Le probl・e du commerce agricole reste entier apr・ la r・nion de Seattle


Bob Stallman

Pr・ident de l'?nbsp;American Farm Bureau Federation ?



Lors de toute future n・ociation sur le commerce agricole men・ dans le cadre de l'OMC, les n・ociateurs am・icains devront insister pour que l'on parte du texte ・abor??la conf・ence minist・ielle qui s'est tenue en d・embre dernier ?Seattle, d・lare le nouveau pr・ident de l'?nbsp;American Farm Bureau Federation ?(f・・ation de syndicats d'agriculteurs des ・ats-Unis), M. Bob Stallman.

Son organisation regrette n・nmoins que le libell?du texte en question ne soit pas plus ferme au sujet de la suppression des subventions ?l'exportation. Selon lui, le fait de laisser des dispositions qui pr・oient que les pays membres pourront soustraire ?la r・uction des droits de douane leurs produits agricoles qui sont ?nbsp;sensibles ?sur le plan politique aurait des effets d・astreux.

Riziculteur et ・eveur de Columbus (Texas), M. Stallman a ・?・u pr・ident de cette f・・ation en janvier dernier.

Les manifestations de divers groupes lors de la conf・ence minist・ielle de l'Organisation mondiale du commerce qui s'est tenue ?Seattle n'ont pas emp・h?l'amor・ge d'un nouveau cycle de n・ociations pour la lib・alisation du commerce. Tous les participants aux n・ociations agricoles n'ont pas regagn?leur pays les mains vides. Cependant, du fait de mon d・ir de voir les n・ociations du nouveau mill・aire aboutir ?une nouvelle r・orme des r・les du commerce agricole, j'ai ・?doublement d蜃u par le verbiage qui a suivi la ?nbsp;bataille de Seattle ?

Bien qu'un grand nombre de protestataires aient accus?l'OMC d'・re une organisation mondiale omnipotente et souveraine, il s'agit en fait d'une bureaucratie dont les activit・ sont guid・s par le consensus de ses 135 pays membres. Ce genre de consensus est difficile ?obtenir quelles que soient les circonstances. ・ant donn?la complexit?des probl・es ?r・oudre, il n'est donc pas surprenant que les pays membres de l'OMC n'aient pu parvenir ?un accord d・initif ?Seattle.

Les n・ociations relatives ?l'agriculture ne sont pas responsables de cet insucc・. En r・lit? quelques progr・ ont ・?enregistr・ sur les questions agricoles durant la semaine qu'a dur?la conf・ence minist・ielle. La question principale est maintenant de savoir si les prochaines n・ociations agricoles partiront du texte de Seattle ou si elles repartiront de z・o, ce qui serait une erreur.

Il convient de noter qu'un projet de texte relatif ?l'agriculture ・ait sur le tapis et que les n・ociations ne se sont pas all・s ?vau-l'eau comme certains l'ont laiss?entendre. C'est pourquoi les milieux agricoles am・icains inciteront nos n・ociateurs ?prendre ce texte comme point de d・art cette ann・. Il ne satisfait pas pleinement l'?nbsp;American Farm Bureau Federation ? mais nous estimons qu'on peut l'am・iorer en lui apportant des modifications. Nos n・ociateurs devraient rejeter toute tentative visant ?repartir de z・o, comme l'a sugg・?l'Union europ・nne apr・ la r・nion de Seattle. Nous sommes navr・ que nos n・ociateurs aient par la suite exprim?leur intention de ne pas tenir compte des discussions de Seattle sur l'agriculture.

Les r・ultats de Seattle

Je pense que la r・nion de Seattle a eu certains effets positifs pour l'agriculture am・icaine.

Le prochain cycle de n・ociations doit prendre fin dans trois ans. Le cycle d'Uruguay avait dur?sept ann・s. La plupart des gens pensent comme moi que plus les n・ociations dureront et plus il sera difficile de parvenir ?un accord.

Il ne semblait pas y avoir beaucoup de partisans d'une ?nbsp;moisson pr・oce ? c'est-?dire de l'id・ de rechercher en premier des accords distincts sur les questions non agricoles. Le gouvernement des ・ats-Unis est favorable ?cette id・, alors que la plupart des associations d'agriculteurs s'y opposent. Heureusement, la majorit?des autres pays semblent partager ce point de vue.

