Witney Schneidman, sous-secr・aire d'・at adjoint
aux affaires
africaines
Mis en en place il y a deux ans sur l'initiative du pr・ident Clinton, le Partenariat pour la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique vise ?accro・re les ・hanges commerciaux et les investissements entre les ・ats-Unis et l'Afrique ainsi qu'?aider les dirigeants africains ?entreprendre les r・ormes ・onomiques qui s'imposent, explique le sous-secr・aire d'・at adjoint pour les affaires africaines, M. Witney Schneidman.Les pays africains d・ireux de b・・icier de cette initiative n'ont qu'?prendre les mesures voulues pour s'int・rer au syst・e financier mondial, s'ouvrir aux ・hanges et aux investissements, appliquer r・olument des r・ormes macro・onomiques et mettre en ・uvre des strat・ies de lutte contre la corruption, ajoute-t- il.
Les ・ats-Unis appellent de leurs v・ux une Afrique stable, ・onomiquement dynamique et d・ocratique, avec laquelle ils peuvent chercher ?promouvoir les ・hanges commerciaux et les investissements de fa・n ?faire avancer leurs int・・s mutuels. L'un des piliers de la politique ・rang・e du gouvernement Clinton consiste pr・is・ent ? appuyer la croissance ・onomique de l'Afrique en vue d'acc・・er l'int・ration de cette partie du monde ?l'・onomie mondiale. Nous sommes convaincus que les ・hanges et les investissements tiennent une place essentielle dans le d・eloppement soutenu et ?long terme du continent africain et donc qu'en eux se trouve la cl?de la prosp・it? et de la s・urit?tant de l'Afrique que des ・ats-Unis tout au long du si・le prochain.
L'accroissement des liens commerciaux entre l'Afrique et le reste du monde peut contribuer ?l'・adication de la pauvret?end・ique, et des troubles civils qui souvent l'accompagnent. Par ailleurs, les relations ・onomiques entre les ・ats-Unis et l'Afrique progressent ? grands pas. L'Afrique nous fournit plus de 16% du p・role brut que nous importons, soit presque autant que le Moyen-Orient. Les exportations des ・ats-Unis en Afrique ont augment?l'ann・ derni・e pour la quatri・e ann・ cons・utive, de l'ordre de 8% cette fois. En 1998, elles repr・entaient 45% de plus que nos exportations dans l'ensemble des nouveaux ・ats ind・endants de l'ancienne Union sovi・ique.
Le Partenariat pour la croissance et les possibilit・ ・onomiques
Il y a deux ans, soucieux de donner une structure ?nos relations commerciales avec l'Afrique, le pr・ident Clinton a mis en route son Partenariat pour la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique. Ce dernier a pour objet de catalyser et d'appuyer les d・arches entreprises par les autres pays industriels, les institutions internationales et les ・ats africains de mani・e que ce continent puisse soutenir la concurrence au si・le prochain. En vertu de ce programme, qui s'ins・e dans la politique g・・ale du gouvernement des ・ats-Unis, nous encourageons l'accroissement des ・hanges bilat・aux et des investissements du secteur priv?dans l'ensemble de l'Afrique, notamment en mettant ?la disposition de l'Office de promotion des investissements priv・ ?l'・ranger (OPIC) plus de 750 millions de dollars au titre du financement des investissements. En outre, nous continuons d'encourager le Congr・ ? adopter rapidement la proposition de loi sur la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique. Ce texte fait du commerce un instrument de stimulation ?long terme du d・eloppement ・onomique et il encourage les ・hanges et les investissements en Afrique.
