LA CONJONCTURE AUX ÉTATS-UNIS
L'économie américaine a poursuivi, pendant le premier trimestre de 1997, son expansion dont les débuts remontent à 1991. Cette expansion s'accompagne d'un faible chômage, d'une légère inflation et d'aucun signe apparent de récession, voire même de ralentissement.
Selon un sondage effectué par l'établissement privé Blue Chip auprès d'une cinquantaine d'économistes indépendants, le produit intérieur brut (PIB) se serait accru à un rythme annualisé de 3,1 % pendant le premier trimestre.
Le maintien de la vigueur de l'économie américaine fait suite à un taux annualisé de croissance de 3,8 % pendant le quatrième trimestre de 1996, a indiqué le ministère américain du commerce le 28 mars. Celui-ci doit rendre publiques, le 30 avril, ses estimations pour le premier trimestre de 1997.
Les dépenses de consommation, qui représentent près des deux tiers du PIB, ont continué d'augmenter en février, mais dans une proportion moindre qu'en janvier, selon le rapport diffusé le 31 mars par le ministère du commerce. Par ailleurs, la hausse du revenu des ménages en février a été supérieure à celle de leurs dépenses ; il s'agit là de l'augmentation la plus forte depuis huit mois.
L'expansion économique s'est aussi manifestée dans d'autres domaines. L'indice des principaux indicateurs économiques a subi une hausse en février pour la treizième fois en treize mois, selon un rapport diffusé le 1er avril. L'indice de l'Association nationale des responsables des achats (NAPM) a subi en mars l'augmentation la plus forte en deux ans. Cet indice, qui est calculé en fonction des résultats d'un sondage effectué auprès d'industriels, montre que les commandes, les livraisons et les emplois ont augmenté. En revanche, l'indice des matières premières a diminué. Dans le secteur du bâtiment, les dépenses ont subi en février la hausse la plus forte depuis onze mois. Enfin, les carnets de commande des industriels ont continué de se gonfler.
La vigueur de l'économie a contribué à maintenir le chômage à un niveau bas d'un point de vue historique. En février, le taux de chômage est resté le même, à 5,3 %. Depuis 1994, il est inférieur à 6 %, taux considéré comme indiquant le plein emploi.
L'inflation paraît aussi maîtrisée. L'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,3 % en février, contre 0,1 % en janvier, mais sa nouvelle augmentation est conforme à l'évolution des six derniers mois. En 1996, il s'est accru de 3,3 %. Cette augmentation est la plus forte depuis 1990, mais elle est bien inférieure à celles enregistrées pendant les années 1972 à 1989, à l'exception de 1986 lorsque la chute des cours de pétrole a fait baisser les prix de 1,1 %.
Néanmoins, de crainte d'une poussée inflationniste vers la fin de l'année, la Réserve fédérale, qui est la banque centrale des États-Unis, a décidé le 25 mars de relever l'un de ses deux taux d'intérêt à court terme.
Il s'agit du premier relèvement depuis plus de deux ans. En l'annonçant, la Réserve fédérale a indiqué qu'elle avait pris cette décision en raison de « la vigueur persistante de la demande » qui accroissait « progressivement le risque de l'apparition de poussées inflationnistes dans l'économie », ce qui était susceptible de porter atteinte à la durabilité de l'expansion.
Selon la Réserve fédérale, « le léger resserrement des conditions monétaires permet de mieux garantir que l'expansion économique actuelle se poursuivra, en maintenant l'inflation à son faible niveau tout au long de l'année en cours et par la suite ». Les grandes banques du secteur privé ont également relevé leurs taux d'intérêt.
Récemment, le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Alan Greenspan, a déclaré au Congrès : « La performance de l'économie américaine demeure tout à fait favorable (...) Rien n'indique cependant que le cycle économique a été abrogé. »