Rosa Whitaker, repr・entante adjointe des ・ats-Unis
charg・
des n・ociations commerciales avec l'Afrique
Les ・ats africains ont beaucoup ?gagner de la prochaine s・ie de n・ociations commerciales multilat・ales, dont le coup d'envoi sera donn?en d・embre lors de la conf・ence minist・ielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tiendra ?Seattle, d・lare, la repr・entante adjointe des ・ats-Unis charg・ des n・ociations commerciales avec l'Afrique, Mme Rosa Whitaker. Par exemple, dit-elle, la lib・alisation du commerce des produits agricoles pourrait entra・er de gros avantages pour les agriculteurs africains.Trente-huit pays africains sont membres de l'OMC, mais ?eux tous ils ont sign?moins d'accords que les pays d'autres parties du monde. Peu d'entre eux ont adh・?aux accords d'importance cruciale sur les t・・ommunications, les services financiers et la technologie de l'information. Selon toute probabilit? estime Mme Whitaker, les pays qui ne se sont pas associ・ ?ces accords entreront dans le XXIe si・le avec moins d'ordinateurs, des r・eaux t・・honiques et des liens Internet moins efficaces, des syst・es bancaires moins d・elopp・ et ils seront, dans l'ensemble, moins capables de soutenir la concurrence.
Sous l'・ide du pr・ident Clinton, l'engagement des ・ats-Unis envers l'Afrique a pris une telle ampleur qu'il atteint un niveau sans pr・・ent dans l'histoire. L'appui de l'int・ration de l'Afrique subsaharienne au syst・e commercial multilat・al constitue la cl?de vo・e du Partenariat du pr・ident pour la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique. Cet objectif refl・e la prise de conscience g・・ale que l'Afrique aura besoin d'investissements du secteur priv?de l'ordre de plusieurs milliards de dollars par an, en sus de l'aide publique classique au d・eloppement, pour faire reculer la pauvret?et pour relever son niveau de vie. Alors que les pays de bien d'autres parties du monde connaissent une phase de croissance ・onomique cons・utive ?l'augmentation des ・hanges commerciaux et des investissements, les 48 pays d'Afrique subsaharienne assurent ? peine plus de 1% du commerce mondial et moins de 2% des investissements mondiaux.
La politique commerciale des ・ats-Unis relative ?l'Afrique est ancr・ dans les m・es principes fondamentaux que ceux qui inspirent notre politique ?l'・ard de l'Europe, de l'Am・ique latine et de l'Asie. Elle repose sur la conviction que la prosp・it?et la paix mondiales vont au c・ur de nos int・・s et que le libre-・hange nous donne les moyens d'atteindre l'une et l'autre.
Pour que l'Afrique se d・eloppe et qu'elle prosp・e, les pays du continent doivent ・re ouverts aux ・hanges et aux investissements avec le monde, avec les ・ats-Unis et avec leurs voisins r・ionaux. Dans d'autres parties du monde, une telle ouverture a g・・alement d・ouch?sur la croissance, la concurrence et la prosp・it?quasi g・・ale.
Les pays africains doivent venir ?bout de s・ieuses difficult・, dont l'instabilit?qui r・ne dans certains d'entre eux, la confiance excessive plac・ dans les produits primaires et les mati・es premi・es ainsi que la vuln・abilit?et la petite taille relatives des ・onomies du continent. Toutefois, les ・ats-Unis ont l'intime conviction que ces obstacles peuvent ・re surmont・ s'ils ・uvrent avec l'Afrique et en liaison avec la communaut?・onomique mondiale pour faire du continent un membre actif et dynamique de l'・onomie internationale.
Les perspectives pour l'Afrique
L'avenir s'annonce souriant pour l'Afrique, y compris pour ses deux g・nts ・onomiques, ?savoir l'Afrique du Sud et le Nig・ia. Depuis 1994, l'inflation a baiss? le taux de croissance doubl? et les exportations des ・ats-Unis dans le continent ont augment?de pr・ de 50%. Les exportations africaines aux ・ats-Unis sont elles aussi en progression. Beaucoup de pays africains poursuivent aujourd'hui une politique commerciale qui a notre adh・ion : int・ration ・onomique r・ionale, lib・alisation du r・ime relatif aux ・hanges et aux investissements, privatisation des entreprises publiques, d・eloppement du secteur priv?et promotion des ・hanges et des investissements. Dans l'ensemble de l'Afrique, les pouvoirs publics prennent des d・isions courageuses et appliquent les r・ormes souvent controvers・s, qui s'imposent pour rendre les ・onomies africaines plus concurrentielles. Le soutien des ・ats-Unis peut aider l'Afrique ?ne pas rel・her ses efforts en mati・e d'application des r・ormes et ?mettre de son c・?toutes les chances d'obtenir des r・ultats positifs.