Il n'a pas ・?d・id?de rouvrir l'examen de l'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires.

Les questions relatives ?la protection des animaux ne figuraient pas au programme des n・ociations.

La conf・ence minist・ielle de Seattle a cependant caus?des d・eptions. La principale d'entre elles a ・?l'absence de progr・ sur les subventions ?l'exportation. Notre f・・ation, comme la plupart des autres associations d'agriculteurs am・icains, souhaite la suppression totale des subventions ?l'exportation. C'est l?notre objectif num・o un. Cependant, le texte mis au point ?Seattle ne pr・oit qu'une r・uction importante des subventions ?l'exportation et l'・olution des n・ociations ?nbsp;dans le sens d'une suppression progressive ?de ces subventions. Il traduit l?l'opposition europ・nne ?leur suppression.

Les subventions et l'acc・ au march?/b>

La nouvelle s・ie de n・ociations sur l'agriculture ne serait qu'une caricature si elle ne visait pas ?supprimer totalement les subventions ?l'exportation. Cette pratique est utilis・ principalement par l'Union europ・nne, dont les subventions ?l'exportation repr・entent plus de 85 % des d・enses budg・aires consacr・s dans le monde ?ce genre de subvention. Elle cause un pr・udice non seulement aux agriculteurs am・icains, mais aussi ?ceux d'autres pays tels que l'Australie. En revanche, les d・enses des ・ats-Unis dans ce domaine ne repr・entent que 2 % de ce total. Nos agriculteurs ne peuvent pas soutenir la concurrence des subventions de l'Union europ・nne et ils sont las de s'efforcer de le faire. Les subventions ?l'exportation sont d・oyales, et il faut y mettre fin. Des n・ociations commerciales qui esquiveraient la discussion de cette question fondamentale perdraient toute cr・ibilit?aupr・ des agriculteurs am・icains.

En ce qui concerne l'acc・ au march? nous soutenons, dans son ensemble, le texte de Seattle qui pr・onise la lib・alisation la plus vaste possible ainsi que des n・ociations g・・alis・s. Mais cette ligne d'action pourrait se heurter ?un obstacle g・ant. Ce texte pr・oit en effet que tous les produits agricoles seront pris en consid・ation au d・ut des discussions et il laisse entendre que les pays pourront soustraire certains produits ?un stade ult・ieur des n・ociations. Cette soupape de s・urit?pourrait se r・・er d・astreuse. En effet, si tous les pays savent, d・ le d・art, qu'ils peuvent soustraire des n・ociations les produits qui exigent des pr・autions particuli・es ?cause d'・entuelles r・ctions politiques, les n・ociations ne manqueront pas d'aller ?vau-l'eau car il ne restera alors plus rien ?n・ocier.

Le Japon per・it un droit de 550 % sur ses importations de riz, l'Union europ・nne un droit de 225 % sur la viande de b・uf, le Canada un droit de 300 % sur le beurre. Si nous soustrayons des n・ociations les produits ?nbsp;sensibles ?sur le plan politique, il n'est pas difficile de deviner quels sont ceux que ces pays retireront. L'?nbsp;American Farm Bureau Federation ?r・lame des n・ociations qui ne comporteront aucune exception relative ?des produits ou ?des politiques. Il est certain que tous les pays, y compris les ・ats-Unis, voudront que leurs produits sensibles aux importations soient prot・・ au maximum. Et il se peut que des m・anismes sur lesquels on se sera mis d'accord durant les n・ociations le permettent. Mais nous ne devons pas entamer une nouvelle s・ie de n・ociations dans laquelle toutes les parties sauront qu'elles peuvent ・iter de traiter les questions ・ineuses en les soustrayant aux n・ociations.

