TENDANCES ÉCONOMIQUES

À la fin du premier trimestre de 1996, l'économie américaine semble avoir pris un départ qui devrait lui permettre d'atteindre, comme prévu, un taux de croissance du PIB (Produit intérieur brut) de 2 à 2,5 %, tandis que les taux d'inflation et de chômage restent faibles.

La plupart des économistes et des hauts fonctionnaires américains conviennent que les bases macro-économiques de l'économie paraissent solides. L'inflation, mesurée par l'indice des prix à la consommation, se maintient à son taux moyen de 1995, soit 2,5 %, le plus faible depuis 1965. En janvier, de fortes chutes de neige ont freiné les créations d'emplois et la croissance de la production industrielle, mais la reprise s'est amorcée en février. Le nombre des salariés a augmenté de 705.000 en février, ce qui est la plus forte augmentation enregistrée en un mois depuis 1983, et le taux de chômage est tombé à 5,5 %, juste au-dessous du taux de 1995. La plupart des analystes pensent cependant que les chiffres de croissance de l'emploi en février représentent une croissance étalée sur plus d'un mois, les chutes de neige de janvier ayant perturbé la collecte et le traitement des statistiques sur l'emploi.

La production industrielle, englobant la production des usines, des mines et des services publics américains, après avoir fléchi de 0,4 % en janvier, a augmenté de 1,2 % en février, chiffre jamais atteint depuis 8 ans.

Néanmoins, dans son rapport de la mi-mars sur la conjoncture économique, la Réserve fédérale, qui fait office de banque centrale des États-Unis, indiquait que lorsque l'on prenait tous les facteurs en compte, l'économie américaine avait connu « une modeste croissance en janvier et février ».

Le président de la Réserve fédérale, M. Alan Greenspan, a déclaré en février que l'économie américaine subissait un fléchissement. Au cours du quatrième trimestre de 1995, celui-ci s'était manifesté par une réduction des dépenses de consommation et par une augmentation des stocks commerciaux. Les dépenses de consommation représentent environ les deux tiers du PIB.

La plupart des analystes estiment également que la baisse des commandes du gouvernement fédéral a freiné l'économie. Ils attribuent cela aux trois semaines de fermeture du gouvernement en décembre et janvier, et à la poursuite de l'impasse sur le budget fédéral qui fait que de nombreux organismes publics ont moins d'argent à dépenser. La rigueur du climat du mois de janvier a également été un des facteurs du ralentissement de l'économie.

Selon le rapport de la Réserve fédérale, on a pu constater des améliorations dès février. Les ventes au détail ont enregistré leur plus forte augmentation depuis novembre, 0,8 %. Cette augmentation ne représente cependant qu'une « reprise partielle des ventes particulièrement faibles des fêtes de fin d'année et de janvier ». Dans la plupart des régions, la production des industries manufacturières était « stable ou en légère progression ».

Des signes de croissance se manifestent aussi dans d'autres secteurs, ce qui devrait avoir un effet positif sur l'économie. La Mortgage Bankers Association (MBA) cite notamment l'expansion du commerce extérieur, la montée de la demande de biens durables de la part des entreprises, et la reprise du bâtiment dans les secteurs industriel et commercial.

Dans le numéro de mars de sa revue Economic Commentary, la MBA remarque que pour le Canada, le Mexique et le Japon - les trois principaux partenaires commerciaux des États-Unis qui, pris ensemble, absorbent plus de la moitie des exportations américaines de marchandises - « la croissance devrait être plus forte cette année qu'elle ne l'était l'année dernière », ce qui rend très probable une nouvelle relance des exportations des États-Unis. En 1995, ces dernières avaient progressé de 14 %.

La MBA envisage une croissance du PIB de 2 à 2,5 % pour 1996. La Réserve fédérale avait avancé un chiffre semblable en février et la plupart des autres prévisions sont du même ordre de grandeur. En 1995, l'économie avait progressé de 2,1 %.

La MBA indique que le chiffre de 2 à 2,5 % « concorde généralement avec notre évaluation du potentiel de croissance à long terme de l'économie américaine ». C'est une conclusion à laquelle se rangeraient sans doute la plupart des économistes.