En liaison avec le Congr・ et de nombreux pays africains, le gouvernement Clinton a arr・?les contours d'une politique ?plusieurs volets qui vise ?multiplier les possibilit・ de croissance de l'・onomie africaine et ?favoriser son int・ration ?l'・onomie mondiale. Cette politique a ・?formul・ ?l'issue de consultations pouss・s avec les pays africains. Elle a ・?・abor・ de concert avec l'Afrique, et non pas simplement pour elle ou ?son sujet. Nous ・uvrons avec les ・ats africains en faveur de l'int・ration ・onomique r・ionale, de la lib・alisation du commerce des services, de l'am・ioration des normes agricoles, de la protection de la propri・? intellectuelle et de l'ouverture des march・ dans les domaines o? l'Afrique d・ient l'avantage comparatif, par exemple dans le secteur du textile et de l'agriculture. Au nombre des mesures que nous avons propos・s ou qui sont d・?en cours d'application figurent la proposition de loi sur la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique, divers accords bilat・aux et l'assistance technique. Les ・ats-Unis comptent mener une action coordonn・ avec l'Afrique ? l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et dans d'autres domaines dans le cadre d'un tout nouveau m・anisme consultatif qui les associe ?la communaut?・onomique africaine. La repr・entante des ・ats-Unis pour le commerce ext・ieur, Mme Charlene Barshefsky, a pr・id?la premi・e table ronde d'envergure sur l'OMC ?laquelle aient particip? des ministres africains du commerce lors de la r・nion minist・ielle ・ats-Unis-Afrique qui a eu lieu en mars 1999 ?Washington. L'Organisation de l'unit?africaine et la Communaut?・onomique africaine en assuraient la copr・idence.
Trente-huit pays africains sont aujourd'hui membres de l'OMC, et deux de plus cherchent ?y adh・er. Cette ・olution pr・ente un caract・e essentiel pour accro・re les exportations, attirer les investissements et accentuer la croissance ・onomique, mais il ne s'agit que d'une premi・e ・ape. Les pays africains ont pris moins d'engagements que les pays de toute autre partie du monde lors du cycle d'Uruguay. Ils sont peu nombreux ?avoir sign?les accords de l'OMC dignes du XXIe si・le sur les t・・ommunications, les services financiers et la technologie de l'information. Voil?qui ralentit la croissance des ・hanges avec l'Afrique aussi bien que son d・eloppement ・onomique. L'existence de droits de douane ・ev・ r・uit la capacit?des entreprises et des cultivateurs africains de se procurer ?moindre co・ les facteurs de production dont ils ont grand besoin.
S'ils prennent une part active ?la prochaine s・ie de n・ociations commerciales multilat・ales, qui sera lanc・ lors de la conf・ence minist・ielle de l'OMC pr・ue ?Seattle du 30 novembre au 3 d・embre, les ・ats africains pourraient en retirer de gros avantages. Par exemple, la lib・alisation du commerce des produits agricoles peut ・er aux agriculteurs africains le fardeau qu'imposent le protectionnisme et les subventions ?l'exportation, en particulier celles de l'Union europ・nne, lesquelles ont pour double cons・uence d'obstruer des march・ potentiels et de faire chuter les cours mondiaux des produits de base. Les subventions ?l'exportation, en particulier, constituent une charge immense et d・oyale pour les agriculteurs des autres pays, et surtout pour ceux des pays en d・eloppement en Afrique, en Asie et ailleurs.
L'ouverture du march?dans le secteur des services aidera les pays africains ?se doter de l'infrastructure juridique, financi・e, des transports, de l'information et des t・・ommunications qui favorisera l'acc・・ation et la stabilit?du d・eloppement. Le d・eloppement sans entrave du commerce ・ectronique mondial rev・ une importance particuli・e pour les pays pauvres d'Afrique et leurs micr・ntreprises, puisque l'acc・ au r・eau Internet n・essite peu de capitaux, qu'il aide les entrepreneurs ?trouver rapidement des clients et des fournisseurs et qu'il simplifie les aspects techniques et la paperasserie. Les pays qui resteront en marge des accords relatifs aux t・・ommunications, ?la technologie de l'information et aux services financiers entreront dans le XXIe si・le avec moins d'ordinateurs, des r・eaux t・・honiques et des liens Internet moins efficaces, des syst・es bancaires moins d・elopp・ et ils seront donc moins ?m・e de commercer de mani・e concurrentielle avec les autres.
