TENDANCES DE L'ÉCONOMIE AMÉRICAINE


    Vue d'un trimestre à l'autre, l'économie américaine a avancé en dents de scie.

    En 1995, elle s'est essouflée pendant les deux premiers trimestres, enregistrant un taux annuel de croissance de 0,6 %, puis a accéléré pendant le troisième trimestre pour atteindre 6 %, avant de retomber à 0,5 % pendant le quatrième trimestre.

    Durant le premier trimestre 1996, l'économie a rebondi, enregistrant un taux annuel de croissance de 2,3 %. Le chômage est tombé au-dessous de 6 % et l'inflation n'a augmenté que marginalement, en dépit d'un renchérissement prononcé de l'essence à partir de mars.

    Dans l'ensemble, certains analystes prévoient que le produit intérieur brut (PIB) augmentera de 2 à 2,5 % en 1996. Le chômage devrait se maintenir au-dessous de 6 % et le taux d'inflation dépasser celui de 1995, mais rester inférieur à 3 %, comme cela a été le cas depuis 1992, après 26 années de hausse marquée pratiquement ininterrompue.

    Les soubresauts de la croissance trimestrielle sont ceux d'une économie qui passe par deux périodes de transition, a déclaré début mai M. Martin Baily, membre du comité des conseillers économiques de la Maison-Blanche. L'une d'elles est le passage d'une croissance rapide, par exemple le taux de 3,5 % enregistré en 1994, à une progression plus étalée et plus stable. La seconde est la réduction progressive des effectifs de la fonction publique fédérale.

    Une importante augmentation des dépenses gouvernementales a contribué à la croissance enregistrée au cours des trois premiers mois de 1996. Mais le facteur le plus important de cette croissance a été l'augmentation, durant le premier trimestre, des dépenses de consommation qui constituent environ les deux tiers du PIB.

    L'augmentation rapide du prix de l'essence fait craindre des poussées inflationnistes. Soixante pour cent de la hausse de 0,4 % de l'indice général des prix à la consommation enregistrée en avril sont attribuables au renchérissement de l'énergie. Malgré cette hausse, l'augmentation de l'indice enregistrée en avril a été la même qu'en mars. C'est la baisse des prix d'autres articles qui a empêché cet indice de monter davantage.

    La modération de la croissance a apparemment découragé les revendications salariales. La plupart des régions des États-Unis ont signalé un resserrement du marché du travail, mais peu de pressions sur les salaires, a indiqué la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) dans un rapport publié en avril.

    Certains membres du Conseil des banques fédérales de réserve estiment qu'une croissance annuelle du PIB de l'ordre de 2 à 2,5 % est soutenable, proche du potentiel de croissance de l'économie américaine et compatible avec la maîtrise de l'inflation. « L'économie connaît une croissance modeste et il est probable que cette tendance va se poursuivre, a estimé, le 3 juin, M. Alfred Broaddus, président de la Banque fédérale de réserve de Richmond. Une croissance de 2 % peut paraître faible, mais ce serait, à mon avis, une évolution favorable. »

    L'indice des principaux indicateurs économiques, qui reflète les tendances générales de l'économie américaine, conforte également les prévisions relatives à une croissance économique modeste. Cet indice a progressé de 0,3 % en avril, ce qui est une ferme indication de la continuation de la croissance.

    Une autre évolution positive ressort des statistiques préliminaires publiées le l6 mai par le ministère américain du travail, données qui reflètent un accroissement sensible de la productivité et une amélioration des coûts unitaires du travail durant le premier trimestre de 1996.

    Perspectives économiques
    Revues électroniques de l'USIA,Volume 1, numéro 6, juin 1996