personnes en défaut de paiement.
Les dépenses de consommation représentent les deux tiers du PIB, et leur variation a donc une incidence importante sur l'économie. « Les consommateurs font preuve d'inconstance d'un trimestre à l'autre », a fait remarquer M. Price en expliquant que la hausse ou la baisse des dépenses de consommation n'indiquaient pas nécessairement des changements fondamentaux dans l'économie.
Par ailleurs, le chômage et l'inflation continuent de rester à leur niveau le plus faible depuis des années.
En septembre, le taux de chômage a augmenté très légèrement pour passer à 5,2% contre 5,1% en août, mais il s'agit cependant d'un taux très faible depuis sept ans. Le nombre d'emplois a diminué de 40.000 en septembre, alors que son augmentation moyenne avait été de plus 200.0000 par mois depuis le début de l'année. Cette baisse est due à une « aberration statistique », a indiqué M. Price, bien que le nombre de nouveaux emplois ait diminué considérablement par rapport aux mois précédents.
Mesurée par l'indice des prix à la consommation, l'inflation demeure aussi à un niveau très faible. En septembre, cet indice n'a augmenté que de 0,3%. Son augmentation en 1996 devrait être inférieure à 3% pour la cinquième année consécutive.
La production industrielle ne s'est accrue que de 0,2% en septembre, pourcentage bien inférieur à la moyenne des cinq mois précédents. En septembre, l'utilisation des capacités de production industrielle a atteint 83,7%. Ces capacités ont augmenté de plus de 4% au cours des douze derniers mois par suite de nouveaux investissements.
L'expansion économique ne semble pas être sur le point de s'achever, a déclaré M. Price. « Cette expansion se poursuit depuis cinq ans et demi. D'habitude, à ce stade du cycle économique, on constate l'apparition de déséquibibres, mais il ne semble pas actuellement que de graves déséquilibres puissent se manifester. »
« Nous tentons encore de découvrir ce dont est capable l'économie américaine », a-t-il dit en ajoutant que la productivité s'améliorait et que la population active était en augmentation, deux éléments qui sont nécessaires à l'accroissement des revenus et à la poursuite de la croissance.
-- Warner
Rose