L'all・ement de la dette constitue un ・・ent essentiel si l'on veut que les ・ats africains acc・・ent leurs r・ormes ・onomiques et leur d・eloppement. Il s'agit l?d'une condition sine qua non pour que les pays africains deviennent des membres dynamiques de l'・onomie mondiale. Ainsi, lors de la r・nion au sommet du Groupe des sept qui s'est tenue ?Cologne ?la mi-juin, les chefs d'・at et de gouvernement de ces pays ont annonc?une initiative d'all・ement de la dette portant sur 90 milliards de dollars. Cette initiative s'inscrit dans le prolongement du programme en faveur des pays pauvres tr・ endett・ qu'administrent conjointement la Banque mondiale et le Fonds mon・aire international. Lorsque les nouvelles modalit・ auront ・? mises en ・uvre, l'all・ement de la dette s'av・era nettement plus radical, plus rapide et plus vaste pour les pays qui prennent les mesures voulues afin de redresser leur situation, ce qui permettra ? ces derniers d'affecter les fonds ・onomis・ ?la satisfaction de leurs besoins sociaux, par exemple dans le domaine de l'・ucation, de la sant?et de la valorisation des ressources humaines. Le nombre de pays ?m・e de remplir les crit・es du nouveau programme visant les pays tr・ endett・ pourrait passer de 26 ?33. Ces 33 pays, qui sont pour la plupart africains, comptent plus de 430 millions d'habitants.
Dans le cadre de ce partenariat, nous avons nou?un dialogue avec les responsables de l'Afrique sur les questions qui marqueront le plus le XXIe si・le. En mars, le pr・ident Clinton, huit membres de son cabinet et les responsables de l'Agence des ・ats-Unis pour le d・eloppement international, de l'Agence de commerce et de d・eloppement, de l'OPIC et de la Banque d'import-export ont invit?? Washington les ministres des affaires ・rang・es, du commerce et des finances de 46 pays d'Afrique subsaharienne pour la premi・e r・nion minist・ielle am・icano-africaine ; jamais encore autant de responsables am・icains et africains ne s'・aient r・nis. En avril, une d・・ation am・icaine de 100 membres s'est rendue au Botswana afin d'assister pour la premi・e fois au forum ・ats-Unis-Communaut?de d・eloppement de l'Afrique australe (SADC), son intention ・ant de resserrer nos liens commerciaux avec ce groupe ・onomique d'une importance fondamentale. ?cette occasion, nous avons examin?un accord r・ional cadre sur le commerce et les investissements et sommes convenus d'opposer un front commun au trafic des stup・iants et des armes ?feu ainsi que de coordonner notre lutte contre le VIH et le sida. De toute ・idence, un tel niveau d'engagement entre Africains et Am・icains signale l'av・ement d'une ・e nouvelle de coop・ation r・ionale et bilat・ale, soutenue par des int・・s communs.
De leur c・? les Africains ont fait de grands progr・ dans la voie de l'ouverture de leur ・onomie au commerce et aux investisseurs ・rangers. La majorit?des pays africains continuent d'appliquer des r・ormes ・onomiques, au nombre desquelles figurent la lib・alisation des r・imes relatifs au commerce et aux investissements, l'abaissement des droits de douane, la rationalisation des taux de change, l'abrogation des subventions et la stabilisation de leur monnaie. Onze pays africains ont adopt?les principes qui, nous l'esp・ons, serviront un jour de soubassement ?une convention africaine de lutte contre la corruption, et un certain nombre d'organisations, dont la SADC, la Communaut?est-africaine et le March?commun des ・ats d'Afrique orientale et australe sont en passe de devenir des locomotives r・ionales de la croissance ・onomique qui m・itent d'・re prises au s・ieux. L'int・ration r・ionale constitue l'une des mesures les plus importantes si l'on veut qu'un plus grand nombre de pays encore s'int・rent ?l'・onomie mondiale, dans la mesure o?elle permet aux petits pays de faire leurs premi・es armes ?l'・helon local avant de se mesurer ?la concurrence de l'・ranger. Nous nous montrerons solidaires des pays africains qui s'unissent pour former des march・ robustes, reli・ entre eux et prometteurs.
La cr・tion d'un environnement propice aux investisseurs
On peut citer bien d'autres moyens par lesquels les pays africains peuvent tirer parti du Partenariat du pr・ident pour la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique. Premi・ement, ils doivent continuer de faire confiance au syst・e financier mondial. Les institutions issues de Bretton Woods demeurent indispensables ? l'・onomie mondiale, et il continuera d'en ・re ainsi. Pour autant, les ・ats-Unis et les pays africains doivent s'employer ensemble ? renforcer la capacit?de ces institutions de faire face aux mutations, aux risques in・itables et aux soubressauts ・entuels de l'・onomie du XXIe si・le, qui sera caract・is・ par l'acc・・ation rapide des flux d'id・s, de capitaux, d'・hanges techniques et de biens et de services. Comme le faisait remarquer le pr・ident Clinton tr・ r・emment, ?nbsp;tous les jours, un demi-million de voyageurs par avion, 1,4 milliard de messages ・ectroniques et 1,5 billion de dollars franchissent des fronti・es ? De nos jours, on peut acheter et vendre des biens et des services d'une valeur de plusieurs milliards de dollars et faire des ・hanges ou du troc des rives d'un oc・n ?un autre en l'espace de quelques secondes seulement, et souvent en n'ayant qu'?appuyer sur une touche. Un tel environnement exige l'adoption de sauvegardes suppl・entaires de la part tant des pays industriels que des pays en d・eloppement pour garantir la stabilit?et pour att・uer les extr・es que nous avons observ・ r・emment dans de nombreux march・ importants en train de se former.