Une ・e de possibilit・
Les ・ats-Unis ont formul?toute une s・ie de programmes d'assistance technique de grande envergure destin・ ?accro・re la capacit?des pays africains de participer de mani・e plus active et plus ・lair・ ?l'OMC et aux diverses n・ociations commerciales. Nous avons notamment parrain?trois ateliers sur le th・e g・・al de l'OMC, l'un au Zimbabwe et les deux autres en Ouganda et en Afrique du Sud. Nous en pr・arons un autre, d'envergure r・ionale, en liaison avec l'Organisation de l'unit?africaine et d'autres organisations r・ionales, qui se d・oulera en C・e d'Ivoire, et encore un autre au S・・al. Par ailleurs, l'Agence des ・ats-Unis pour le d・eloppement international a mis en route un programme relatif au commerce et aux investissements en Afrique qui vise ?promouvoir les activit・ de formation et d'appui technique en faveur des pays du continent qui ・uvrent en faveur de la lib・alisation ・onomique.
La proposition de loi sur la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique, qui est actuellement ?l'・ude au Congr・, propose d'・ablir pour la premi・e fois un cadre d・aill?dans le dessein d'encourager la croissance ・onomique et l'autonomie par le biais de l'am・ioration du commerce ext・ieur et des investissements. Elle pr・oit la prorogation du Syst・e g・・alis?de pr・・ences (SGP) - qui autorise l'importation en franchise de douane de certains produits en provenance de pays r・ondant ?des crit・es pr・is - pour une dur・ de dix ans en ce qui concerne l'Afrique, ce qui exercera un effet rassurant sur les dirigeants d'entreprise et les investisseurs ・rangers. Ce texte propose en outre d'ouvrir le march?des ・ats-Unis ?un grand nombre de produits, actuellement exclus de la liste du SGP, qui proviennent des pays africains ayant entrepris des r・ormes profondes. Il exhorte les ・ats-Unis ?rechercher avec d'autres bailleurs de fonds les moyens de faire face aux probl・es de l'endettement de l'Afrique et il cr・ au sein de l'Organisme de promotion des investissements priv・ ?l'・ranger (OPIC) deux nouveaux fonds destin・ ?stimuler les investissements en Afrique et la cr・tion d'emplois tant aux ・ats-Unis qu'en Afrique.
En cr・nt il y a un an le poste de repr・entant adjoint des ・ats- Unis charg?des n・ociations commerciales avec l'Afrique, que j'occupe actuellement, les ・ats-Unis ont renforc?leur capacit?de n・ocier avec l'Afrique des accords officiels qui consolident le fondement juridique et institutionnel de nos relations. La repr・entante des ・ats-Unis pour le commerce ext・ieur a sign?trois accords notables dans ce domaine depuis la cr・tion de ce poste. En f・rier 1999, les ・ats-Unis ont sign?des accords-cadres relatifs au commerce et aux investissements avec l'Afrique du Sud, notre plus grand partenaire commercial africain, ainsi qu'avec le Ghana. Ces accords-cadres, qui ont permis de nouer un dialogue officiel sur les questions li・s au commerce et aux investissements, cherchent ?lever les obstacles et ? cr・r des m・anismes susceptibles d'accro・re le commerce et les investissements dans ces deux pays importants. En outre, en d・embre 1998, les ・ats-Unis ont sign?un trait?relatif aux investissements avec le Mozambique dans le but d'aider ce pays ?attirer les investisseurs et ?cr・r des emplois aussi bien que de rassurer les investisseurs am・icains, de leur donner des garanties et de cr・r des d・ouch・ pour les ・ats-Unis.
Mme Barshefsky a r・emment rajout??la liste du SGP 1.783 positions tarifaires concernant des produits provenant de 33 des pays les moins d・elopp・ au monde, dont 29 se situent en Afrique. De surcro・, elle a pr・u des dispositions sp・iales pour les ・ats membres de trois associations commerciales africaines ?l'・helle r・ionale qui remplissent les conditions d'admissibilit?au SGP. Il s'agit de la Communaut?de d・eloppement de l'Afrique australe (SADC), de l'Union ・onomique et mon・aire ouest-africaine et de la Commission tripartite pour la coop・ation en Afrique de l'Est. Les membres de ces associations pourront maintenant regrouper leurs contributions en mati・e de valeur ajout・ pour avoir droit aux avantages que conf・e le SGP.
Les ・ats-Unis consid・ent que les quelques ann・s ?venir seront une p・iode d・isive et riche de possibilit・ dans leurs relations ・onomiques avec l'Afrique. La politique commerciale peut contribuer ? la cr・tion au XXIe si・le d'un milieu dans lequel les populations seront plus prosp・es, les ・onomies plus efficaces, l'environnement plus salubre et les pays moins menac・ par la faim et la maladie. Les ・ats-Unis entendent bien mettre tout leur poids dans la balance, ? l'・helon tant bilat・al que multilat・al, afin d'accro・re les ・hanges, de promouvoir la croissance ・onomique et d'am・iorer la qualit?de la vie des Am・icains et des Africains.