La biotechnologie et la multifonctionnalit?/b>

?propos des questions ・ineuses, l'?nbsp;American Farm Bureau Federation ?estime que l'on doit aborder de front la question de la biotechnologie tout au long du nouveau cycle de n・ociations. Notre position diff・e de celle du gouvernement des ・ats-Unis qui recherche la formation d'un ?nbsp;groupe de travail ?sur cette question. Nous ne pensons pas, pour notre part, qu'un groupe de travail permette de r・oudre quelque probl・e que ce soit parce que ses conclusions n'auraient pas force ex・utoire. Un groupe de travail est essentiellement un groupe de discussion qui dresse un rapport contenant des recommandations ?l'intention des ministres du commerce. Nous avons besoin d'une solution ?notre probl・e avec l'Union europ・nne concernant l'approbation des exportations de c・・les g・・iquement modifi・s. Nous pensons malheureusement qu'un groupe de travail donnerait ?cette derni・e ce qu'elle d・ire, c'est-?dire un forum dans lequel les discussions sur la question se prolongeraient ind・iniment.

Pour ・re juste envers nos n・ociateurs, je dois noter que les diverses associations am・icaines d'agriculteurs n'ont pas un point de vue commun sur le recours ?un groupe de n・ociation plut・ qu'?un groupe de travail. ・ant donn?que la plupart des pays ne produisent pas encore de plantes g・・iquement modifi・s, certains pensent qu'une solution n・oci・ dans ce domaine ne pr・enterait pas pour ces pays un grand int・・. Il est cependant fort probable qu'ils profiteront un jour de cette technologie. C'est pourquoi l'?nbsp;American Farm Bureau Federation ?estime que nous devons obtenir une r・olution sur la biotechnologie ayant force ex・utoire, non seulement dans le cadre de l'OMC mais aussi bilat・alement avec l'Union europ・nne.

Le dernier grand probl・e agricole abord??Seattle portait sur le terme ?nbsp;multifonctionnalit?nbsp;? Il est apparu clairement, au d・ut des n・ociations, que l'Union europ・nne et le Japon voulaient que ce terme - qui revient ?reconna・re que l'agriculture a des buts sociaux qui ne se limitent pas ?la production de vivres et qu'elle m・ite donc le soutien de l'・at - soit inclus dans le cadre des n・ociations. Nous nous sommes farouchement oppos・ ?cette tentative, et nos n・ociateurs ont obtenu qu'il ne figure pas dans le projet de texte. Cette notion n'a cependant pas disparu. Le texte d・lare en effet que l'on doit prendre en consid・ation des questions non commerciales telles que la protection de l'environnement, la s・urit?alimentaire, la viabilit?・onomique et le d・eloppement rural ainsi que l'innocuit?des produits alimentaires.

Nous craignons que ces questions ne soient utilis・s comme paravent pour maintenir des mesures qui faussent le commerce ou pour les ・argir. Nous pensons que si un pays veut accorder des subventions ?ses producteurs de mani・e ?atteindre d'importants objectifs ・ologiques ou sociaux, soit, mais ?condition que ces subventions ne soient pas li・s ?la production de denr・s agricoles ou ?l'・evage d'animaux, car les aides li・s ?la production mettent ses agriculteurs ?l'abri du march?mondial et causent un pr・udice ?leurs concurrents commerciaux.

Vers un syst・e commercial plus ・uitable

Comme l'ont not?de nombreux observateurs, il va ・re difficile de lancer un nouveau cycle de n・ociations commerciales en 2000, ce qui ne veut pas dire que l'on ne pourra pas effectuer un travail important dans le domaine agricole et faire des progr・. En fait, les n・ociateurs doivent poursuivre leurs discussions si les membres de l'OMC veulent pouvoir respecter la directive du cycle d'Uruguay (?nbsp;le programme incorpor?nbsp;? relative aux nouvelles n・ociations sur l'agriculture et les services en 2000.

Il est indispensable, selon nous, que les ・ats-Unis continuent ?exercer un r・e de premier plan en faveur de la r・orme du commerce agricole mondial. Le march?am・icain est le plus ouvert du monde, mais le soutien dont jouit cette ouverture faiblira, particuli・ement chez les agriculteurs, si les autres march・ restent ferm・. En d・it de ce qui s'est pass??Seattle, nous pensons que les n・ociations men・s dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce nous offrent la meilleure possibilit?qui soit de cr・r un syst・e commercial mondial plus ・uitable.

Note : les opinions exprim・s dans le pr・ent article ne repr・entent pas n・essairement le point de vue ou la politique du gouvernement des ・ats-Unis.