Le gouvernement Clinton travaille ?la formulation d'une nouvelle architecture mondiale qui pr・oit des am・iorations importantes des institutions issues de Bretton Woods et qui privil・ie l'adh・ion ? des codes accept・ de conduite pour accro・re la transparence financi・e mondiale et la supervision des banques. Ces am・iorations profiteront aux pays industriels aussi bien qu'aux pays en d・eloppement. Lors de la r・nion du Groupe des sept au mois de juin, par exemple, les chefs d'・at et de gouvernement ont pr・?le renforcement de la r・lementation financi・e dans les pays industriels de fa・n ?encourager les cr・nciers ?faire preuve d'une plus grande discipline, ainsi qu'une ・aluation prudente des risques associ・ ? l'octroi des pr・s.
Deuxi・ement, nous devons encourager les pays en d・eloppement ? investir plus efficacement dans leur population. Il leur faut disposer d'une main-d'・uvre instruite et form・ pour tirer pleinement parti des techniques du XXIe si・le. Il convient notamment d'investir dans l'・ucation universelle et primaire. En outre, il faut redoubler d'efforts pour encourager les 30.000 Africains et plus qui sont titulaires d'un doctorat et qui vivent hors du continent ?r・nt・rer leur pays. Le d・eloppement des capacit・ de l'Afrique constitue une priorit?urgente, en particulier en ce qui concerne les questions ・onomiques et financi・es. De m・e, nous devons prendre de toute urgence des mesures propres ?combattre la pand・ie de VIH et de sida, sp・ialement dans les pays o?l'esp・ance de vie commence ?tomber en chute libre.
Troisi・ement, il ressort clairement que de nombreux pays en d・eloppement ont consid・ablement progress?dans la voie de la lib・alisation de leur march?au cours des dix derni・es ann・s. S'il est vrai que cette ・olution est essentielle ?l'int・ration compl・e ?l'・onomie mondiale, nous avons constat?ces deux derni・es ann・s la n・essit?qui incombe ?tous les pays de mettre en ・uvre des mesures macro・onomiques, ceux-ci devant notamment se doter de m・anismes de supervision judicieux et prudents, appliquer des formules appropri・s pour d・erminer le volume suffisant des capitaux, respecter les droits des actionnaires et jouer la carte de la transparence en mati・e de communication de donn・s bancaires. Une fois ces am・iorations institutionnelles apport・s, les investissements directs ・rangers et la privatisation peuvent stimuler au maximum la croissance ・onomique et la formation des capacit・. Par ailleurs, les responsables des pays en d・eloppement doivent pr・er une attention accrue ?l'・aboration de ces m・anismes de r・lementation financi・e de fa・n ?clarifier ?nbsp;les r・les du jeu ?et ?veiller ?leur application, s'ils veulent attirer des investissements en quantit?importante.
Quatri・ement, les ・ats doivent maintenir le cap sur les r・ormes macro・onomiques. Les ・ats-Unis s'efforceront de donner l'exemple et de maintenir l'ouverture de leur march? Lorsque le Congr・ aura vot? la loi sur la croissance et les possibilit・ ・onomiques en Afrique, les Africains seront en mesure d'exporter en franchise de douane beaucoup plus de produits aux ・ats-Unis qu'ils ne le font actuellement. Mais les pays africains doivent fournir leur part d'efforts en continuant d'・uvrer en faveur de la lib・alisation, de la privatisation et de la croissance du secteur priv? de rechercher des investissements ・rangers et de lever les obstacles au commerce intranational et international. Ainsi la privatisation peut-elle d・oucher sur l'introduction de nouvelles techniques, de nouvelles m・hodes de gestion et de nouveaux investissements dans les anciennes entreprises publiques. Notons en outre que les r・ormes de cette nature peuvent contribuer ?cr・r un environnement plus propice aux investissements et ?cimenter les relations entre les ・ats africains et leurs partenaires commerciaux.
Les ・ats-Unis se heurtent ?certaines difficult・ dans le cadre de leurs relations ・onomiques bilat・ales avec l'Afrique - comme avec tous leurs partenaires commerciaux d'ailleurs. Beaucoup de pays africains continuent d'appliquer des droits de douane qui sont parmi les plus ・ev・ au monde. Les ・ats-Unis continueront de plaider vigoureusement pour la r・uction des barri・es tarifaires et non tarifaires et pour le respect des obligations d・oulant de l'adh・ion ?l'Organisation mondiale du commerce. Parmi ces obligations figurent la protection des droits de propri・?intellectuelle et l'observation d'autres r・les indispensables ?l'expansion des exportations, ? l'apport des investissements et au rel・ement des taux de croissance.
L'importance des strat・ies de lutte contre la corruption
Enfin, les ・ats-Unis et l'Afrique doivent orchestrer ensemble une campagne mondiale pour une bonne gestion des affaires publiques et contre la corruption.
La Convention de l'Organisation de
coop・ation et de d・eloppement ・onomiques (OCDE) sur la lutte contre
la corruption d'agents publics ・rangers dans les transactions
commerciales internationales, qui attaque le probl・e des pots-de-vin
sous l'angle de l'offre, est entr・ en vigueur en f・rier dernier.
Douze ・ats membres de l'OCDE l'ont d・?ratifi・, et d'autres
devraient le faire dans les mois ?venir. Dans les pays qui ont
ratifi?et mis en ・uvre cette convention, le versement de pots-de-vin
constitue une infraction p・ale. Les ・ats-Unis, qui interdisent
depuis plus de vingt ans ?leurs entreprises de commettre des actes de
corruption, et maintenant l'OCDE, veulent faire du prix et de la
qualit?les facteurs d・erminants des d・isions qui sont prises dans
le cadre de la passation des march・ publics.
L'OCDE et l'Organisation des ・ats
am・icains commencent ?attaquer ce probl・e sous l'angle de la
demande et elles ・udient les moyens d'enrayer la sollicitation des
pots-de-vin.
En Afrique, beaucoup de pays prennent
maintenant le taureau par les cornes, parce qu'ils se rendent de plus
en plus compte que la corruption constitue l'obstacle le plus grave au
d・eloppement ・onomique et social et ?la cr・tion d'un environnement
propice aux investisseurs.
?cet ・ard, nous nous f・icitons des
mesures prises par la Banque mondiale qui accorde une place centrale
aux pratiques visant ?d・ouer la corruption dans le cadre de ses
activit・ mondiales, notamment en Afrique. De m・e, nous applaudissons
aux nombreuses mesures que prennent les ・ats africains en vue
d'appliquer des strat・ies nationales de lutte contre la corruption.
Ces derni・es sont indispensables ?l'engagement total de l'Afrique
dans l'・onomie mondiale.
Le pr・ident Clinton l'a dit on ne peut plus clairement en juin 1997, lorsqu'il a annonc?la cr・tion du Partenariat pour la croissance et les possibilit・ ・onomiques : ?nbsp;Alors que les ・ats africains se joignent ?la marche mondiale vers la libert?et le libre-・hange, notre pays a int・・ ?faire en sorte que ces efforts soient payants. Une Afrique qui acquiert de la vitalit??mesure que la technologie, le commerce, les communications et les voyages font entrer des millions de personnes dans l'・onomie mondiale aura une stabilit?plus grande et des march・ plus florissants et sera un partenaire plus puissant. ?Un partenariat est une union form・ dans le but de r・liser un objectif commun ou une aspiration commune, et tous les partenaires ont des obligations. Nous nous tenons r・olument aux c・・ des Africains, tandis qu'ils prennent les mesures n・essaires pour se joindre ?la communaut?des nations et pour devenir des alli・ ・onomiques plus prosp・es au si・le prochain.